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Thierry Tareau

Consultant transformation digitale - Business developer

Responsable Innovation
Business developer
Chef de projet digital
Consultant transformation digitale
Veille stratégique, technologique et nouveaux usages
Thierry Tareau
64 ans
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Sinistar, l'Airbnb du relogement post sinistre
24 mai 2026
Sinistar
La jeune pousse québécoise Sinistar, récemment débarquée en France, propose aux compagnies d'assurance une place de marché ouverte d'hébergements temporaires reprenant les principes d'Airbnb à l'intention des victimes de sinistre en mal de relogement pendant les travaux de réparation et de réhabilitation de leur habitation.

Les premiers acteurs à se lancer y voyaient un moyen de différenciation sur un marché saturé (justifiant des publicités spécifiques), les suivants se sentent maintenant contraints de s'aligner sur la concurrence. et voilà comment l'option de relogement est en passe de devenir une clause standard des contrats d'assurance (en France). Malheureusement, les solutions disponibles dans ce but ne sont pas toujours idéales, entre contraintes géographiques et catégories d'offres plus ou moins inadaptées.

Dans ce contexte, la promesse de Sinistar est de fournir la meilleure réponse possible aux besoins des sinistrés, pour le compte des assureurs. Pour ce faire, elle fait appel aux particuliers – et à d'éventuelles entreprises spécialisées – désireux de louer leur bien meublé, que ce soit dans l'optique de générer un complément de revenus ou de concrétiser leur solidarité avec les personnes en difficulté passagère. Il sont invités à soumettre leur annonce afin de participer à l'initiative (si elle est retenue).

En pratique, les demandes de logement émises par les compagnies donnent lieu à une sorte d'enchère, partagée avec les bailleurs inscrits sur la plate-forme dont la propriété se situe à proximité du lieu du sinistre. Il ne reste alors qu'à sélectionner une des réponses reçues et à accompagner l'installation des victimes. Sinistar assume les démarches administratives – gestion du contrat et des règlements, notamment – et opérationnelles – entrée dans les lieux, organisation des prolongations, si nécessaire…

Accueil Sinistar

Tout le monde trouve son compte dans le dispositif. Les assureurs, d'abord, profitent avec celui-ci d'un produit prêt à l'emploi conçu pour la satisfaction de leurs clients, dans les circonstances, pénibles, dans lesquelles se joue souvent leur fidélité à long terme. De leur côté, ces derniers bénéficient en effet d'une vraie résidence, proche de leur environnement familier, où, contrairement à une chambre d'hôtel, ils peuvent recréer un chez-eux, avec un confort équivalent à celui auquel ils sont habitués.

Sinistar vante également quelques avantages significatifs pour les propriétaires qui louent leur bien, en particulier en comparaison des offres dédiées aux touristes, entre des durées d'occupation généralement plus longues (la moyenne est de deux mois), un moindre risque de dégradation par des gens qui cherchent une habitation et non un pied-à-terre de villégiature, des réglementations parfois plus accommodantes…

Depuis 2017, la startup aurait déjà aidé 8 000 personnes à trouver un hébergement temporaire, en collaboration avec une quarantaine de compagnies. Son catalogue comporte plus de 10 000 annonces, réparties entre Canada, États-Unis, Royaume-Uni et France… où la densité est à ce jour un peu limitée pour remplir l'objectif de proximité mais dont il ne fait pas de doute qu'elle est en pleine expansion. En résumé, la proposition de Sinistar constitue une déclinaison utile du modèle Airbnb…
Nouvelle app pour NAB, sans révolution
23 mai 2026
NAB
Une écrasante majorité (98%) des interactions des clients avec NAB se déroulent désormais dans l'univers digital et les nouvelles applications web et mobile que déploie progressivement l'enseigne visent donc à mieux répondre à leurs attentes. Le résultat ne semble hélas pas à la hauteur des promesses et du contexte du marché.

L'annonce est pourtant alléchante puisqu'il est question de repenser les interfaces dans l'optique d'aider les utilisateurs à gérer leurs difficultés financières, facilement et rapidement, dans la conjoncture présente. Avec une telle ligne directrice, et en pensant à la manière dont l'intelligence artificielle s'immisce inexorablement dans la panoplie des consommateurs (ChatGPT en tête), on imagine immédiatement une transformation plus ou moins profonde par rapport aux approches transactionnelles habituelles.

Ce ne sera pas le cas, même si la banque fait, avec cette version rajeunie de ses logiciels, des efforts louables sur un aspect important de ses interfaces. La priorité a en effet porté sur la simplification de l'accès aux fonctions les plus sollicitées, telles qu'elles ressortent d'une analyse préalable des statistiques d'usage. L'objectif est donc de permettre l'interrogation des options les plus populaires moyennant un seul geste, contre jusqu'à 7 actuellement pour celles qui sont enfouies au fond d'obscurs menus.

Le principe prend un certain sens avec la rubrique « insights », derrière laquelle le client va découvrir, sur un écran unique, l'ensemble des informations essentielles afin de surveiller, voire anticiper, sa position : une prévision des dépenses à venir, les factures en attente de règlement, les possibilités d'ajustement de ses échéances de prêt… Cette partie constitue indubitablement un élément important pour la sérénité budgétaire… à tel point que je m'interroge : n'aurait-elle pas sa place dès l'accueil de l'app ?

NAB App

En revanche, je suis plus dubitatif sur la section dédiée à la sécurité, où sont réunis les différents contrôles disponibles en vue de protéger les comptes, qu'il s'agisse de configurer la validation biométrique des opérations, de définir des plafonds de transaction et autres interventions urgentes en cas de soupçon de malversation. On comprend l'intérêt de la banque à mettre en avant cette thématique, ne serait-ce que pour sensibiliser les utilisateurs, mais on s'écarte ici de la mission initiale annoncée.

La déception sera encore plus grande sur le cœur du dispositif, à savoir le suivi de la trésorerie et de l'épargne. Pour celui-ci, il faudra se contenter des traditionnels récapitulatifs de compte, assortis de leur non moins classique historique d'opérations, sans, entre autres, la moindre préconisation contextuelle, qui, idéalement, pourrait être activée en un clic ou deux. Tant pis pour l'assistance au pilotage de budget… mais aussi pour l'accélération de l'exécution des demandes les plus courantes.

La démarche de NAB a de quoi surprendre alors que la tendance du moment, dans le même but de faciliter l'accès aux innombrables options de la banque « digitale », consiste à exploiter l'intelligence artificielle dans des interfaces en langage naturel (via la voix ou par tchat), qui ont l'avantage de ne pas privilégier les préférences d'une majorité mais, au contraire, de s'adapter aux besoins de chaque individu. Et cette sorte d'égarement lui fait rater l'opportunité de réellement réinventer le modèle d'interaction historique, qui devrait maintenant basculer vers une logique de compagnon financier.
Pas d'IA sans sémantique des données
21 mai 2026
Gartner
Le cabinet Gartner déclare que l'absence de contexte et de sémantique sur les données d'entreprise compromettra les performances des agents IA et entraînera d'immenses gaspillages. Hélas, le problème est profond et s'avèrera extrêmement difficile à résoudre. Pour illustration, je propose d'en décrypter trois raisons.

Aussi magique paraisse-t-elle, l'intelligence artificielle n'est évidemment pas capable de miracle. Qu'il s'agisse de manipuler des contenus, comme le font maintenant des millions de personnes chaque jour avec ChatGPT et ses équivalents, ou de développer des robots capables d'exécuter des actions en totale autonomie dans un environnement professionnel, elle ne peut « raisonner » correctement que si elle possède des indications précises sur la signification de la matière sur laquelle elle s'exerce.

En pratique, cette exigence correspond à une nécessité impérative que tous les artefacts qu'elle est amenée à manipuler – données présentes dans les gisements existants ou exposées à travers des services (API ou interface graphique), notamment – soient décrits en détail et que leurs relations réciproques soient documentées. Les schémas qu'entretiennent les responsables aujourd'hui ne suffisent pas, une couche de contexte est critique dans la gouvernance afin d'éviter erreurs, biais et autres hallucinations.

Le constat est à peu près incontestable. Or mes observations sur le terrain, en particulier autour des référentiels d'information disponibles, m'incitent à penser que la tâche sera ardue dans beaucoup de firmes et que les obstacles prêts à se dresser sur la route de ceux qui veulent profiter au maximum de l'IA agentique seront nombreux.

Il faut d'abord remarquer que, très souvent, les collaborateurs ont perdu le réflexe de la documentation (souvent sous des prétextes absurdes, dont celui de l'agilité). L'agencement des systèmes et leur structure interne n'existent alors que dans la tête de ceux qui les conçoivent et les construisent… et sont donc hors de portée de tout automate. À ce syndrome s'ajoute évidemment la perte de connaissance du patrimoine historique (celui datant de plusieurs décennies), pourtant toujours au cœur de l'activité.

Ce défaut est en outre aggravé par la rapidité avec laquelle se succèdent les générations d'employés dans les organisations modernes. Quand ils changent de poste ou de société (entre autres pour les prestataires) tous les trois ou quatre ans, il est d'autant plus difficile de reconstituer une documentation cohérente et exhaustive. Au mieux, elle est éparpillée et découpée en strates temporelles qu'il faudrait réconcilier afin d'en tirer une description utile pour les besoins des modèles d'intelligence artificielle.

Il reste enfin un dernier sujet, assez délicat, à considérer. Quand bien même des dictionnaires de données sont mis en place et régulièrement alimentés, la qualité de leur contenu est potentiellement douteuse. L'indigence atteint parfois des sommets, par exemple quand l'anglais est imposé et introduit des contresens ou incohérences qui seront catastrophiques pour les tentatives d'automatisation susceptibles de les appréhender sans intégration d'une dimension culturelle propre à chaque auteur.

En conséquence, le chantier de gouvernance de l'information, sous tous ses aspects, devrait constituer une priorité absolue dans les entreprises qui entendent exploiter les opportunités de l'IA et il ne faudra pas lésiner sur les moyens afin de le mener à bien. On pourrait d'ailleurs arguer qu'il serait tout autant indispensable pour une meilleure maîtrise stratégique : comment des dirigeants peuvent-ils gérer sereinement des entités dont les membres ne possèdent pas une vision claire des concepts qu'ils manipulent ?

Gartner – Rita Sallam
La blockchain impose des compromis
20 mai 2026
Banque d'Angleterre
Voilà plus de 10 ans que la blockchain, popularisée par son implémentation avec le bitcoin, fait rêver des décideurs crédules du secteur financier. La Banque d'Angleterre en est ainsi encore à organiser des défis d'innovation pour dégager le vrai du faux. Mais ses dernières conclusions identifient (enfin !) quelques-uns de ses défauts.

Dans un monde rationnel, on imaginerait qu'une décennie de débats, d'études, d'expérimentations… sans résultats probants suffirait à abandonner une idée, aussi prometteuse soit-elle à sa naissance. Mais non. Spécialement dans le domaine de la compensation des échanges de gros qui intéresse ici l'institution britannique, les responsables s'acharnent, en voulant croire que la technologie progresse rapidement et qu'elle sauvera le concept. Pas de chance, c'est bien ce dernier qui est déficient.

C'est, en tous cas, ce que révèle ce énième rapport d'analyse, élaboré à partir des réponses de la petite dizaine de participants au « DLT Innovation Challenge » aux demandes de recherche approfondie formulées sur quatre axes complémentaires, centraux pour l'évaluation des capacités de la blockchain à « gérer les transactions et la compensation entre intervenants via un registre externalisé programmable, sans mécanisme de confiance natif et sur lequel la banque centrale n'a aucun contrôle ».

Parmi les caractéristiques évaluées, la première concerne les qualités fondamentales du concept, à savoir la faculté de combiner finalité (la certitude qu'une transaction est définitivement et irréversiblement validée), résilience (grâce à la distribution de l'information) et rapidité d'exécution. Sans surprise, les conclusions confirment que, si des solutions existents pour optimiser l'une d'elles, elles impliquent obligatoirement des concessions sur les autres. Aucune n'est parfaite sans perte de confiance.

Bank of England – DLT Innovation Challenge

Par ailleurs, l'analyse sur la dimension de la montée en charge (c'est-à-dire la possibilité de traiter des volumes croissants sans baisse de performance) montre également qu'elle ne peut être garantie que moyennant la mise en place d'appareillages complémentaires complexes et néfastes aux exigences précédentes. En résumé, la blockchain n'est pas en mesure de satisfaire les besoins élémentaires du cas d'usage envisagé… et requiert des contorsions coûteuses et fragiles pour en remplir ne serait-ce qu'une partie.

Quelle découverte ! Il existe depuis au moins 40 ans une loi qui établit qu'il est impossible d'avoir simultanément résilience, fiabilité et rapidité dans un système de base de données. Rien n'a encore été inventé qui la rendrait caduque, tout au plus des options, vendues à prix d'or, en repoussent-elles un peu les limites. Ceux qui prétendent que la blockchain parvient à briser cet axiome (et j'en entendais encore un récemment l'affirmer devant une audience de banquiers) devraient se taire face aux faits.
Vous souvenez-vous de Dwolla ?
19 mai 2026
NMI
Née en 2010 aux États-Unis, Dwolla imaginait avant tout le monde un système de paiement en temps réel et bon marché. Sa vision est désormais devenue une réalité presque universelle, sans elle, mais son expertise reste suffisamment avancée pour être aujourd'hui acquise par NMI, un leader américain des infrastructures d'encaissement.

Initialement, la jeune pousse d'alors voulait offrir aux consommateurs un instrument, peu coûteux pour les marchands, qui leur permette de régler leurs achats, puis d'échanger de l'argent avec leurs proches, sans les délais habituels des cartes, à travers une connexion directe avec leurs comptes bancaires. Elle fut également pionnière dans la mise en œuvre d'API, autorisant une intégration transparente de ses services au cœur des produits de ses clients, dont elle fit même la démonstration avec un porte-monnaie virtuel sous licence libre, que quiconque pouvait ainsi s'approprier et personnaliser.

Mais ce marché, entre commerçants et particuliers, s'est rapidement avéré être encombré, avec des marques telles que Square et PayPal. Alors Dwolla a opéré un changement de modèle (un pivot dans le jargon) où elle se retrouvait quasiment seule : capitalisant sur ses forces existantes, elle a choisi de commercialiser son réseau interbancaire propriétaire auprès d'entreprises désireuses de profiter d'un canal de paiement instantané, représentant un progrès majeur par rapport aux cartes et aux virements traditionnels. Parmi ses premières adeptes figurait BBVA Compass.

NMI Acquiert Dwolla

C'était il y a 12 ans. À l'époque, une grande partie des banquiers se gaussait de cette évolution, clamant qu'il n'existait aucun besoin d'accélérer les transferts, qui, pourtant, prenaient souvent 3 à 7 jours. En 2026, il reste quelques dinosaures pour continuer à tenir ce genre de discours, mais, entretemps, l'essentiel de la planète s'est équipé de mécanismes de paiement rapide (en général en quelques secondes), enfin, et le débat est globalement clos. Bien entendu, l'avantage technologique de Dwolla s'est trouvé englouti avec les initiatives de place… et je n'avais plus entendu parler d'elle.

Elle revient donc dans l'actualité à l'occasion de son rachat, ce qui équivaut à signaler une certaine forme de disparition. Cependant, outre son empreinte indélébile sur l'histoire de la FinTech, sa capacité à survivre jusqu'à maintenant démontre tout de même le chemin qu'il reste à parcourir en vue de rendre les paiements plus simples pour toutes les parties prenantes. En effet, son patrimoine comprend une infrastructure extrêmement importante pour l'interconnexion de différentes méthodes de transfert entre comptes, dont la genèse date de ses débuts et qui masque les complexités de l'industrie à ses utilisateurs, comme le fait aussi NMI au niveau de l'encaissement marchand.
La centricité client commence par l'organisation
18 mai 2026
Forrester
À chaque nouvelle rupture (plus ou moins) technologique, la même question se pose dans les grands groupes : où en positionner la responsabilité dans l'organisation. Les directions digitales ont ainsi proliféré depuis plusieurs années (sans toujours produire d'excellents résultats)… mais l'intelligence artificielle rebat aujourd'hui les cartes.

Dans ces débats, le cabinet Forrester tend globalement à préconiser la création d'un poste unique pour la supervision du digital, des données et de l'IA, en arguant d'une exigence d'efficacité face aux interdépendances manifestes entre ces thématiques et, surtout, de cohérence stratégique. À l'occasion d'un entretien avec un représentant de l'australienne CommBank, les analystes présentent cependant une approche un peu différente, qui combine cet ensemble avec un centrage explicite sur le client.

Le raisonnement sous-jacent est un prolongement logique de celui que tient Forrester. Intelligence artificielle et digital sont étroitement liés, auxquels se rattache automatiquement la donnée, qui en constitue la matière première essentielle. À ces domaines, dont l'alignement est critique, la banque ajoute « simplement » le client car ses efforts en la matière visent à mieux le servir, d'une manière ou d'une autre, dans le cadre d'interactions qui se déroulent déjà en majorité via des canaux numériques.

Cette structuration n'exclut pas un pilotage spécifique complémentaire, notamment par différentes entités dédiées à la gestion de l'information et la science des données ou encore par le responsable de l'IA qui doit arriver prochainement. Mais quand ceux-là se chargent de gouvernance, de définition de solutions, de mutualisation des moyens…, le Dr. Michael Baumann, rattaché hiérarchiquement au directeur de la banque de détail, porte les projets axés sur des objectifs d'amélioration de l'expérience client.

Forrester – CommBank – Customer, Digital and AI

Dans ce contexte, la mesure de la performance s'appuie non sur des indicateurs techniques mais sur des instruments destinés à évaluer la satisfaction des utilisateurs : progression du Net Promoter Score (NPS), taux d'adoption des nouvelles fonctions déployées, diminution des réclamations… Il s'agit de vérifier objectivement que l'ambition affichée de réduire le stress des clients, leur donner confiance dans leur contrôle sur leur argent, améliorer leur bien-être financier… est effectivement atteinte.

Naturellement, il ne suffit pas de définir un organigramme pour optimiser le fonctionnement d'une entreprise. Néanmoins, l'intégration de l'intelligence artificielle et du digital au niveau du métier est un premier pas primordial vers la compréhension des enjeux que ces sujets embarquent, bien au-delà de seules considérations technologiques. Et leur rattachement à une équipe qui priorise les besoins des clients, en espérant qu'elle s'acquitte dignement de sa tâche, est d'autant plus prometteur.
ChatGPT se fait coach de finances personnelles
17 mai 2026
OpenAI
Je l'avais anticipé avec le lancement, à l'automne dernier, d'un coach personnel, OpenAI n'a donc pas tardé à concrétiser la prolongation du concept avec un accompagnement au pilotage des finances personnelles. S'il ne présente pas de caractéristiques révolutionnaires à ce stade, il ouvre tout de même la voie à un changement profond.

Naturellement, les consommateurs n'ont pas attendu pour demander des conseils financiers à leur plate-forme d'intelligence artificielle préférée. Il seraient même 200 millions chaque mois à poser des questions à propos de gestion de budget, de recommandations d'investissement, de planification de projets… Désormais, ceux qui le souhaitent (et sont abonnés à la version « pro ») pourront bénéficier de réponses mieux personnalisées s'ils ouvrent l'accès à leurs comptes, via la technologie de Plaid.

Grâce à ses interfaces avec quelques 12 000 établissements, la solution propose de connecter non seulement les comptes bancaires, de dépôt et d'épargne, mais également les cartes de crédit, les portefeuilles d'investissement… afin de lui fournir une visibilité complète sur sa situation et bénéficier de la sorte d'une assistance optimisée. Une fois la configuration terminée, dans les règles de l'art de l'« open banking », notamment en termes de sécurité, l'utilisateur obtient une première analyse complète de sa position.

Sans être extraordinaire, celle-ci offre un bilan instantané comme on en voit rarement sur le marché. Outre un aperçu des dépenses par grande catégorie et une estimation du patrimoine global, elle inclut des informations sur les transactions récentes et les factures à régler prochainement, un état des abonnements, une comparaison des dépenses par mois, la répartition des investissements par classe d'actif… En résumé, c'est une sorte de tableau de bord qui présente l'essentiel à savoir sur ses comptes.

ChatGPT PFM

Hormis dans sa forme, le contenu ainsi restitué est tout à fait banal et il en est de même pour une bonne partie des services que peut rendre ChatGPT à partir de sa connaissance de l'historique de transactions de l'utilisateur, qu'il s'agisse d'effectuer des calculs sur tel ou tel critère (par exemple, combien ai-je dépensé au total pour mes dernières vacances ?), de rechercher des tendances parmi les opérations, d'évaluer la stratégie d'investissement… ou même de vérifier l'utilité des abonnements identifiés.

La différence avec ce qui se fait aujourd'hui commence à être plus marquée avec les possibilités de conseil opérationnel, notamment pour la définition d'un grand projet (organiser l'achat d'une maison dans les 5 ans) ou l'examen de scénarios de vie (mesurer l'impact d'une réduction de salaire pour gagner en flexibilité des horaires de travail). OpenAI ne manque pas d'évoquer son intention future, à un terme non précisé, d'enrichir ces préconisations avec des capacités de mise en action immédiate.

Autre particularité notable, l'outil sait également enregistrer des éléments de contexte qui sont indétectables autrement dans les données brutes. Si vous lui expliquez que vous mettez de l'argent de côté pour acheter une voiture ou que vous devez une somme d'argent à un proche, il prendra en compte ces à-côtés dans les interactions ultérieures. L'ambition sous-jacente est d'appréhender et intégrer la situation globale de la personne de manière à pouvoir lui apporter une aide toujours pertinente.

Si cet ajout dans ChatGPT ne représente pas un saut générationnel par rapport aux options de PFM existantes – dédiées ou intégrées dans les applications de banque –, il se positionne clairement en pointe sur le sujet et laisse entrevoir une marge de progression considérable, susceptible de laisser derrière lui les acteurs traditionnels… et de la sorte de détourner la relation que ces derniers entretiennent avec leurs clients.
NatWest crée un compte d'épargne semi-bloqué
16 mai 2026
NatWest
Partout dans le monde, les consommateurs apprécient la flexibilité des comptes d'épargne simples, bien que les taux d'intérêts qu'ils servent soient généralement modestes. Après une étude des habitudes de ses clients, la britannique NatWest en propose désormais une version plus rentable, moyennant une petite contrainte sur les retraits.

Les règles de fonctionnement du nouveau « Defined Access Saver » sont triviales. Les dépôts sont libres, sans montant minimum, et accessibles à tout moment. En mode nominal, ils sont rémunérés, à rythme mensuel, à un niveau particulièrement avantageux (2,50% actuellement). En revanche, dès que le détenteur effectue un quatrième retrait dans l'année, il voit ce taux réduit à une valeur de marché (1,04% à date) jusqu'au premier janvier suivant, date à partir de laquelle son compteur est réinitialisé.

Le mécanisme n'est pas conçu au hasard. La banque a en effet confirmé auprès de ses clients qu'une proportion importante (45%) ne ponctionne que rarement, au plus annuellement, dans ses économies. Ce sont donc près de la moitié d'entre eux qui pourraient profiter immédiatement d'une bonification du taux servi sur leur épargne. Et ils sont bien plus nombreux (83%) à déclarer qu'ils apprécieraient un système valorisant leur modération du nombre de retraits, complétant de la sorte la cible potentielle.

NatWest – Defined Access Saver

Naturellement, une bonne partie de ces personnes devraient probablement envisager de transférer tout ou partie de leurs réserves sur un compte à terme afin d'optimiser leur rendement. Cependant, ces produits, outre qu'ils ne sont pas toujours bien connus, créent un frein psychologique par rapport à l'impression qu'ils donnent de bloquer l'argent ou, a minima, de renoncer à tout bénéfice en cas de retrait anticipé. L'approche adoptée par NatWest permet largement d'éviter ce genre de biais cognitif.

D'autre part, dans une logique pédagogique, le « Defined Access Saver » peut également être appréhendé comme un stimulateur de « bon » comportement financier. En effet, grâce à son limiteur d'opérations, le titulaire sera enclin à s'interroger sur la pertinence de gréver ses économies et risquer de perdre ainsi un revenu facile. Ce pourrait être le premier pas vers une démarche de maîtrise de son budget personnel, par exemple pour le maintien d'un fonds d'urgence ou la résistance à des achats impulsifs.

Un responsable de NatWest explique que l'initiative correspond à l'ambition de l'établissement d'offrir à ses clients la diversité d'options que requièrent leurs besoins et les moyens de prendre confiance dans leur contrôle sur leur argent. Je ne doute pas que le nouveau dispositif constitue une opportunité commerciale supplémentaire pour la banque mais son principe prend indubitablement en compte l'intérêt des consommateurs. Il resterait maintenant à vérifier si ses promesses sont réellement tenues et donc si, sur le terrain, sa distribution est alignée avec sa philosophie.
Yomoni automatise l'optimisation fiscale
15 mai 2026
Yomoni
Si l'optimisation fiscale est souvent perçue comme un privilège (abusif) réservé aux personnes fortunées, elle peut aussi concerner des ménages « moyens ». Ces derniers n'ont cependant pas accès, évidemment, au même niveau de conseil. Alors Yomoni esquisse ce que pourrait être une option d'assistance automatisée pour tous.

La jeune pousse dévoile son nouvel outil juste à temps pour la saison des déclarations de revenus 2025. Disponible gratuitement pour tous les français, clients ou non, il les invite à télécharger leur avis d'imposition précédent. Une fois son analyse terminée, en quelques secondes, le service restitue une synthèse complète, qui reprend les éléments principaux du document et détaille les possibilités de réduction et de crédit d'impôt qui en ressortent, résumées en un montant d'économies potentielles.

Naturellement, il n'existe pas de formule magique pour extraire une vision exhaustive de la situation financière d'un foyer à partir de cette seule source d'information. La promesse de Yomoni porte donc exclusivement sur les avantages réservés aux Plans d'Épargne Retraite (PER), dont les plafonds de déduction autorisée – constituant un des instruments de réduction d'impôt les plus faciles à mettre en œuvre pour une grande partie de la population – sont clairement affichés chaque année pour la suivante.

L'initiative mérite d'être soulignée, en dépit de cette sévère limitation, d'abord parce que le dispositif officiel qui entoure le PER s'avère relativement méconnu et sous-exploité par les contribuables, alors qu'il existe depuis longtemps et non seulement leur permet d'abaisser leurs ponctions fiscales mais les encourage aussi à mettre régulièrement de l'argent de côté afin de compléter leur future pension. Pour Yomoni, il s'agit également, bien entendu, de promouvoir sa propre gamme de produits dédiés à ce marché.

Yomoni – Optimisation Fiscale

Plus globalement, le principe, aujourd'hui limité, ouvre une fenêtre sur une perspective plus riche. La première est celle que suggère l'entreprise elle-même, de contacter ses spécialistes en vue d'obtenir un accompagnement personnalisé en matière d'optimisation fiscale. Ensuite, il serait probablement utile d'affiner l'approche, par exemple en approfondissant les modalités d'utilisation des plafonds pour ceux qui ne peuvent débloquer la somme totale en une fois, pour toutes sortes de raisons, ou en profitant de l'opportunité pour déployer une démarche pédagogique sur le PER.

Par ailleurs, d'autres options fiscales mériteraient d'être explorées, moyennant l'accès à des sources de données plus extensives, à commencer par les comptes bancaires et leurs historiques de transactions. L'idée devrait attirer l'attention des institutions financières… mais elle n'est pas hors de portée pour Yomoni. En réalité, je m'interroge même sur l'hypothèse que le service actuel est une expérimentation, destinée à mesurer l'intérêt du grand public pour le concept et sa capacité à accepter de partager des données privées pour être conseillé, avant d'envisager une extension de périmètre.
Affirm offrira sa solution de BNPL aux banques
14 mai 2026
Affirm
À la recherche de nouveaux territoires à conquérir, Affirm, l'autre leader du paiement fractionné, présentait sa prochaine offensive stratégique à l'occasion de sa récente conférence pour les investisseurs. Avec Edge, la jeune pousse vise ainsi à implanter ses options de financement au cœur des applications bancaires prisées par les consommateurs.

Jusqu'à maintenant, le BNPL est proposé en priorité aux commerçants, son impact positif sur leurs ventes fondant le modèle économique du concept, et, de plus en plus souvent, directement aux particuliers, par exemple à travers la distribution d'une carte de paiement (notamment dans le cas d'Affirm) ou bien, pour son principal adversaire Klarna, via une place de marché. Bien que leur progression ait atteint un plateau depuis quelques mois (peut-être oublié, au moins temporairement, avec la crise actuelle du pouvoir d'achat), le potentiel d'expansion de ces approches reste immense.

Mais il ne suffit évidemment pas aux velléités d'hyper-croissance des mastodontes du secteur, même s'ils ne sont plus des startups. Afin de capter une audience supplémentaire, Affirm souhaite donc introduire ses outils, aussi bien de paiement fractionné sans frais que de crédit à la consommation, auprès des institutions financières traditionnelles. Son raisonnement est simple : il existe une vaste réserve de personnes réticentes à adopter le service d'une marque émergente mais qui n'hésiteraient pas à l'utiliser dans une application de confiance, fournie par la banque qu'ils connaissent.

La solution s'adresserait de la sorte aux américains qui sont de plus en plus nombreux à se défier des cartes de crédit, dont elle se positionnerait donc en concurrence frontale, et préfèrent privilégier des règlements comptant. Edge leur procurerait alors un instrument pour leurs dépenses plus ou moins exceptionnelles excédant le solde de leur compte. Estimant un besoin de 2 000 dollars par an pour la moitié de la population concernée fidèle à son app bancaire, Affirm évalue le marché à 140 milliards.

Introducing Affirm Edge

À ce stade, la communication ne précise pas la forme que prendra l'intégration du BNPL dans un contexte bancaire mais essayons de l'imaginer. En considérant qu'il faut nécessairement emprunter une voie différente du crédit classique (déjà disponible) et en s'inspirant du fonctionnement existant de la carte Affirm, l'implémentation devrait permettre à l'utilisateur de choisir un mode de financement sur les opérations éligibles de son historique de transactions. Dans cette hypothèse, le défi pour la jeune pousse sera de créer un service techniquement facile à insérer dans des logiciels hétéroclites.

Naturellement, l'offre n'intéressera guère les établissements les plus importants, qui possèdent dans leur catalogue ce qu'ils perçoivent comme un équivalent ou qui se jugent capables de créer leur propre variante. Ceux-là pourraient toutefois prendre note de la démarche et analyser en détail l'implémentation envisagée, puis s'en inspirer, car, de manière générale, ils ne sont pas particulièrement en pointe sur l'intégration transparente de solutions de financement au niveau des moyens de paiement…
Première fuite de données bancaires via IA
13 mai 2026
Community Bank
Tout le monde sait que ce genre d'incident devait arriver – je soupçonne d'ailleurs que celui-ci n'est pas le premier cas, d'autres étant certainement passés sous les radars – et la primeur en revient à Community Bank, petit établissement régional du nord-est américain, qui révèle donc officiellement une fuite de données bancaires due à l'utilisation d'un outil d'intelligence artificielle non autorisé.

Derrière les termes génériques de la déclaration effectuée auprès des autorités, le scénario qui se dégage semble à la fois totalement prévisible, tristement banal et, forcément, très inquiétant. En résumé, un employé a transmis des informations sensibles sur les clients de l'institution – comprenant leurs noms, numéros de sécurité sociale et dates de naissance – lors de l'interrogation d'une plate-forme d'IA publique, vraisemblablement ChatGPT ou un équivalent, à l'encontre des règles en vigueur.

On pourrait penser qu'une telle mésaventure n'est pas la pire qui puisse arriver, les données ayant été partagées avec une entreprise a priori responsable. Le risque de divulgation reste pourtant élevé car elles font maintenant potentiellement partie de l'apprentissage des modèles et pourraient ainsi être restituées par accident… voire par manipulation. En outre, les démarches de demandes de retrait aux fournisseurs ne sont pas toujours industrialisées et sont susceptibles de longs délais de traitement.

Un autre argument qui me sera opposé (je vous entends d'ici) portera sur la dimension de la victime : ce qui peut se produire dans une petite structure serait impossible dans un grand groupe, beaucoup mieux équipé en matière de cybersécurité. Si vous croyez à ce mythe, vous vous exposez à de sérieuses déconvenues. A minima, votre organisation comporte aussi de petites entités, où une certaine autonomie prévaut, et où les catastrophes sont prêtes à survenir, ternissant l'image de la maison mère.

Cependant, l'aspect le plus alarmant de l'histoire tient dans les parades qu'envisage la banque afin d'éviter que le problème ne se reproduise. Même si elle précise qu'elle ne se limite pas à ceux-ci, sa focalisation prioritaire sur les contrôles – entre le renforcement de ceux qui existent et l'ajout de nouveaux, en passant par une surveillance accrue – n'est résolument pas une réponse adéquate. Chaque jour qui passe démontre comment les collaborateurs trouvent toujours un moyen de contourner les restrictions.

La seule véritable solution consisterait à interdire strictement tout accès aux données de production. Le principe peut paraître radical et excessif mais, en réalité, il est parfaitement aligné avec une réalité incontournable : personne dans l'entreprise n'a besoin des informations détaillées en volume. En particulier, les développeurs et autres scientifiques de données qui mettent au point des applications doivent apprendre à le faire avec des versions désensibilisées, a minima par voie d'anonymisation.

Community Bank
Les priorités de l'IA dans la banque
12 mai 2026
NatWest
La cohorte de startups retenues pour l'édition 2026 de son Programme FinTech nous procure une occasion de découvrir dans quels domaines NatWest – et, par extrapolation, l'industrie bancaire en général – place la priorité pour la mise en œuvre de l'intelligence artificielle. Une évolution prometteuse est peut-être en train de se dessiner…

Le dispositif, lancé en 2025, apparemment, s'inscrit dans une longue tradition d'accompagnement de jeunes pousses par les institutions financières, dont l'ambition est de stimuler l'innovation par l'apport de solutions externes en cours d'élaboration. Concrètement, les entrepreneurs ont douze semaines pour, principalement, explorer des opportunités de collaboration avec les différents départements de l'établissement et, dans une moindre mesure, bénéficier de conseils pour le développement de leur offre.

Pour cette année, la thématique soumise aux candidats, et celle sur laquelle les lauréats sont appelés à travailler maintenant, est dans l'air du temps : « comment l'IA façonne l'avenir de l'expérience client ». Sans grande surprise par rapport à ce qu'on observe dans l'ensemble du secteur, si l'ensemble de la sélection répond au critère de l'intelligence artificielle, l'alignement avec l'expérience client semble avoir été appliqué avec une certaine souplesse, révélant une préoccupation au mieux émergente.

Parmi les huit firmes participantes, Condukt concentre ses efforts sur la maîtrise de la conformité réglementaire, DeepFlow sur les risques et la lutte contre la criminalité, Galveston sur les impacts de la géopolitique sur l'activité, Gradient Labs sur l'optimisation des processus de support. Outre qu'il s'agit, pour la plupart de fonctions où l'irruption de l'IA est devenue habituelle, elles n'ont pas ou peu d'influence directe sur la relation avec les clients et relèvent surtout de gains sur l'efficacité opérationnelle.

NatWest – FinTech Programme

En revanche, les autres laissent entrevoir, à des degrés divers, une inflexion vers des capacités plus orientées vers l'extérieur. Pour Murphy AI, sur le recouvrement, la cible est autant d'améliorer le traitement des personnes concernées que la productivité. Pour Aveni, sur l'engagement, et Round Treasury, sur la gestion de trésorerie, on commence à toucher à une recherche de différenciation. Enfin, la perle du lot (à mon sens) est Empath_AI, dont la technologie vocale, qui vise à repérer puis aider les individus vulnérables sans l'exprimer, esquisse un nouveau service destiné au grand public.

Les institutions financière n'en ont certainement pas fini avec leurs projets d'IA justifiés par des velléités d'économies, notamment via la suppression de tâches manuelles et les réductions d'effectif qu'elles espèrent en dégager. Mais on peut désormais envisager qu'elles s'intéressent à d'autres opportunités, ouvertes à des orientations inédites, et plaçant l'intérêt du client au premier plan. Il est vrai que, comme l'organise le programme de NatWest, le recours à des partenaires, en particulier des jeunes pousses défrichant des terrains vierges, représente un moyen privilégié de les explorer.
Un régulateur teste l'IA contre la fraude
11 mai 2026
MAS
Consciente que la lutte contre la criminalité financière est incontestablement plus efficace quand elle porte sur un périmètre élargi, la banque centrale singapourienne lance une expérimentation de détection de malversations grâce à des techniques d'analyse de données évoluées appliquées à un historique de transactions réelles.

Le principe du recours à des modèles d'apprentissage automatique, voire d'intelligence artificielle, en vue d'améliorer la performance des protections contre la fraude n'est évidemment pas nouvelle… elle représente même un des cas d'usage de ces outils parmi les plus répandus dans l'industrie. En revanche, sa déclinaison à l'échelle d'un régulateur national est plus originale et répond à un vrai enjeu de réactivité, l'identification des risques étant plus rapide à partir d'une vue de l'ensemble des échanges dans un pays plutôt qu'au seul niveau d'un établissement.

La mise en œuvre n'est toutefois pas triviale, comme le démontrent les conditions dans lesquelles la MAS organise ce qui devrait être un simple test. Certes, il n'y a aucune prouesse technique à demander à cinq banques locales de partager les informations qu'elles détiennent sur les opérations réalisées pendant une période spécifique (non précisée) puis à entraîner des solutions d'IA plus ou moins sophistiquées sur cette matière première pour l'identification automatique des tentatives d'escroquerie.

La réelle difficulté consiste à réaliser un tel projet avec toute la sécurité requise, alors que les données dont il est question sont extrêmement sensibles. Les responsables se veulent rassurants, en évoquant la mise en place d'un mécanisme de « hash » sur les références de compte (ce qui ne vaut pas anonymisation totale), un stockage chiffré (heureusement !) et des règles strictes d'accès. Mais dans le climat actuel où les fuites sont légion, est-ce suffisant ? Et il ne s'agit que d'une phase d'évaluation préliminaire : comment une éventuelle généralisation pourra-t-elle éliminer tout danger ?

La démarche engagée par la MAS est importante afin d'espérer réduire les pertes subies par les particuliers et les entreprises dans un contexte de croissance de la criminalité, désormais assistée elle-même par l'intelligence artificielle. Elle ne peut cependant, sans être taxée d'incohérence, ignorer les défis de sécurité qu'implique automatiquement son approche. Dans ce sens, elle devrait probablement se pencher au préalable ou, à tout le moins, en parallèle, sur les technologies émergentes de traitement de données préservant la confidentialité (PET)… comme l'avait fait l'ACPR française il y a quelques années (mais dont je ne connais hélas pas les résultats officiels).

MAS
L'impact de l'IA sur l'emploi selon Gartner
10 mai 2026
Gartner
La question de l'impact de l'intelligence artificielle sur l'emploi – conduira-t-elle à une augmentation ou à une réduction des effectifs dans les entreprises qui l'exploitent ? – figure désormais au cœur de multiples débats. Gartner a mené l'enquête et penche plutôt pour la croissance. Mais, en réalité, personne ne sait prédire l'avenir.

Le cabinet a interrogé 350 hauts responsables de grandes structures, dans le monde entier, qui, selon ses termes, expérimentent ou ont déjà déployé des capacités d'activité autonome, ce par quoi elle entend qu'elles recourent à des agents IA, des outils d'automatisation intelligente et autres technologies avancées dans le but de permettre à des machines d'exécuter des opérations de bout en bout sans aucune intervention humaine… ou de procurer aux employés plus d'indépendance dans leurs tâches.

Sans surprise, alors que la plupart des projets ont pour principal objectif d'optimiser leur efficacité, 80% des organisations consultées engagent des coupes dans leur masse salariale. Pourtant, et c'est l'enseignement majeur de cette étude, il n'existe pas de corrélation flagrante entre ces baisses et un retour sur investissement : elles sont aussi nombreuses dans les firmes qui mesurent des bénéfices concrets grâce à leur utilisation de l'IA que dans celles qui constatent une stagnation ou une dégradation.

Gartner – AI Layoffs

Les analystes de Gartner concluent de cette observation que les entreprises qui réussissent leur transition vers l'autonomie sont celles qui ne se focalisent pas sur l'idée de remplacer leurs collaborateurs par des algorithmes – et espéreraient de la sorte dégager une marge de manœuvre budgétaire… qui ne s'avère malheureusement pas créatrice de valeur – mais celles qui admettent que l'intelligence artificielle ne doit être considérée que comme un moyen d'« augmenter » la performance des individus.

Dans cette perspective, ils estiment que, contrairement aux discours dominants, la tendance devrait s'orienter vers une progression des emplois, d'ici à 2028 ou 2029, avec des besoins de nouvelles compétences afin de piloter, contrôler et étendre les processus autonomes… ainsi que de présence renforcée dans les moments où la confiance joue un rôle clé. Les organisations qui tirent leur épingle du jeu dans cette course sont donc celles qui investissent dans les formations adéquates.

Naturellement, derrière cette vision optimiste, Gartner n'examine, pour l'essentiel, que la phase actuelle de mise en place des principes et des premières initiatives. Ce qu'il adviendra une fois l'IA généralisée et banalisée sera probablement une autre histoire…
L'IA pour aider les clients en risque
09 mai 2026
Monzo
Monzo exploite un grand modèle de langage (LLM) afin de renforcer l'efficacité de son équipe dédiée au support des clients se trouvant dans une situation particulièrement délicate. Incidemment, sa présentation offre l'occasion de découvrir comment elle déploie un tel système, face au grand public, sur un sujet sensible, en toute sécurité.

Le centre d'assistance de la jeune pousse comporte depuis longtemps une équipe spécialement formée pour répondre à des urgences en tout genre, qui prend le relais des téléopérateurs classiques dès que ceux-ci l'estiment nécessaire après leurs premiers échanges (par tchat) avec une personne concernée. Malheureusement la phase d'identification des cas à transférer de la sorte est loin d'être optimale, en raison notamment des différents modes de communication des individus affectés.

Parmi les milliers de conversations qu'ils traitent chaque jour, la plupart sur des questions élémentaires, il n'est pas toujours facile pour les employés de décoder des expressions toutes faites, des périphrases, des euphémismes, des sous-entendus, des hésitations… qui reflètent potentiellement une détresse requérant une attention immédiate. L'idée de mettre en œuvre des capacités d'analyse de données avancée s'est naturellement imposée comme une option permettant d'améliorer la détection.

Une fois le problème posé, les scientifiques des données qui le prennent en charge ne se précipitent pas sur la dernière technologie à la mode, comme on le voit trop souvent. Ils étudient les multiples outils dont ils disposent et déterminent rationnellement les plus adéquats pour la tâche à réaliser. En l'occurrence, ils choisissent un grand modèle de langage, en raison, entre autres, de sa faculté à interpréter le contexte d'un texte (à l'inverse d'une approche par mot-clé) et à appréhender des locutions ambiguës.

Ensuite surgit la difficulté de la constitution d'un jeu de données pertinent pour l'entraînement du modèle, exacerbé par le nombre très faible d'interactions considérées à risque. Trois combinaisons ont été employées pour la contourner : un ensemble artificiel surpondéré en échanges à signaler, pour l'apprentissage des variantes d'énoncés, un autre basé sur une journée normale pour vérifier le comportement en régime de croisière et un dernier pour la mesure des impacts (j'y reviens plus bas).

Monzo Safeguarding Support

Après son élaboration, la solution n'est pas déployée directement en production, par crainte, légitime, de dérégler le fonctionnement du service client, crucial pour la satisfaction des clients. Il est donc d'abord exécuté en mode fantôme, c'est-à-dire en parallèle des opérations existantes, sans aucune incidence sur ces dernières. Il est simplement destiné à évaluer, et corriger, le cas échéant, comment il réagit dans un contexte réel, en comparaison des décisions humaines de transfert.

Un des livrables de cette étape est matérialisé par un dispositif de mesure complet dont le rôle est de fournir des éléments d'information précis sur les cas repérés autant manuellement qu'automatiquement. Le tableau de bord résultant devient alors, avec le troisième jeu de données mentionné plus haut, un outil de suivi des performances, indispensable pour prévenir toute dérive, et de prédiction des niveaux de charge pour les experts des situations difficiles, donc des besoins correspondant en personnel.

L'adoption de toutes ces dispositions autorise, au prix, certes, d'un indicustable alourdissement du projet, Monzo à mettre en œuvre (progressivement) en toute sérénité un produit extrêmement utile, aux algorithmes non déterministes, désormais capable de décupler sa réactivité face à ses clients les plus fragiles. Les téléconseillers de première ligne conservent cependant la possibilité d'effectuer des déclarations eux-mêmes, afin de pallier les éventuelles déficiences de la machine…
Un terrain de jeu pour apprendre l'open finance
07 mai 2026
Open Finance
Alors que le Brésil possèderait le plus important écosystème de finance ouverte au monde, le nombre d'entreprises qui en profitent activement est ridiculement faible. Estimant que la complexité de mise en œuvre constitue le principal obstacle à l'adoption, deux acteurs du marché lancent une initiative exceptionnelle pour la rendre accessible.

Entre les exigences et autres préconisations réglementaires d'un côté et les sites destinés aux développeurs de l'autre, le recours aux API qui donnent accès aux services bancaires pour le compte de tiers (avec leur autorisation) paraît rapidement au-dessus des moyens de beaucoup d'organisations, qui préfèrent abandonner la partie plutôt que de risquer de perdre une énergie conséquente à décrypter les mécanismes nécessaires puis à tâtonner dans l'implémentation d'une application opérationnelle.

Ces difficultés expliqueraient en grande partie pourquoi le Brésil – dont plus de 100 millions de consommateurs ont à ce jour accepté 154 millions de connexions à leurs comptes, qui génèrent 5 milliards de transactions entre établissements par semaine – n'enregistre que 3% de firmes exploitant activement l'option d'« open banking » (pour leurs paiements), contre, par exemple, 20% au Royaume-Uni, où, bien entendu, la maturité, de l'industrie comme de la population, est considérablement plus avancée.

Pour des firmes telles que Juspay, spécialiste des paiements, et Cumbuca, premier agrégateur de services du pays, l'opportunité est immense, aussi joignent-elles leurs forces afin de créer une plate-forme qui prend par la main leurs clients potentiels et leur montre pas à pas comment construire une intégration en quelques étapes, grâce à laquelle ils pourront très facilement accepter les règlements via un transfert bancaire ou, dans un mode spécifique, à travers la solution locale incontournable Pix.

Open Finance Playground

L'approche pédagogique retenue avec ce « Playground » est simplement renversante. Sur un côté de l'écran, le visiteur découvre une simulation de parcours d'achat dans une application mobile (dont il peut même ajuster les détails de l'interface). Sur la partie droite, chacune des étapes qu'il exécute au fil de ses clics de validation d'une commande est matérialisée par les interactions correspondantes avec les API, les exemples d'appels et de réponses, contextualisés, étant décrits en détail.

Avec ces explications, n'importe qui (ou presque) devient capable d'apprendre rapidement à bâtir un processus complet de paiement, en faisant directement le lien entre les actions requises de la part de l'acheteur au sein d'une application d'e-commerce et les échanges techniques à orchestrer avec le fournisseur de services, dont tous les aspects sont couverts, y compris, entre autres, l'authentification entre machines, la protection des secrets, les consentements…, en parfaite conformité réglementaire.

Les deux partenaires à l'origine du « Playground », soutenus par l'association brésilienne de la finance ouverte, ont choisi de partager leur travail sous licence libre et ils invitent la communauté à contribuer à l'extension de la plate-forme, notamment pour l'intégration des particularités des différents fournisseurs. Plus largement, ce genre d'outil pourrait inspirer toutes les organisations distribuant leurs fonctions sous forme d'API, dont la prise en main s'avère hélas fréquemment difficile à appréhender.
Ekko évalue l'impact des achats sur la biodiversité
06 mai 2026
Ekko
Historiquement, Ekko est une de ces entreprises qui fournissent aux intermédiaires de paiement un outil d'évaluation de l'empreinte environnementale des dépenses à l'intention de leurs utilisateurs. À sa mesure, classique, des émissions d'équivalents en CO2, elle ajoute désormais une estimation inédite des impacts sur la biodiversité.

Le fonctionnement du « Nature Footprint » est identique au mécanisme déjà en place. L'identification, pour chaque transaction, de sa catégorie de marchand, de son montant et du pays dans lequel elle est exécutée permet, grâce à des modèles propriétaires basés sur une recherche validée scientifiquement, de déterminer les effets de l'achat correspondant sur la nature. Ceux-ci sont alors retraduits dans des termes faciles à appréhender (par exemple ramenés à la surface d'un terrain de football).

Dans les détails, les calculs s'appuient sur une connaissance précise des industries et de leurs chaînes d'approvisionnement afin de quantifier leurs effets sur les habitats de la faune et la flore, les usages des terrains, la pression sur les ressources en eau, la pollution… Ces divers facteurs, distribués sur douze dimensions complémentaires, servent ensuite à établir un indicateur composite reconnu : l'abondance moyenne des espèces (MSA), comparant la zone considérée à une référence idéale non perturbée.

Après la conversion de ce score, abstrait, en une illustration sur un exemple concret de conséquence, Ekko propose aux consommateurs exposés à son service d'agir en vue de « compenser » les contrecoups de leurs emplettes. Les méthodes employées dans son but respectent les traditions du genre, avec une invitation à ajouter quelques centimes, par arrondi ou par montant fixe, qui seront ensuite affectés à des projets de préservation de la nature, voués à œuvrer directement dans les domaines évalués.

Ekko Nature Footprint

J'ai l'habitude de critiquer les plates-formes qui « se contentent » de communiquer aux personnes le niveau d'impact de leurs dépenses, surtout quand celui-ci se matérialise par un volume de gaz à effet de serre, qui, même une fois comparé à la consommation d'une voiture sur x kilomètres (ou autre variante du genre), ne représente pas grand chose. Avec une empreinte sur la nature exprimée en m2 d'espaces perdus, les chiffres prennent un peu plus de réalité, facilitant la projection sur son contexte proche.

Autre regret habituel, les possibilités d'action restent limitées et sont essentiellement symboliques. Ekko se veut toute fois candide dans sa démarche : son objectif principal est de fournir aux individus la transparence qui leur manque quand ils déclarent (à 80%, selon une enquête de Mastercard) vouloir vivre de manière plus responsable mais n'ont aucune idée de ce que représentent leurs gestes du quotidien en effets néfastes sur la planète. Il faut leur montrer leur situation existante avant d'espérer changer les pratiques, sa seule découverte pouvant d'ailleurs les inciter à les infléchir.
Revolut ouvre une agence ?
05 mai 2026
Revolut
Selon une exclusivité obtenue par EuroNews, la star des néo-banques Revolut préparerait l'ouverture de son premier point de vente physique, à Barcelone. Ce ne sera évidemment pas une agence au sens traditionnel et elle ne présage certainement pas du déploiement d'un réseau qui irait à contre-courant de ses principes fondateurs.

La jeune pousse ne partage aucune information sur le lieu retenu pour son implantation dans la ville espagnole ou sur les activités qu'elle prévoie d'y héberger. Elle indique seulement que le projet est encore à un stade embryonnaire. L'inauguration est espérée le plus tôt possible mais est dépendante des délais de construction et d'aménagement, ce qui entretient donc également le flou sur le planning exact.

Elle assure tout de même qu'elle n'envisage pas un modèle bancaire classique, parlant plutôt d'un espace immersif à forte visibilité, destiné notamment à affermir la confiance de ses clients. On peut donc imaginer qu'il ne sera pas question de réaliser des opérations basiques dans ces locaux et que leur priorité consistera à accueillir des visiteurs prêts à découvrir une autre manière d'interagir avec leur argent et leur banque.

Dans cette optique, le choix de la capitale catalane est optimal : carrefour des rencontres entre une population locale dense et un flux constant de touristes étrangers – cible privilégiée de son offre depuis la naissance de Revolut – assorti d'une certaine appétence culturelle pour les contacts en face à face, elle offre une opportunité de sonder les réactions d'un public prédisposé face à sa dernière innovation en date.

Alors que la néo-banque vient de dépasser 70 millions de clients et que la phase d'hyper-croissance est en plein ralentissement pour un secteur atteignant la maturité, sa démarche paraît transparente : elle explore de nouvelles méthodes de conquête, prolongeant ainsi ses efforts précédents en la matière, dont l'implantation de distributeurs de cartes… qui avait aussi commencé à Barcelone il y a moins d'un an.

Revolut – Banking & Beyond
PocketSmith explique la banque ouverte
04 mai 2026
PocketSmith
Si j'ai écrit dans ces colonnes que les consommateurs n'ont que faire de l'« open banking », leur seul préoccupation étant de disposer des services dont ils ont besoin dans les meilleures conditions possibles, PocketSmith nous rappelle qu'un minimum de sensibilisation sur le sujet est tout de même primordial afin d'en promouvoir l'adoption.

La jeune pousse, qui distribue une solution avancée de pilotage des finances personnelles, se trouve évidemment aux premières loges de la problématique. Comme tant d'autres acteurs de la FinTech (et quelques-uns de l'industrie traditionnelle), elle demande à ses utilisateurs de lui autoriser l'accès à leurs comptes pour remplir son office. Mais voilà, en parallèle, les banques, sous couvert de lutte (légitime) contre la fraude, martèlent à leurs clients de ne jamais partager d'informations sensibles !

Avec son « Open Banking Hub », elle se fend donc d'une page de pédagogie destinée essentiellement à rassurer les personnes qui se retrouvent un jour devant un écran sur lequel ils sont invités à établir une connexion avec les institutions qui abritent leurs économies. Dans cette perspective, elle décrit succinctement le fonctionnement des interfaces et les avantages de ces systèmes par rapport à d'autres méthodes (à base de documents physiques), dont, notamment, en quoi ils sont parfaitement sécurisés.

Dans une démarche qui, de manière générale, vise à convaincre les individus d'accepter les sollicitations, le contenu met également l'accent sur les multiples applications de la banque ouverte dans le monde moderne. Outre les propres outils d'analyse budgétaire et de conseil personnalisé de PocketSmith, sont évoqués, entre autres, les capacités autour de la validation d'identité, l'assistance à la comptabilité, l'accélération des décisions de crédit ou encore l'aide à la comparaison éclairée d'offres financières.

PocketSmith Open Banking Hub

L'universalité du concept, déployé officiellement dans 90 pays et régulièrement mis en œuvre par des millions de particuliers et d'entreprise, figure naturellement parmi les arguments brandis. Dans le même temps, afin de tenir un discours le plus pertinent possible pour chaque visiteur, les auteurs prévoient de décliner leur travail, contextualisé pour l'Australie, en plusieurs variantes adaptées aux spécificités locales du Brésil, du Canada, des États-Unis, de la Nouvelle-Zélande et de l'Union Européenne.

L'initiative de PocketSmith est certes louable mais elle ne représente qu'un pis-aller à défaut de prise en charge par les firmes qui hébergent les données financières de leurs clients et devraient donc logiquement assumer la responsabilité de l'éducation de ces derniers sur leur utilisation. Malheureusement, l'industrie étant partout réticente, voire viscéralement opposée, aux principes d'ouverture de leurs systèmes, non seulement elle ne sont pas enclines à engager le moindre effort en la matière, elles voient dans l'ignorance des consommateurs un moyen sournois de freiner le mouvement.
Un porte-monnaie à confier aux agents IA
03 mai 2026
Stripe
Alors que les agents IA commencent à séduire les consommateurs – OpenClaw en tête – la maîtrise de leurs accès aux plates-formes de commerce en ligne et aux services de paiement suscite la créativité de toutes sortes d'acteurs. Stripe présente ainsi une version de son porte-monnaie virtuel Link conçue pour être prêtée à un robot.

Le système se décompose logiquement en deux parties : l'une, directement alignée avec le cœur de métier originel de la jeune pousse, permettant aux entreprises qui développent et distribuent des agents à l'intention du grand public d'intégrer dans ces derniers un module d'encaissement et l'autre, disponible via une interface web ou par l'intermédiaire d'une application mobile, avec lesquelles leurs clients ont la possibilité de régler leurs achats en toute confiance et avec un maximum de sécurité.

Concrètement, le nouvel utilisateur d'un assistant de shopping préalablement équipé de la solution est invité à lui connecter son compte Link, partageant de fait quelques détails personnels, dont les informations de contact nécessaires au traitement d'une commande. Ainsi armé, l'automate est alors en mesure d'accomplir les tâches qui lui sont confiées de manière autonome, jusqu'au paiement final, qui doit toutefois être validé explicitement par le donneur d'ordre humain, sur réception d'une notification ad hoc.

Le fonctionnement peut paraître trivial mais Stripe ajoute une particularité qui lui procure un avantage indéniable : quel que soit le mode de règlement sélectionné – une carte, un compte bancaire ou autre option à venir prochainement – ses caractéristiques ne sont jamais transmises ni à l'intelligence artificielle, ni au commerçant. Une carte virtuelle à usage unique est créée pour chaque opération à moins que ne soit fourni un jeton spécialisé de la marque, notamment pour les transactions récurrentes.

Link's Wallet for Agents

Ce mécanisme, tout comme la conception globale du dispositif, est important pour la tranquillité d'esprit des consommateurs qui sont facilement conquis par les promesses des agents IA, capables de prendre en charge leurs demandes les plus complexes simplement formulées en langage naturel, mais qui, potentiellement, s'inquièteraient des éventuels abus et autres comportements erratiques dont l'intelligence artificielle semble hélas relativement coutumière, du moins dans ses incarnations actuelles.

Le commerce agentique est aujourd'hui balbutiant et les standards qui seront nécessaires à son développement sont en construction. Grâce à sa position parmi les leaders du domaine, Stripe exploite l'opportunité de montrer la voie vers une approche saine et raisonnée des défis auxquels les paiements seront confrontés dans ce nouvel univers. En revanche, ses propres produits ne peuvent constituer la seule réponse : il reste à prendre du recul et à définir des composants plus ou moins universels.
Éducation financière, de la théorie à la pratique
02 mai 2026
U.S. Bank
En conclusion du mois (américain) de la littératie financière, U.S. Bank présente sa liste des 7 principes qui doivent guider les démarches éducatives, en soulignant comment elle les implémente. Il ne lui resterait qu'à intégrer l'ensemble au sein d'une démarche cohérente et véritablement pédagogique pour couronner sa démonstration.

L'introduction à cet article générique comporte quelques évidences qui valent la peine d'être martelées : « maîtriser ses finances personnelles n'est pas qu'une affaire de suivi de sa trésorerie » ou bien – celle que je préfère et dont je doute qu'elle soit endossée par la plupart des intéressées – « c'est le rôle de la banque d'inculquer à ses clients les éléments de gestion de l'argent dont ils ont besoin ». Viennent donc ensuite les 7 moyens à travers lesquels U.S. Bank estime s'acquitter de cette tâche.

1. Avoir une visibilité instantanée sur les dépenses effectuées, dans l'application mobile de l'établissement, est un facteur essentiel de maîtrise de ses choix.
2. Les outils d'épargne qui s'appuient sur un objectif à atteindre (ou un projet à réaliser) prédéfini permettent de constater régulièrement ses progrès concrets.
3. Un aperçu consolidé de sa situation, à travers les différents comptes et autres cartes de crédit – y compris dans plusieurs banques – aide à prendre des décisions éclairées.
4. Les alertes – notamment sur des seuils de solde ou des frais imprévus – et éventuelles limites – par exemple sur le découvert autorisé – protègent contre les mauvaises surprises susceptibles de faire dérailler un budget.
5. Les options prédictives et l'activation du paiement de facture contribuent à réduire les inquiétudes sur la capacité à faire face à ses obligations à venir.
6. Les solutions de partage entre partenaires ou, plus largement, entre membres de la famille sont importantes pour rationaliser et apaiser les discussions d'argent.
7. Enfin, la technologie ne fait pas tout et les conseillers sont aussi là pour diffuser la connaissance et fournir un accompagnement personnalisé qui accroît la confiance.

U.S. Bank – 7 Ideas for Financial Education

La palette de fonctions offertes par U.S. Bank, indiscutablement utiles pour un pilotage sain des finances personnelles, est certes impressionnante mais elle souffre tout de même de quelques lacunes criantes. La première porte sur leur prise en main par les clients : quels moyens sont mis en œuvre afin de leur enseigner comment exploiter ces multiples possibilités pour l'optimisation de leur quotidien ? Il manque le mode d'emploi qui fera que les services proposés deviennent des assistants de gestion efficaces.

Autre défaut, ces éléments sont trop disparates et n'autorisent pas spontanément une perspective à 360° sur le sujet. Par exemple, la séparation arbitraire entre la surveillance des comptes, les capacités d'anticipation et les objectifs d'épargne nuit à une approche cohérente. Pour une bonne maîtrise, il faudrait que la personne – ou, mieux, le foyer – se voit offrir une vue consolidée des différentes composantes de sa position et un éclairage prescriptif sur l'articulation de leurs dépendances.

Comme toujours avec ces initiatives, on débouche sur la principale limitation du dispositif : l'absence de conseil proactif, autre que, en l'occurrence, le recours à un conseiller qui, préférant se concentrer sur la vente de produits, ne sera probablement pas enclin à prendre le temps d'apprendre à ses clients comment, par exemple, concilier à long terme leur endettement et la concrétisation de leurs rêves d'avenir. Tout ce qu'il faudrait pour pallier ce déficit est pourtant présent dans les 7 principes d'U.S. Bank.
L'éducation financière par la pub ?
01 mai 2026
Experian
Inlassable, Experian poursuit ses aventures avec l'intelligence artificielle et, après ses premiers pas dans ChatGPT, s'empare à présent d'une nouveauté introduite récemment sur Snapchat qui lui permet de partager des éléments d'éducation financière avec les adeptes de la plate-forme dans un contexte de publicités interactives.

Le réseau social cède lui-même à la tendance incontournable du moment, en arguant que, désormais, les contenus promotionnels doivent s'aligner avec les attentes des consommateurs vis-à-vis de leurs interactions, avec leurs pairs comme avec les annonceurs, et donc adopter un mode conversationnel. Il appuie son raisonnement, entre autres, sur ses propres observations consécutives à la mise en place de son propre robot « My AI », dont il affirme qu'il est plébiscité par ses utilisateurs.

Le principe consiste à offrir aux entreprises un format publicitaire via lequel elles insèrent leur chatbot au cœur de l'expérience Snapchat. Dans le cas d'Experian, en l'occurrence, la bannière sponsorisée renvoie ainsi vers un agent virtuel qui propose d'échanger sur les thématiques financières préoccupant plus particulièrement la population, jeune, adepte de l'application au petit fantôme : réaliser des économies sur ses dépenses, comprendre les cartes de crédit, apprendre à gérer son budget…

L'utilisateur pose ses questions librement, en langage naturel, bien entendu, et obtient instantanément des réponses qui se veulent personnalisées et contextuelles – ce qui, vue l'absence d'informations spécifiques sur la situation des comptes de l'individu, se limitera vraisemblablement à maintenir une continuité logique dans le dialogue.

Experian AI Sponsored Snaps

L'idée sous-jacente au déploiement de ce drôle de dispositif consiste à assurer une présence visible où et quand les citoyens sont susceptibles de s'interroger sur des sujets financiers, ce qui se produit évidemment de plus en plus souvent sur les sites où ils passent le plus de temps. Un ciblage des annonces pourrait alors être un plus (par exemple lors d'une discussion d'argent avec un proche). Dans cette logique, la démarche a un certain mérite, même si ces prémices requerront une validation.

À défaut de convaincre Mme ou Mr Tout-le-Monde de consentir spontanément un effort afin d'acquérir quelques bases d'éducation financière, l'approche retenue par Experian paraît intéressante dans sa capacité à s'immiscer dans le quotidien des gens. Elle n'est cependant pas sans défauts. D'abord, elle demande malgré tout un engagement actif dont il faudra voir si l'audience visée est prête à le fournir. L'entrée en matière (l'accroche commerciale) joue là un rôle critique. D'autre part, son périmètre restera circonscrit aux seuls domaines qui préoccupent la personne interpellant l'agent.

Au-delà de ces réserves, je soupçonne qu'il existe pour les banques une réelle opportunité à explorer et à approfondir derrière cette implémentation pionnière. Considérez-la comme une simple ébauche, imaginez des variantes, développez-la, expérimentez différentes options… la littératie financière de la population le vaut bien.
Quoi de neuf du côté de Wero ?
30 avr. 2026
WERO
Lors de sa création en 2020, l'EPI promettait de révolutionner les paiements dans la zone Euro à l'horizon 2022. Six ans et bien des péripéties plus tard, une nouvelle étape commence à être franchie avec le lancement officiel en France, par BPCE, de fonctions de règlement des achats en ligne, dans la foulée de l'Allemagne et la Belgique.

Concrètement, le groupe bleu et rouge a validé une expérimentation et peut désormais entamer le déploiement généralisé. Celui-ci se déroulera par paliers, avec une ouverture début mai à un premier lot de 500 000 clients qui s'étendra ensuite à l'ensemble du parc d'ici cet été. L'enrôlement des commerçants est également en cours afin de développer le réseau d'acceptation, initialement représenté uniquement par l'École du Ski Français, avec qui les tests préliminaires ont été organisés.

Le mode opératoire d'une transaction paraît relativement simple. Au moment de passer en caisse (virtuelle), l'utilisateur choisit l'option Wero et se voit alors invité à numériser un QR code depuis son application mobile bancaire (qui intègre le porte-monnaie électronique) afin de valider le règlement. Sa déclinaison dans le m-commerce exploite en revanche un lien direct, permettant de court-circuiter la capture d'image. Le transfert de fonds est enfin exécuté à travers un virement instantané de compte à compte.

Selon les vidéos de démonstration, la qualité de l'expérience semble correcte (encore plus sur téléphone, ce qui est certainement le plus important, de nos jours) sans être renversante, notamment en comparaison avec un système tel qu'Apple Pay. Il est tout de même prévu de faciliter les achats récurrents, avec une option classique de rétention des préférences de paiement et de livraison pour les visites ultérieures.

BPCE x WERO

Alors que, jusqu'à maintenant, Wero se contentait d'hériter des capacités de transfert entre proches de PayLib, il entre aujourd'hui dans le dur de ses ambitions d'origine et va se confronter directement au défi qui transformera ou non l'essai, à savoir la conquête des e-commerçants. Ceux-ci étant débordés par le nombre de moyens de paiement que leurs prestataires de service leur proposent, il va falloir développer un puissant argumentaire pour les convaincre de privilégier celui-ci. Le niveau actuel d'équipement de la population pourrait en faire partie mais BPCE ne précise pas combien, parmi ses 13 millions de clients, sont des utilisateurs actifs du « wallet ».

Et ce n'est qu'un début dans la feuille de route de l'EPI. Les autres banques hexagonales devront d'abord suivre l'exemple afin de compléter la promesse de valeur (d'universalité, spécifiquement). Puis, il faudra travailler sur la dimension transfrontalière, pour l'instant réduite à la Belgique et l'Allemagne, où le choix de l'interopérabilité avec les autres solutions en vigueur introduira ses propres complexités d'implémentation. Enfin, surtout, il restera à intégrer les paiements de proximité, sur lesquels les enjeux de fluidité de l'expérience seront probablement les plus difficiles à appréhender. Et peut-être faudra-t-il ajouter entretemps les nouvelles exigences du commerce agentique !
Helios se préoccupe de bien-être financier
29 avr. 2026
Helios
Consciente des relations étroites qui existent entre préoccupations environnementales et bien-être financier des populations, la néo-banque écologique Helios, qui a désormais rejoint le groupe Younited, lance une nouvelle initiative de sensibilisation à l'intention de ses clients, dont j'espère qu'elle s'enrichira bientôt d'un volet de conseil.

Je doit préciser d'emblée que, à bien des égards, cette nouveauté, tout comme les efforts précédents de la jeune pousse – contenus pédagogiques ou options telles que les poches d'épargne –, souffre des défauts que je signale régulièrement dans ces colonnes : approche passive et emphase sur son recours à l'intelligence artificielle. Elle retient néanmoins mon attention, d'une part parce qu'elle émane d'une entité aux moyens bien plus limités que les grands groupes auxquels j'adresse généralement mes reproches et, d'autre part, parce qu'elle esquisse une orientation qui m'inspire.

Le principe de fonctionnement retenu est relativement original puisqu'il repose sur l'envoi d'un courriel aux clients (un échantillon dans un premier temps, avant généralisation), contenant une analyse détaillée de leur comportement financier sur l'année 2025. Le message fournit, entre autres, un bilan mensuel des flux, individuels ou en couple, une répartition des dépenses par catégorie, une mise en avant des achats responsables (la raison d'être d'Helios), une évaluation de l'épargne et de ses tendances… En résumé, rien de très excitant dans le registre du suivi budgétaire.

Au sein de cette synthèse, un premier détail mérite toutefois de s'y attarder : les résultats obtenus sont mis en regard avec la règle connue dite des 50/30/20 de pilotage sain des finances personnelles, préconisant l'affectation des revenus pour 50% aux frais essentiels, 30% aux envies et 20% en réserve. Voilà une excellente illustration d'une contextualisation d'un précepte, abstrait quand il fait partie d'une formation théorique et qui prend tout son sens une fois appliqué à la situation de l'apprenant. Selon moi, tous les apprentissages devraient être déclinés de la sorte sur des cas individuels.

Helios App

Une autre dimension de la démarche laisse entrevoir une perspective brillante si elle est prolongée à l'avenir. En effet, l'étude menée sur les transactions aboutit à l'identification d'un comportement prédominant (par exemple « la fourmi ») parmi un référentiel qui en comprend neuf. La connaissance de ce trait psychologique constitue un élément essentiel pour la construction d'une éventuelle stratégie de recommandations efficace, à la fois afin de mettre l'accent sur des thématiques et problématiques que les biais sous-jacents tendent à faire ignorer et pour exploiter des mécanismes d'incitation qui résonnent de manière optimale avec le mode de pensée privilégié du sujet.

En résumé, Helios propose une solution relativement basique pour l'instant mais avec un fort potentiel de progrès en matière d'accompagnement concret de l'éducation et du bien-être financiers. Il reste à espérer que l'équipe n'en reste pas là et enrichisse progressivement sa proposition de valeur, comme elle semble le promettre. Une première piste de réflexion devrait concerner, à mon avis, la distribution de l'outil : son envoi spontané est susceptible de stimuler la bonne volonté mais sa fréquence, si elle est annuelle, comme donne à le comprendre la présentation, serait à revoir.
Qonto, banque nativement IA
28 avr. 2026
Qonto
Dans un secteur financier qui manque d'imagination dans ses applications de l'intelligence artificielle, Qonto dévoile les premières briques de sa vision d'une banque plaçant l'IA au cœur de son offre, non pas pour suivre une mode ou se gargariser d'innovation mais pour apporter à ses clients des solutions qui les aident dans leur quotidien.

Les nouveaux assistants sont présents dès l'écran d'accueil de la plate-forme web ou de l'application mobile, et un clic ou un appui suffit donc à engager la conversation, en mode tchat. Dans un registre désormais résolument classique, l'utilisateur peut d'abord poser des questions libres sur ses comptes et sa situation – explications sur les dépenses, recherche sur tous les critères imaginables, décryptage des tendances ou des éventuels écarts constatés… – et obtenir des réponses instantanées.

Plus intéressant et plus rare que cet accélérateur d'accès à l'information, un autre volet est consacré à l'exécution autonome d'actions. Mais il ne s'agit pas seulement d'opérations bancaires. Parce que Qonto s'adresse aux entreprises, diverses démarches administratives sont aussi prises en charge. Une simple demande en langage naturel suffit ainsi à préparer et envoyer une facture ou à créer une carte de paiement, par exemple. Par sécurité, une validation est exigée avant de finaliser le traitement.

Les quelques dysfonctionnements rencontrés à l'usage me laissent penser que le déploiement est encore plus ou moins expérimental. Mais déjà d'autres catégories de fonctions sont annoncées pour l'avenir, dont notamment une qui cible le pilotage de la facturation, avec des options d'alerte et de relance en cas de retard de paiement. L'ambition est de proposer les services d'un agent pour toutes les dimensions de la gestion d'entreprise afin de faire gagner du temps partout où cela est possible.

Qonto AI

Si le principe de Qonto AI est incontestablement séduisant, l'implémentation révèle un choix discutable. En effet, chaque domaine d'intervention est confié à un assistant dédié : l'analyste pour l'exploration des données, l'opérateur pour les actions, le collecteur pour la future chasse aux mauvais payeurs… J'imagine que cette spécialisation, par « petit modèle », permet d'optimiser la performance et l'efficacité… mais la lisibilité pour les clients risque d'en souffrir. Il faudrait peut-être ajouter un premier niveau d'analyse qui sache sélectionner le bon outil pour chaque interaction.

Quoi qu'il en soit, et il n'est évidemment pas étonnant que ce soit le fait d'une jeune pousse de la FinTech, Qonto montre la voie à l'industrie en matière d'exploitation de l'intelligence artificielle comme un moyen d'enrichir la palette de services offerte, avec une focalisation concrète sur ce qui est susceptible d'apporter un surcroît de valeur aux entreprises. Dans une certaine mesure, ces efforts font également écho à la menace des nouveaux géants de l'IA que j'évoquais hier : la banque devra bientôt prouver la supériorité de ses propres agents face aux « super apps » émergentes, que ce soit en termes d'expertise métier, de faculté de personnalisation, de contextualisation…