Encadrement : • Alexander ERESKOVSKY - DR CNRS – UMR 7263 IMBE - 04 91 04 16 21 alexander.ereskovsky@univmed.fr • Didier AURELLE – MC Aix-Marseille Université – UMR 7263 IMBE - 04 91 04 16 18 didier.aurelle@imbe.fr
Les grands épisodes de mortalité (qui tendent à s’accroître) changent la structure des populations des gorgones (Cupido et al., 2012). Une meilleure connaissance de la structure démographique et de sa dynamique pourrait donc apporter des informations quant aux réponses des populations et communautés marines au changement climatique (Pradal and Millet, 2006) (Linares et al., 2007). La reproduction, élément clé de la stratégie de vie d’un organisme, joue un rôle clé dans la structure et la dynamique de distribution des populations benthiques (Fiorillo et al., 2013). Paramuricea clavata est une espèce gonochorisme (sexes séparés), dont la fécondation a lieu sur ou dans la colonie maternelle qui investit essentiellement son énergie dans la reproduction sexuée chaque année (Linares et al., 2007). La phénologie est l’étude de l’apparition d’événements morphologiques et physiologiques de la reproduction au cours du cycle de vie et de leurs changements périodiques en réponse aux fluctuations environnementales (Ereskovsky et al., 2013). La phénologie est donc un marqueur précoce de la réponse des organismes aux stimuli environnementaux. La phénologie en milieu terrestre est déjà considérée comme l’un des plus fort bio-indicateurs du réchauffement climatique (CaraDonna et al., 2014). De plus étudier la gamétogenèse est essentiel car elle joue un rôle majeur dans la reproduction non seulement parce qu’elle assure la descendance nécessaire pour maintenir les population, mais également parce qu’elle fournit la recombinaison nécessaire pour faire face aux changement de l’environnement (Ribes et al., 2007). Ce projet vise à étudier l’impact des fluctuations environnementales sur la phénologie de la gorgone rouge Paramuricea clavata dans les eaux marines côtières de la baie de Marseille. Au préalable, afin de préciser les limites des ‘populations’ échantillonnées et de préciser le contexte de l’étude, une étude populationnelle a été réalisée. La seconde étape a été de caractériser l’objet d’étude en histologie. Un sexe ratio (proportion de mâles par rapport aux femelles au sein d’une population) (Kahng et al., 2011) a ensuite été établi afin d’avoir une meilleure vision de la structure de reproduction des populations. Pour chacun des sexes le cycle de gamétogenèse a été décrit. La classification des différents stades de la gamétogenèse a été fait pour chacun des deux sexes à partir des modifications morphologiques se produisant au cours du cycle. Un paramètre de la reproduction essentiel pour comprendre la dynamique des populations est l’étude de la fécondité. La fécondité (nombre de gonades distinctes observées au sein d’un même polype) et l’effort reproducteur (pourcentage de l’aire occupée par les gonades par rapport à l’aire totale de tissus de polype) ont été calculés chaque mois. Afin d’émettre des hypothèses quant à l’implication des fluctuations thermiques sur le développement phénologique, des courbes couplées entre la fécondité et la température ont été réalisées. Une étude environnementale a également été initiée pour, à terme, évaluer l’influence des fluctuations environnementales sur les populations. Cette recherche c’est concentrée essentiellement sur l’étude des températures (données réelles et modélisées) et sur une modélisation de connexion hydrologique (cette dernière constituant une seconde approche de l’étude de connectivité entre les populations).