Dans Le Figaro Magazine, l’article de la discorde entre le Cambodge et la Thaïlande
01 sept. 2026
En ces derniers jours d’août 2026, Le Figaro Magazine a publié un reportage sur le conflit frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande. Phnom Penh y voit une validation de sa position. Bangkok s’insurge. « À la frontière Thaïlande-Cambodge, une guerre de territoire au milieu de vestiges angkoriens ravagés par les combats ». Tel est le titre du reportage signé Jean-Luc Moreau Deleris, publié par Le Figaro Magazine puis lefigaro.fr. Jusque-là, pas d’agresseur, pas d’agressé. En légende de la première photo, on peut lire : « Le temple de Preah Vihear, une merveille de l’ancien Empire khmer datant du XIème siècle, est situé au Cambodge, près de la ligne frontière. L’armée thaïlandaise n’a pas hésité à le bombarder, provoquant des dommages irréparables. » Le ton a déjà changé. Puis vient le chapô, les quelques lignes qui résument l’article à venir. « Après avoir attaqué son voisin cambodgien en 2025, la Thaïlande a annexé une frange de son territoire, contraint des centaines de milliers de civils à l’exode et partiellement détruit des vestiges angkoriens, dont le temple de Preah Vihear, classé au patrimoine mondial de l’Unesco. » Nul besoin d’aller plus loin dans la lecture du reportage, la messe est dite. Un article et une exposition L’article se penche également sur les fondements historiques et juridiques de la position cambodgienne. Il se réfère aux traités franco-siamois de 1904 et 1907, aux cartes frontalières officielles et aux arrêts de la Cour internationale de Justice datant de 1962 et de 2013, qui ont tous reconnu la souveraineté cambodgienne sur le temple de Preah Vihear. Et pour prolonger le plaisir pour les amateurs, les photos de Jean-Luc Moreau Deleris, réalisées lors de ce reportage, sont actuellement exposées au Couvent des Minimes à Perpignan, dans le cadre du festival Visa pour l’Image, qui se déroule jusqu’au 13 septembre 2026. Le Cambodge applaudit la couverture française des événements La parution de ces quelques pages a été l’occasion d’une passe d’armes entre les deux voisins concernés. Samedi 30 août 2026, le ministre cambodgien de l’Information, Neth Pheaktra, a partagé le reportage d’enquête du Figaro, favorable à son pays, avec la presse. Selon le ministre, cet article de fond qualifie la Thaïlande d’« agresseur » et évoque l’occupation de certaines portions du territoire cambodgien. Un discours qui, bien évidemment, apporte de l’eau à son moulin. Neth Pheaktra a mis en avant le fait que Le Figaro s’était à la fois penché sur les dommages au patrimoine culturel, les fondements historiques et juridiques du dossier, ainsi que sur les traités et arrêts internationaux favorables à la position cambodgienne. Bangkok conteste fermement les accusations La réaction thaïlandaise ne s’est pas fait attendre. L’Air Chief Marshal Prapas Sornchaidee, directeur du Centre d’information conjoint Thaïlande-Cambodge, rejette catégoriquement les accusations. Prapas Sornchaidee estime que des accusations de cette gravité ne peuvent être fondées que sur « des faits vérifiables, une chronologie complète des événements et des preuves à l’appui ». Selon lui, il n’est pas acceptable de décrire uniquement la réponse thaïlandaise en omettant les événements qui l’ont précédée. Le général thaïlandais met en avant le fait que Bangkok a subi des attaques contre ses forces et des tirs de roquettes BM-21 ayant touché des zones civiles thaïlandaises. La Thaïlande affirme avoir agi en légitime défense pour protéger sa population et sa souveraineté. Un conflit enraciné et persistant Au-delà de cet échange médiatique, le conflit frontalier entre la Thaïlande et le Cambodge demeure l’une des crises les plus visibles d’Asie du Sud-Est. Depuis juillet 2025, les affrontements ont fait des centaines de morts, déplacé des dizaines de milliers de civils et endommagé des sites patrimoniaux d’importance mondiale. Malgré une trêve annoncée le 27 décembre 2025, engageant les deux parties à geler leurs mouvements de troupes, les tensions persistent. Après les visites en France du Premier ministre thaïlandais du roi Rama X, c’est au tour d’Emmanuel Macron de peut-être se rendre prochainement au « pays du sourire ». Un sourire qui pourrait légèrement se crisper. Par Paul Finquel – Lepetitjournal.com – 31 août 2026
Pourquoi le Vietnam délaisse le café pour le durian, ce fruit « qui rend riche » malgré son odeur nauséabonde
01 sept. 2026
L’engouement des Chinois pour ce fruit hérissé de piquants, à l’odeur très spéciale et au goût de crème pâtissière a poussé le deuxième producteur mondial de café à se tourner vers le durian, dont il est devenu le premier fournisseur du marché chinois Les hauts plateaux luxuriants du centre du Vietnam produisent environ un sixième du café mondial, mais les agriculteurs se tournent de plus en plus vers le durian face à la demande chinoise croissante pour le « roi des fruits », à l’odeur si caractéristique, forte au point de voir ce fruit interdit dans certains lieux publics en Asie du Sud-Est. « On peut vivre correctement avec le café, mais c’est le durian qui rend riche », raconte Pham Xuan Lan en faisant visiter son exploitation. Le climat tropical et le sol basaltique des hauts plateaux favorisent la culture du robusta, faisant du Vietnam le deuxième producteur mondial de café derrière le Brésil. Cependant, la superficie des terres consacrées au durian a été multipliée par plus de cinq en dix ans, pour atteindre 200 000 hectares dans tout le pays, selon le ministère de l’Agriculture. Officiellement entré sur le marché chinois du durian en 2022, le Vietnam en est devenu dès l’an dernier le premier fournisseur en termes de volume, mettant fin à près de vingt ans de domination thaïlandaise. 65 000 euros cette année, contre 8 500 pour le café Lan a été l’un des premiers à se lancer, il y a une vingtaine d’années, pour diversifier sa production. Il possède aujourd’hui 400 arbres à durian dans la province de Dak Lak (centre). Ils produisent 60 tonnes de ce fruit oblong, transporté dans des conteneurs réfrigérés jusqu’en Chine. De quoi lui rapporter autour de 65 000 euros cette année, contre 8 500 s’il était cantonné au café. « Grâce au durian, j’ai acheté une voiture, des maisons pour mes enfants et j’ai construit une villa pour ma famille », témoigne l’agriculteur de 56 ans, suivi par d’autres depuis. « Un goût aussi sucré qu’un gâteau, sans le gras » Le boom vietnamien est alimenté par la demande en provenance de la Chine voisine, où le durian jouit d’une grande popularité sur les réseaux sociaux, en particulier chez les jeunes. Sur Douyin, l’équivalent chinois de TikTok, des vidéos montrant des utilisateurs ouvrir le fruit à mains nues ont été vues des milliards de fois. Lors d’une dégustation à Pékin, Ada Song affirme avoir dépensé près de 1 000 yuans (130 euros) en durian ces dernières semaines. « J’ai essayé près de 20 variétés différentes », souligne-t-elle. « Cela a un goût aussi sucré qu’un gâteau, sans le gras ni la lourdeur ». Autrefois produit de luxe, le durian est devenu plus abordable grâce à la concurrence accrue entre la Thaïlande et le Vietnam et à l’amélioration du transport. Pékin cherche à présent à développer sa propre production, avec plus de 3 000 hectares de plantations dans la province insulaire de Hainan, dont le climat est similaire à celui du nord du Vietnam. Lan compare sa culture à l’éducation d’un enfant : « Je peux vous donner toutes les astuces, mais je ne peux pas vous garantir le même succès ». Mais « nos durians resteront toujours un complément aux durians d’Asie du Sud-Est », reconnaît Feng Xuejie, de l’Académie des sciences agricoles de Hainan. « On ne peut même pas comparer ». Sur les hauts plateaux vietnamiens, certains s’inquiètent de la dépendance à la Chine, ainsi que des risques de surproduction à mesure que de nouveaux acteurs se lancent. Beaucoup ont observé avec anxiété la récente chute des prix en Malaisie, qui a misé sur les variétés haut de gamme, attribuée à une récolte exceptionnellement abondante. Un pari risqué Les agriculteurs préviennent que le durian n’est pas un pari gagné d’avance : il exige un équilibre précis d’humidité, d’eau et d’engrais. Lan compare sa culture à l’éducation d’un enfant : « Je peux vous donner toutes les astuces, mais je ne peux pas vous garantir le même succès ». Le quinquagénaire continue de cultiver du café, ce qui lui permet de diversifier ses revenus, mais pour d’autres, le rêve du durian a déjà tourné court. Hung a abandonné totalement le café pour le durian il y a cinq ans, avant de revenir en arrière deux ans plus tard, admettant qu’il était trop difficile d’atteindre la qualité requise. « Je n’y suis pas arrivé », regrette cet homme de 42 ans. « Je ne retournerai jamais au durian ». Sud Ouest avec Agence France Presse – 30 août 2026
Vietnam, les célébrations au sanctuaire marial de La Vang
01 sept. 2026
Les célébrations exceptionnelles de 2026 en l’honneur de la Vierge de La Vang ont été accompagnées d’un moment de réflexion et de prière: le 32e Congrès national du pèlerinage de La Vang, consacré au thème «Marie, messagère de la Bonne Nouvelle». «La Vang est comme le sanctuaire de Lourdes du Vietnam», observe le père Landry Varenne, prêtre vietnamien des Missions étrangères de Paris, en référence aux pèlerinages impressionnants qui marquent la solennité de l’Assomption. Se rendre auprès de Marie, «chez la Maman», pour trouver le réconfort et apprendre à être de véritables disciples et missionnaires: tel est le sens des célébrations grandioses qui ont marqué les festivités en l’honneur de Notre-Dame de La Vang, organisées du 13 au 15 août au Vietnam, dans le sanctuaire national du même nom situé dans l’archidiocèse de Hué. «Ce sanctuaire est le cœur de la foi pour les Vietnamiens, qui sont particulièrement dévots à la Vierge de La Vang pour des raisons historiques et identitaires. La Vang est comme le sanctuaire de Lourdes du Vietnam», observe le père Landry Varenne, prêtre vietnamien des Missions étrangères de Paris, en référence aux pèlerinages grandioses qui marquent la solennité de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie. Les pèlerins sont venus du nord, du sud et du centre du Vietnam, ainsi que des communautés de la diaspora, et ont dépassé cette année les 200 000, selon les estimations de l’Église locale. L’amour et le sacrifice d’une mère Les célébrations exceptionnelles de 2026 en l’honneur de la Vierge de La Vang ont été accompagnées d’un moment de réflexion et de prière: le 32e Congrès national du pèlerinage de La Vang, consacré au thème «Marie, messagère de la Bonne Nouvelle». Le père Francis Cuong, des Frères du Sacré-Cœur de Jésus, congrégation fondée il y a cent ans dans le diocèse de Hué, est aujourd’hui missionnaire aux États-Unis et revient tout juste d’un pèlerinage à La Vang. «En définitive — explique-t-il lors d’un entretien avec les médias du Vatican —, pour un fidèle vietnamien, se rendre à La Vang ne consiste pas seulement à effectuer un pèlerinage vers un sanctuaire, mais littéralement à “rentrer chez la Maman” pour trouver un réconfort face aux épreuves de la vie». Le peuple vietnamien, poursuit-il, «nourrit un amour profond pour la Vierge Marie, notamment parce que l’image de la mère, dans la culture vietnamienne, incarne le sacrifice et l’amour inconditionnel, et constitue le pilier de la société, autrefois matriarcale. C’est aussi pour cette raison qu’il est de tradition que tous les fidèles viennent vers Marie pour lui exprimer leur amour et lui demander des grâces». Un exemple pour les Vietnamiens Le père Francis souligne la foi du peuple: «Tout le monde croit en ce que Marie a dit à nos ancêtres en 1789, à savoir qu’elle ne nous abandonnera jamais. Nous croyons que notre Mère exauce nos prières pour le pays, pour l’Église au Vietnam, pour la paix». La dévotion du peuple, raconte-t-il, s’exprime à travers des pratiques telles que la messe, le sacrement de la réconciliation, le Chemin de croix, la célébration de l’heure de la miséricorde: «Les fidèles se sentent dans le cœur de la Mère, sous son manteau; Marie est leur refuge». Et il y a aussi une dimension missionnaire que le congrès de cette année a fortement mise en avant: «Les gens apprennent, à l’exemple de Marie, à porter le Seigneur et son amour à leur prochain», note-t-il. Les origines de la dévotion L’origine de la dévotion à La Vang remonte à 1798, à l’une des périodes de persécution la plus dure contre les chrétiens de l’histoire du Vietnam. L’empereur Canh Thinh ordonna la destruction des églises et la répression des catholiques, alors considérés comme des adeptes d’une «religion étrangère». De nombreux fidèles furent contraints de fuir et trouvèrent refuge dans la jungle dense de La Vang, où ils vivaient tourmentés par la faim, la maladie et le froid, craignant d’être découverts et tués. Chaque soir, les réfugiés se rassemblaient sous un grand banian, allumaient un feu et priaient le chapelet. Au cours d’une de ces prières nocturnes, une Dame enveloppée de lumière est apparue, vêtue d’une robe traditionnelle vietnamienne, l’Enfant dans les bras et deux anges à ses côtés. Son message était avant tout un message de consolation: «Mes enfants, soyez forts et ayez la foi. J’ai entendu vos prières». Ce n’est pas un détail anodin que Marie apparaisse précisément avec les traits et les vêtements d’une femme vietnamienne. Son iconographie, largement diffusée par l’Église locale surtout depuis la fin du XXe siècle, exprime un lien profond entre foi et identité. Après des siècles durant lesquels les catholiques ont été accusés d’appartenir à une «religion étrangère», la Vang «témoigne qu’on peut être pleinement catholique et, en même temps, pleinement vietnamien», affirment aujourd’hui les évêques. Une foi qui est une mémoire vivante C’est avant tout l’image d’une Mère qui partage la souffrance de ses enfants: Marie apparaît aux persécutés, aux malades et aux réfugiés sans défense. C’est pourquoi la Vierge de La Vang est devenue «la Mère du refuge», une présence qui apaise les blessures d’un peuple marqué par les guerres, les invasions et les persécutions. Aujourd’hui encore, les pèlerins cherchent à faire revivre ce souvenir: ils dorment sous des tentes à l’ombre des banians, prient le chapelet et, lors des célébrations, évoquent à travers des représentations théâtrales la fuite de 1798 et l’apparition de la Vierge. La dévotion devient ainsi une mémoire vivante, capable d’unir l’histoire de la foi à la vie concrète des communautés. Par Paolo Affatato – Vatican News – 18 août 2026
Les experts vietnamiens à l’étranger unissent leurs efforts pour développer le nucléaire national
01 sept. 2026
Le Réseau des experts vietnamiens de l’énergie nucléaire à l’étranger (VietNuc) a organisé, le 29 août à l’École polytechnique de Paris, un séminaire consacré au programme nucléaire vietnamien, réunissant des spécialistes issus de plusieurs institutions de premier plan au Vietnam, en France et dans le monde. Organisé en présentiel et en ligne, le séminaire a porté sur l’état actuel et les perspectives du programme nucléaire vietnamien, le développement des ressources humaines, les petits réacteurs modulaires (PRM), les expériences en matière de sûreté nucléaire et de prolongation de la durée de vie des centrales, ainsi que la mobilisation des experts vietnamiens à l’étranger au service du programme national. Selon Bùi Nguyên Hoàng, représentant de VietNuc et modérateur du séminaire, cette rencontre visait principalement à créer un espace d’échange entre les membres du réseau et à renforcer les liens avec les milieux spécialisés au Vietnam et à l’étranger. VietNuc concentre actuellement ses activités sur cinq axes : l’organisation de séminaires spécialisés, la contribution aux consultations sur les politiques publiques, la diffusion des connaissances sur l’énergie nucléaire, le soutien aux programmes de formation au Vietnam et le renforcement des liens entre ses membres, les organismes nationaux et les organisations internationales. Partage d’expériences internationales Parmi ses initiatives récentes figure l’élaboration d’un « Manuel de questions-réponses sur l’énergie nucléaire », destiné à répondre aux interrogations du public à partir d’informations scientifiquement fondées et présentées dans un langage accessible. Lors du séminaire, Nguyên Hoàng Linh, directeur du Département de la sûreté nucléaire et de la radioprotection du ministère vietnamien des Sciences et des Technologies, a présenté l’état actuel et les perspectives du programme nucléaire national. Il a souligné que le développement de l’énergie nucléaire nécessitait une préparation globale, portant notamment sur le cadre juridique, les capacités de gestion, la sûreté et la sécurité nucléaires, les ressources humaines et la coopération internationale. La formation des ressources humaines constitue ainsi l’un des facteurs déterminants pour la mise en œuvre à long terme du programme. Xavier Perrette, vice-président chargé des relations internationales de l’Institut national des sciences et techniques nucléaires (INSTN), relevant du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), a partagé l’expérience française en la matière. Selon lui, la formation doit commencer suffisamment tôt, s’inscrire dans une stratégie de long terme et être adaptée aux différentes étapes du programme, de la gestion et de la conception à la construction, l’exploitation et le contrôle de la sûreté. Le séminaire a également examiné les perspectives des petits réacteurs modulaires (PRM). Vu Thanh Mai, experte de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a présenté les tendances mondiales et les principales technologies actuellement étudiées. Les PRM pourraient offrir de nouvelles possibilités grâce à leur puissance plus limitée, leur conception modulaire et leur flexibilité. Les experts ont toutefois souligné la nécessité d’évaluer soigneusement leur maturité technologique, leur potentiel de commercialisation, leurs coûts, les exigences réglementaires et les conditions de sûreté avant tout choix technologique. Une table ronde consacrée au « Programme nucléaire du Vietnam et perspectives mondiales » a réuni des représentants des organismes vietnamiens compétents et des experts d’EDF, du CEA, de l’INSTN, de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA), de l’AIEA et de VietNuc. Les échanges ont mis en évidence plusieurs priorités pour le Vietnam : perfectionner le cadre institutionnel, former les ressources humaines, développer une solide culture de sûreté nucléaire, sélectionner des technologies adaptées, renforcer les capacités de gestion des projets et consolider la coopération entre organismes de réglementation, instituts de recherche, universités, entreprises et experts internationaux. Créé en juillet 2025, VietNuc compte actuellement plus de 100 membres actifs et entretient des liens avec quelque 200 experts à travers le monde. Ses membres travaillent notamment dans les domaines de la gestion nucléaire, de l’ingénierie, de la construction, de la gestion de projets et de la recherche en France, au Royaume-Uni, en Autriche, en Belgique, en Italie et au Vietnam. Depuis sa création, le réseau a participé aux consultations techniques sur l’élaboration de la loi sur l’énergie atomique et des textes réglementaires relatifs aux centrales nucléaires et aux réacteurs de recherche. Il a également contribué à des programmes de formation universitaire, organisé des séminaires spécialisés et participé à la diffusion des connaissances scientifiques sur l’énergie nucléaire. Le séminaire organisé à l’École polytechnique de Paris illustre ainsi le rôle des experts vietnamiens à l’étranger en tant que passerelle entre les besoins du pays et l’expérience, les technologies et les systèmes de formation internationaux. La mobilisation efficace de ces ressources humaines contribuera à renforcer les capacités du Vietnam sur les plans institutionnel, humain et technique, ainsi qu’à développer une solide culture de sûreté, créant ainsi les conditions nécessaires à un développement prudent, sûr et durable du programme nucléaire national. Agence Vietnamienne d’Information – 31 août 2026
Le marché aérien attire de nouveaux acteurs malgré la pression des coûts
01 sept. 2026
Porté par la croissance de la demande de transport de passagers et de fret, le marché aérien vietnamien attire une nouvelle vague d’investisseurs et de compagnies aériennes. Toutefois, l’intensification de la concurrence met de plus en plus à l’épreuve la solidité financière, l’efficacité opérationnelle et la capacité des acteurs à faire face aux chocs de coûts imprévus. Selon les Perspectives du marché commercial de Boeing, le Vietnam figure parmi les marchés de l’aviation à la croissance la plus rapide de la région. Au premier semestre 2026, le marché a transporté 45,49 millions de passagers et 813.200 tonnes de fret, soit des hausses respectives de 9,8% et 16,4% par rapport à la même période de l’année précédente, selon l’Autorité de l’aviation civile du Vietnam. Ce potentiel de croissance a attiré d’importants groupes privés dans les activités de transport aérien et les infrastructures aéroportuaires. Le groupe T&T est devenu actionnaire stratégique de Vietravel Airlines, tandis que le groupe Sun a créé Sun PhuQuoc Airways, développant un modèle de compagnie aérienne adossé à son écosystème touristique et de villégiature. Crystal Bay a fondé Crystal Bay Airlines avec un capital initial de 300 milliards de dôngs, soit 11,5 millions de dollars, tandis que LOTHA Airlines, basée à Dông Nai, a fait son entrée sur le marché avec un capital de 10 milliards de dôngs. Les infrastructures aéroportuaires attirent également d’importants investissements. Le groupe Masterise a créé Masterise Airport Company en août 2025 avec un capital initial de 29.300 milliards de dôngs. Malgré l’arrivée de nouveaux acteurs, le marché intérieur reste fortement concentré. Selon un rapport publié début 2026 par Saigon-Hanoi Securities, Vietnam Airlines et Vietjet représentent à elles deux environ 85 à 90% du marché de l’aviation domestique. Parallèlement, Bamboo Airways, Pacific Airlines et Vietravel Airlines poursuivent leur restructuration, notamment sur les plans financier, de la flotte et du réseau de lignes. Bamboo Airways a notamment réduit ses liaisons intérieures et internationales, sa flotte étant passée de 44 appareils en haute saison à seulement trois. Les difficultés rencontrées par les compagnies aériennes se sont accentuées cette année, la hausse des prix du carburant, les fluctuations des taux de change et la pénurie d’avions pesant de plus en plus sur les coûts d’exploitation. Le prix du kérosène Jet A1 importé de Singapour a dépassé 230 dollars le baril au deuxième trimestre, à la suite de l’escalade du conflit au Moyen-Orient début mars. Bien que les prix aient ensuite reculé pour s’établir autour de 160 à 170 dollars, ils sont restés nettement supérieurs aux niveaux prévus par de nombreuses compagnies aériennes dans leurs plans d’affaires annuels. Vietjet a enregistré un chiffre d’affaires consolidé de près de 30.500 milliards de dôngs au deuxième trimestre, en hausse de 71% sur un an, tandis que son bénéfice avant impôt a chuté de 47%, à 349 milliards de dôngs. La compagnie a par la suite abaissé son objectif de chiffre d’affaires consolidé pour 2026, de 101.400 milliards à 86.800 milliards de dôngs, et son objectif de bénéfice avant impôt, de 3.000 milliards à 2.400 milliards de dôngs. Au premier semestre, Vietjet a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de plus de 51 500 milliards de dôngs, en hausse de 44%, tandis que son bénéfice net a progressé de 6%, à 1.300 milliards de dôngs. Vietnam Airlines a également subi des pressions sur ses coûts. Au deuxième trimestre, son chiffre d’affaires consolidé a augmenté de plus de 36%, à près de 38.400 milliards de dôngs, mais le coût des biens et services vendus a bondi de 59%, dépassant 36.600 milliards de dôngs. Le bénéfice brut a ainsi chuté de plus de 3.200 milliards de dôngs pour s’établir à environ 1.700 milliards de dôngs, contribuant à une perte nette consolidée d’environ 600 milliards de dôngs, sa première perte trimestrielle depuis le début de 2024. Trân Van Huu, directrice financière et comptable en chef de Vietnam Airlines, a déclaré que la seule hausse des prix du carburant aurait pu alourdir les coûts de la compagnie de plus de 7.000 milliards de dôngs au deuxième trimestre. Les mesures d’atténuation mises en œuvre ont permis de réduire cet impact négatif d’environ 5.000 milliards de dôngs. Les fluctuations des taux de change constituent un autre défi, près de 60% des coûts des compagnies aériennes étant libellés en devises étrangères, notamment les contrats de location d’avions, les pièces détachées et les services de maintenance. Vietnam Airlines estime qu’une hausse de 1% du taux de change pourrait entraîner environ 300 milliards de dôngs de coûts supplémentaires. L’impact des fluctuations des taux de change en 2026 est estimé à quelque 500 milliards de dôngs. La disponibilité des avions exerce également une pression supplémentaire sur les compagnies. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales et les problèmes de moteurs, notamment les rappels concernant certains moteurs Pratt & Whitney, ont entraîné l’immobilisation de plusieurs appareils et accentué la pénurie d’avions. Lors de l’assemblée générale annuelle de Vietnam Airlines en 2026, son président, Dô Ngoc Hoa, a déclaré que cette pénurie pourrait persister pendant plusieurs années. Il a précisé que les avions actuellement commandés auprès de constructeurs tels que Boeing et Airbus pourraient ne pas être livrés avant 2033-2034. Le secteur vise néanmoins une croissance à deux chiffres en 2026, avec environ 95 millions de passagers et plus de 1,6 million de tonnes de fret transportés, soit des hausses respectives de 13% et 15%. Agence Vietnamienne d’Information – 31 août 2026
Attaques dans le sud de la Thaïlande: «Une dynamique nationale inachevée»
27 août 2026
Des dizaines d’attaques coordonnées sont survenues le week-end dernier dans le sud de la Thaïlande, faisant des blessés. Elles n’ont pas été revendiquées à ce stade. Ces attaques ont poussé les autorités à réagir. Depuis plusieurs décennies, le conflit perdure dans les provinces concernées. Entretien avec Sophie Boisseau du Rocher, spécialiste de l’Asie du Sud-Est et ancienne chercheuse à l’Institut français des relations internationales (Ifri). RFI : Le week-end dernier, plus de cinquante attaques ont eu lieu en une seule nuit dans le sud de la Thaïlande, où un conflit larvé dure. Comment comprendre ce pic de violences, à la fois coordonné et démonstratif ? Sophie Boisseau du Rocher : Vous l’avez indiqué : il s’agit d’un conflit ancien dans un espace limité. Les protagonistes, les différents groupes armés, se fréquentent et certains membres ont même changé d’affiliation au fil des ans et des événements. Ils peuvent, le cas échéant, lancer des actions coordonnées. C’est probablement ce qu’il s’est passé le week-end dernier, avec un niveau de violence parfaitement contrôlé, et un but partagé : envoyer un premier message clair au gouvernement d’Anutin Charnvirakul. Être en position de force collective avant d’entamer une négociation permet en outre de fixer le niveau d’attente. Les faits se sont produits précisément dans les provinces de Pattani, Yala et Narathiwat. Quelles en sont les spécificités ? Concernant les groupes armés, on parle souvent du Barisan Revolusi Nasional (BRN). Quelles sont ses revendications ? Le conflit date de la colonisation, quand il a fallu établir des cartes pour fixer les territoires. Jusque-là, les différents sultanats étaient des territoires sous vassalité très relâchée du royaume de Siam. Lors du traité de 1909, pressés par les coups de butoir britanniques, les Siamois ne gardent que le sultanat de Patani, qui prospérait depuis le XVe siècle grâce au commerce, car idéalement localisé à l’entrée de la péninsule malaise. Avec comme effets immédiats, l’isolement d’un groupe religieux de ses coreligionnaires musulmans localisés de l’autre côté de la frontière (Terengganu, Kedah, Kelantan, Perlis…), et l’isolement de cette communauté au sein d’une communauté nationale majoritairement bouddhiste. Des groupes s’organisent en réaction à la politique de « thaïfication », qui a pris une nouvelle ampleur sous les gouvernements militaires des années 1950-1960. N’oubliez pas le climat très anti-communiste de l’époque où les Américains n’hésitaient pas à conseiller des politiques répressives. En 1963, le BRN est fondé. Effectivement, à l’origine, c’est un mouvement islamo-communiste. Suivi par le PULO (1968), le GMIP, le BIPP… Les revendications varient de l’indépendance totale (BIPP, PULO…) au rattachement à la Malaisie, en passant par l’autonomie – BRN, sachant qu’au sein de ce groupe, les courants vont de l’autonomie complète à l’autonomie partielle. Actuellement, le BRN est prédominant mais le fait que l’ensemble de ces groupes aient lancé une action concertée collective montrerait plutôt une possible radicalisation générale pour faire monter la pression avant une possible reprise des négociations. Depuis 2004, le pouvoir central thaïlandais maintient une présence militaire sur place, avec l’Internal Security Operations Command (ISOC), ainsi que l’état d’urgence. Des spécialistes de la région – comme la chercheuse Rungrawee Chalermsripinyorat – pointent que cette approche sécuritaire ne parvient pas à endiguer l’insurrection. Quid des pourparlers de paix ? Alors que les revendications s’apaisaient grâce à des entités administratives qui rapprochaient les communautés et qu’une politique sociale était mise en place, le gouvernement de Thaksin Shinawatra a cassé la dynamique nationale en donnant à la police nationale une marge de manœuvre militaire dont elle a abusé. Le conflit a repris plus dur à partir de 2004, en l’absence des interfaces qui ont été supprimées par le gouvernement Thaksin, alors que ces dernières permettaient de réguler les relations entre communautés et avec l’État central. Rungrawee a raison : la question musulmane en Thaïlande est une question politique qui ne se règlera pas avec des fusils mais autour d’une table. Les drames humains qui datent de cette époque (Krue Se en avril 2004, ou Tak Bai en octobre de la même année), qui ont provoqué plusieurs centaines de morts, sont à présent des événements fondateurs qui entretiennent la flamme séparatiste et les flambées de violence conséquentes. Aujourd’hui, les pourparlers de paix qui avaient formellement repris en juin dernier, patinent, en grande partie parce que depuis le coup d’État de 2014, Bangkok n’a pas répondu du fait de l’instabilité politique interne. Vu de Bangkok, la question du Sud musulman est secondaire. Le fait que le gouvernement d’Anutin, formé fin mars, soit interpellé, montre que les différents groupes n’entendent pas se faire dicter une loi dont ils ne veulent pas. Il est également vrai que les différents groupes sont las des manipulations, des faux-semblants et de la tactique répressive sur place (contrôles sur les personnes, fouilles des maisons, barrages routiers, etc.). Le conflit aurait fait plus de 7 000 morts. Comment la population civile, majoritairement musulmane mais abritant une minorité bouddhiste, vit-elle au quotidien entre les différentes forces en présence ? La population est lasse, très lasse. Elle aspire à la stabilité et non pas à cette effervescence meurtrière, et aléatoire, permanente. Les écoles sont régulièrement fermées, les hôpitaux manquent de médicaments, la suspicion demeure partout. La Malaisie propose ses bons services. Sur le fond, c’est aussi le désintérêt de Bangkok qui est dénoncé : autant celui des élites politiques qui ne veulent pas entendre parler de ce problème très localisé, que de la monarchie qui aurait tendance à soutenir l’armée. Le père du roi Rama X, Bhumipol, s’était engagé pour que l’ensemble des communautés puissent vivre dans la paix. Son fils est moins concerné par le nombre de morts et le coût humain de cette situation inachevée. Par Igor Gauquelin – Radio France Internationale – 26 août 2026
Le Cambodge renforce sa capacité de défense
19 août 2026
Le Cambodge renforce ses capacités militaires avec de nouveaux chars chinois, une première frégate et la mise en œuvre progressive du service militaire obligatoire. Le Cambodge poursuit la modernisation de ses forces armées afin de renforcer la défense du territoire et de protéger sa souveraineté. Le ministre de la Défense, Tea Seiha, affirme toutefois que cette évolution ne vise pas à préparer une confrontation avec les pays voisins. « Le Cambodge n’a aucune intention d’envahir ses voisins ni de s’engager dans une confrontation militaire », a-t-il déclaré dans un communiqué cité par le Khmer Times le 10 août. Le ministre a précisé que Phnom Penh privilégiait des équipements destinés à la protection du territoire plutôt que des armes capables d’atteindre des cibles à plusieurs centaines de kilomètres. 39 chars chinois Type 59D livrés au Cambodge Cette modernisation concerne notamment les forces terrestres. Trente-neuf chars de combat chinois Type 59D ont été livrés au port de Sihanoukville au début du mois de juin 2026. Les Type 59D sont des versions modernisées du Type 59, lui-même dérivé du char soviétique T-54. Ils disposent notamment d’un canon de 105 millimètres, de systèmes d’imagerie thermique et d’améliorations électroniques et défensives. Bien qu’ils ne soient pas comparables aux chars les plus récents en matière de protection et de capteurs, ces équipements représenteraient un renforcement des capacités blindées cambodgiennes, jusqu’ici largement composées de matériels plus anciens et de véhicules légers. Une livraison négociée avant les tensions entre le Cambodge et la Thaïlande Selon les autorités cambodgiennes, la commande des chars aurait été conclue plusieurs années avant les incidents frontaliers survenus avec la Thaïlande en 2025. Hun Sen, président du Sénat et ancien Premier ministre, a assuré que les blindés étaient destinés à la défense nationale et n’avaient pas été déployés près de la frontière. La marine cambodgienne se dote d’une première frégate Le renforcement des capacités navales constitue un autre volet de la modernisation militaire. Le ministre de la Défense a récemment inspecté un entraînement à bord du navire d’escorte numéro 622, le Koh Kong Senchey, lors d’une patrouille dans les eaux cambodgiennes. Construite avec l’aide de la Chine, cette frégate a rejoint la base navale de Ream en avril. Il s’agit du premier bâtiment de ce type intégré à la marine cambodgienne. Une seconde frégate devrait rejoindre la flotte en 2027. Le Koh Kong Senchey est présenté comme une variante du modèle chinois Type 056. D’un déplacement d’environ 1 300 tonnes, il est équipé d’un canon naval de 76 millimètres, de deux canons télécommandés de 30 millimètres, de missiles antinavires, de lance-roquettes et d’un système de défense aérienne. Il dispose également d’une plateforme permettant l’appontage d’un hélicoptère. Le service militaire cambodgien précisé par un nouveau sous-décret La modernisation de l’armée s’accompagne d’une réforme de son recrutement. Signé par le Premier ministre Hun Manet le 12 août 2026, un nouveau sous-décret précise les modalités d’application du service militaire. Un recensement annuel concernera les hommes cambodgiens âgés de 17 à 25 ans au 31 décembre de chaque année. Il sera organisé entre octobre et décembre, à partir des données des autorités locales ou au moyen d’un recensement direct. Une partie des hommes âgés de 18 à 25 ans sera ensuite sélectionnée par tirage au sort. La date du premier tirage et le nombre de recrues n’ont pas encore été annoncés. Les personnes retenues devront effectuer 24 mois de service et se présenter dans un délai de 30 jours après notification. Des allocations et des garanties pour les recrues cambodgiennes Les appelés recevront une allocation mensuelle de 400 000 riels, soit environ 100 dollars. Ils bénéficieront également de repas, de rations de riz, d’un uniforme, d’un hébergement, d’équipements et d’aides destinées aux familles et aux enfants. Le ministère de la Défense prendra en charge les soins médicaux en cas de maladie, de blessure ou d’accident. Des compensations sont également prévues pour les personnes tuées ou handicapées pendant leur service. Le dispositif prévoit par ailleurs des formations techniques et professionnelles. Les recrues pourraient ainsi acquérir des compétences utiles après leur retour à la vie civile. Des reports pouvant atteindre quatre ans au Cambodge Les étudiants, les personnes travaillant ou suivant une formation à l’étranger, ainsi que les fonctionnaires en mission hors du Cambodge, pourront demander un report d’un an, renouvelable jusqu’à quatre fois. La période de report sera ajoutée à la limite d’âge applicable au service militaire. Cette disposition doit empêcher certains citoyens d’échapper définitivement à leurs obligations en dépassant l’âge de 25 ans. Des exemptions pourront également être accordées à certains spécialistes, notamment dans les domaines de l’ingénierie, de la construction, de la santé, des télécommunications, des technologies de l’information et du déminage. En contrepartie, ils devront effectuer des travaux de recherche ou d’intérêt public pour les forces armées pendant une durée équivalente aux 24 mois de service. Le nouveau dispositif, financé par le budget national du ministère de la Défense, est entré en vigueur le 12 août 2026. Il remplace les règles fixées par un sous-décret de 2009. Lepetitjournal.com – 19 août 2026
The aid era won’t end evenly, as Vietnam is finding out
18 août 2026
Vietnam moved HIV and TB treatment onto insurance before donors left – prevention funding has nowhere similar to go. The 2025 US administration’s freeze on foreign aid blocked $4.1 billion in global health funding. Donor nations redirect funds domestically, while low- and middle-income countries face debt crises that limit health investments. As medical research specialists put it, the cuts mean “the golden age of global health is over. External financing for HIV and tuberculosis is contracting across the developing world, and countries that built their responses on donor money now face one question: whether anything was built to outlast it. If there is one country that began answering that question early, it could be Vietnam. Vietnam is a recently reclassified upper-middle-income country with a growing economy and a double burden: non-communicable disease is a leading cause of death, yet prominent communicable disease remains a serious challenge. Its tuberculosis rate is among the world’s 30 highest, and it ranks 10th for multidrug-resistant TB. Its HIV epidemic is concentrated among key populations. The responses to both diseases were historically donor-built, with external funds covering roughly 70% of the HIV response. Vietnam folded TB and HIV into its own social health insurance to absorb the cost of treatment for both. Antiretroviral therapy moved onto insurance from around 2015; tuberculosis treatment followed in 2022. While a donor grant can be withdrawn, a domestic insurance benefit is harder to cut. Vietnam converted the first into the second. The timing shows this was not accidental. A 2016 Prime Minister’s Decision set a target of full insurance coverage for people living with HIV by 2020. Coverage rose from 40% in 2014 to over 85% by 2018. Domestic resources financed 30% of the HIV response in 2015 and reached 49% by 2022, rising about 3.5% a year. The replacement financing took place while donors were still present and the outcomes held through the transition. A cohort of over 2,200 patients in northern Vietnam maintained viral suppression above 90% and retention above 87% across the switch to insurance. An early survey found 0.1% of antiretroviral patients incurred catastrophic HIV-related payments. Treatment survived the move. The regional comparison shows why this matters for allocation decisions. Measured against the treatment element of the UNAIDS 95-95-95 targets, the gradient across the Indo-Pacific is wide. In 2024, an estimated 31% of people living with HIV in Indonesia and 43% in the Philippines were on antiretroviral therapy, both below half; in Fiji, where new infections have risen roughly tenfold in a decade and the government declared an HIV outbreak in January 2025, coverage was 28%. Thailand, by contrast, treats almost all diagnosed people, with over 97% of those on treatment virally suppressed in 2025. Vietnam sits with the stronger performers on treatment coverage, and has done more than most to secure that position with domestic money. This is a straightforward lesson for donors. The transition is most complete where the task was easiest. Treatment is a discrete clinical service an insurer can pay for, and it has been domesticated. What remains a challenge is prevention and case-finding: both are diffuse and cannot readily be billed to insurance. Vietnam detects an estimated 57% of its tuberculosis cases; the remainder are undiagnosed, and finding them is not a function insurance funds. Nearly one in ten people living with HIV remains uninsured, most often the undocumented and marginalised whom a residence-based card reaches least well. A national study found a quarter of tuberculosis patients could not enrol even with active support, for lack of documentation, and that 63% of TB-affected households had faced catastrophic costs under the previous model. This could define donors’ future decisions. Domestic insurance will carry the patient who is already diagnosed and documented. It will not, on its own, find undiagnosed cases, reach criminalised populations, or fund the prevention that stops the next infection. Treatment support can taper as insurance absorbs it, but prevention and case-finding financing cannot be handed to a domestic insurer, and cutting them first is where new infections return. For governments, the corresponding task is to build a home for prevention that does not depend on an insurer: a ring-fenced budget line for case-finding and key-population outreach, and formal domestic funding for the community organisations that currently run on donor grants. Vietnam has begun this through social contracting, but it remains the least-secured part of its transition. The transferable action is to fund the construction of the domestic financing mechanism while still present, and to hold prevention financing longest, because it is the function no insurance scheme inherits. Whether it can build the equivalent sustenance for prevention, before the money is gone is the open question. With the golden age over, what follows will be determined by which functions were secured domestically before the transition, and which were left to a donor now leaving. By Mochammad Fadjar Wibowo – The Interpreter / Lowyinstitute.org – August 18, 2026
Ce que la plupart des médias ne disent pas sur les jeunes français incarcérés
18 août 2026
Attention, dossier sensible : Alors que les médias de l’Hexagone se sont récemment emparés de l’affaire des douze jeunes Français poursuivis en Thaïlande après avoir été interceptés avec d’importantes quantités de cannabis dans leurs bagages, Gavroche a recueilli de nouvelles informations sur leur situation et leurs conditions de détention. Selon nos sources, neuf sont toujours détenus et trois ont été remis en liberté sous caution. L’Association française de bienfaisance en Thaïlande (AFBT) a rencontré six d’entre eux, trois garçons et trois filles. Pour ceux qui restent derrière les barreaux et leurs familles, deux difficultés dominent désormais : l’argent et l’organisation de leur défense. Six jeunes rencontrés par l’AFBT Un bénévole de l’AFBT a rencontré six des Français concernés. Depuis ces visites, l’une des trois jeunes femmes a obtenu sa remise en liberté sous caution. Ses parents avaient fait le voyage jusqu’en Thaïlande et étaient présents au moment de la décision. Les cinq autres restent incarcérés. Selon les informations recueillies par Gavroche auprès de l’association, ils ne disposent pas des moyens financiers nécessaires pour payer une caution ou apporter des garanties suffisantes permettant d’écarter le risque de fuite. Les trois Français libérés sous caution restent toutefois bloqués en Thaïlande : leurs passeports ont été retenus dans l’attente de la suite de la procédure. Une prochaine échéance judiciaire est attendue au début du mois de septembre. Des modes opératoires qui peuvent différer Malgré les similitudes entre les arrestations, les circonstances dans lesquelles ces jeunes Français se sont retrouvés à transporter du cannabis ne sont pas nécessairement identiques. Selon le témoignage recueilli par Gavroche auprès de l’AFBT, l’une des jeunes femmes rencontrées affirme s’être retrouvée impliquée après que son compagnon lui eut confié une valise à transporter. Ce témoignage invite à ne pas réduire les douze affaires à un mode de recrutement unique via les réseaux sociaux. Les circonstances, les relations entre les personnes impliquées et leur connaissance du contenu des bagages peuvent différer d’un dossier à l’autre. Certains proches affirment également que les jeunes pensaient transporter des smartphones ou du matériel électronique et ignoraient la présence de cannabis. Le cas d’un Français de 20 ans originaire d’Amiens a notamment été documenté : 16,8 kilos ont été découverts dans une valise cadenassée qu’il transportait avec un autre Français. Ces affirmations restent celles des intéressés et de leurs proches. La justice devra établir, dans chaque dossier, ce que les transporteurs savaient réellement du contenu des bagages. En France, le Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco) a ouvert des investigations afin d’identifier les éventuels commanditaires et de comprendre les mécanismes de recrutement. Trouver un avocat, mais à quel prix ? Pour les familles, l’une des principales difficultés consiste désormais à organiser la défense. Selon les informations recueillies par Gavroche auprès de l’AFBT, choisir un avocat est particulièrement difficile en raison du manque de visibilité sur le coût total de la procédure. Certaines familles reçoivent une première estimation des honoraires avant de voir apparaître des frais supplémentaires à mesure que le dossier avance. Il ne s’agit donc pas seulement de trouver un avocat capable d’assurer la défense devant la justice thaïlandaise, mais aussi de connaître suffisamment tôt le budget nécessaire. À plusieurs milliers de kilomètres de leurs enfants et souvent peu familières du système judiciaire thaïlandais, les familles doivent ainsi gérer une procédure dont elles peinent parfois à anticiper le coût. En prison, l’argent est le nerf de la guerre L’argent ne sert pas seulement à payer les avocats ou une éventuelle caution. En prison, il permet notamment d’acheter de la nourriture et des produits d’hygiène. Pour les détenus dont les familles vivent en France, l’AFBT peut également servir de relais pour certaines questions matérielles. Les contacts avec les proches restent limités. Les jeunes peuvent en principe communiquer avec leur famille via Line une fois par mois pendant une vingtaine de minutes, à condition qu’aucun problème technique n’empêche l’échange. Des communications supplémentaires peuvent exceptionnellement être accordées, mais elles restent à la discrétion de l’administration pénitentiaire. Les visites des bénévoles de l’AFBT prennent donc une importance particulière. Elles permettent aux détenus de quitter momentanément leur cellule pour une visite et, surtout, d’échanger en français. Le 17 juin, un changement déterminant Pour comprendre pourquoi ces affaires conduisent désormais plus facilement à la détention, il faut revenir au 17 juin 2026. Face à l’augmentation des exportations clandestines, les douanes thaïlandaises ont instauré une pénalité de 30 000 bahts par kilogramme de cannabis saisi, en plus de la confiscation de la marchandise. Dans un communiqué publié le 13 août, l’ambassade de France à Bangkok rappelle que le non-paiement de cette amende entraîne un placement en détention dans l’attente du jugement et que les peines encourues peuvent aller jusqu’à dix ans de prison. Le durcissement répond à un phénomène déjà massif. Entre octobre 2025 et mai 2026, les douanes thaïlandaises avaient recensé 2 983 affaires portant sur 35 tonnes de cannabis destiné à l’exportation illégale, pour une valeur supérieure à 445 millions de bahts. Jusqu’alors, la confiscation constituait la principale réponse douanière. Face à l’ampleur des saisies et aux profits réalisables dans les pays de destination, les autorités ont estimé cette mesure insuffisamment dissuasive. Un durcissement trois semaines après la visite d’Anutin en France La chronologie mérite également d’être relevée. Du 22 au 26 mai, le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul effectuait un déplacement officiel en France. Le 25 mai, il rencontrait Emmanuel Macron à l’Élysée. Paris et Bangkok ont alors adopté un plan d’action conjoint pour 2026-2028 prévoyant notamment un renforcement de leur coopération dans le domaine de la sécurité. Trois semaines plus tard, le 17 juin, les douanes thaïlandaises durcissaient les sanctions contre les exportations clandestines de cannabis. Aucun élément public ne permet toutefois d’établir un lien entre ces deux événements. Les comptes rendus officiels de la visite ne mentionnent pas spécifiquement le trafic de cannabis et les autorités thaïlandaises justifient leur décision par l’augmentation des saisies. Une question demeure néanmoins : l’essor des exportations clandestines de cannabis thaïlandais vers la France et l’Europe a-t-il été évoqué lors de la visite d’Anutin ou dans les échanges bilatéraux qui l’ont accompagnée ? À ce stade, rien ne permet de l’affirmer. Le temps judiciaire commence Pour les jeunes encore détenus, les préoccupations sont désormais très concrètes : vivre au quotidien en prison, maintenir le contact avec leurs proches et préparer leur défense. Pour leurs familles, l’enjeu est tout aussi immédiat : trouver les moyens financiers nécessaires et comprendre un système judiciaire qu’elles connaissent peu. La prochaine étape devrait intervenir rapidement. Une échéance judiciaire est attendue au début du mois de septembre. Gvroche-thailande.com – 16 août 2026
Au Cambodge, les touristes désertent les temples d’Angkor par « peur » du conflit à la frontière
18 août 2026
Bordées de statues majestueuses, les allées du temple d’Angkor Wat, fierté du Cambodge, sont inhabituellement clairsemées à cette période de l’année. Le conflit à la frontière avec la Thaïlande, à moins de deux heures de route, fait « peur » à certains touristes. Bun Ratana court après les clients autour des vestiges centenaires de l’empire khmer, lentement grignotés par la végétation. Depuis plusieurs jours, ce guide a de plus en plus de mal à vendre ses services. « Mes revenus ont beaucoup baissé », raconte-t-il à l’AFP alors que les fêtes de fin d’année marquent traditionnellement la saison haute. Il dit n’avoir gagné que 150 dollars depuis le début du mois — loin des 800 empochés en décembre l’an dernier — à cause des affrontements frontaliers avec le voisin thaïlandais, qui ont fait une quarantaine de morts et des centaines de milliers de déplacés. « Certains touristes ont peur, mais on ne craint rien ici à Siem Reap », assure le guide après avoir récemment déploré une dizaine d’annulations. Garé devant Angkor Wat, le plus célèbre temple du site archéologique classé à l’Unesco, le chauffeur de tuk-tuk Nov Mao affirme de son côté avoir perdu la moitié de sa clientèle depuis la reprise des combats, le 7 décembre. Un secteur à l’arrêt Avec un nombre record de 6,7 millions de visiteurs internationaux l’an passé, le Cambodge dépend fortement du tourisme, qui représente près de 10% de son PIB. Les ventes de billets pour le site d’Angkor, de loin la première attraction du pays, ont chuté de près de 20% en moyenne entre juin et novembre par rapport à la même période de 2024, selon les données de l’opérateur Angkor Enterprise. Les chiffres confortent l’impression visuelle sur place, où Run Kea, vendeuse de vêtements, a le sentiment que les touristes, aussi bien étrangers que locaux, ont « disparu ». « Je pense qu’ils ont peur. C’est aussi mon cas », témoigne la quadragénaire. À un peu plus de 400 kilomètres de là, à Bangkok, les minibus proposant habituellement le trajet de 6 heures jusqu’à Angkor sont au garage depuis que le Cambodge a suspendu les passages frontaliers samedi dernier. Prasit Chankliang, propriétaire de l’agence thaïlandaise Lampoo Ocean Travel, ne sait pas quoi dire aux clients qui souhaitent se rendre dans le pays voisin par la route, une option plus économique que l’avion. « On peut seulement leur répondre qu’ils ne peuvent pas y aller », explique-t-il. « On ne sait pas du tout quand les voyages pourront reprendre ». Une lueur d’espoir Les affrontements meurtriers entre la Thaïlande et le Cambodge, qui se disputent des morceaux de territoire le long de leur frontière, n’ont pas complètement mis le tourisme à l’arrêt. Dorothy, une Américaine, savait à quoi s’attendre au niveau logistique et n’était « pas inquiète » à l’idée de se rendre à Angkor malgré la proximité relative des combats. « On est très heureux d’être venus et on se sent en sécurité pour l’instant », confirme l’Allemande Kay Florek, arrivée à Siem Reap avec sa famille après avoir pourtant eu vent de tirs d’artillerie à moins de deux heures de là. « C’est surtout à la frontière que c’est dangereux », estime Elliot, un Canadien de 35 ans, depuis la célèbre rue des routards de Bangkok, Khao San Road. « On ne ressent aucune menace ici ». L’impact du conflit se fait davantage sentir auprès des commerçants, qui espèrent une sortie de crise rapide. « Plus vite la guerre prendra fin et plus vite les touristes reviendront », avance Thim Sereyvudh, en charge du tourisme dans la province de Siem Reap. « Même si elle ne s’arrête pas aujourd’hui, j’espère qu’on pourra savoir très bientôt dans quelle direction les choses vont évoluer ». GEO Magazine avec Agence France Presse – 7 août 2026