Les interventions culturelles publiques se sont développées dans une double perspective politique : la construction du sentiment d’appartenance nationale, d’un côté, et la réalisation d’un droit pour tous à la culture comme achèvement de l’Etat Providence, de l’autre. C’est ainsi, qu’en France, un accord s’est noué autour de la responsabilité des pouvoirs publics dans la mise en oeuvre des moyens nécessaires à la réalisation de ces ambitions. Longtemps revendiquée avec succès, la domination de l’Etat sur ces questions a progressivement laissé place à une situation de pilotage politique plus incertaine. Mais depuis une vingtaine d’années les autorités urbaines jouent en la matière un rôle essentiel de coordination, de mise en oeuvre et de financement des politiques culturelles. Par son histoire, le site grenoblois est particulièrement lié à cette catégorie d’interventions publiques (associations d’éducation populaire, équipements publics – Maison de la Culture -, rénovation des politiques du patrimoine, etc.), ainsi qu’à l’analyse des transformations qu’elle a connues. Le laboratoire PACTE (héritier du CERAT), UMR CNRS 5194, a été le lieu de naissance d’un modèle d’analyse des politiques publiques (travaux de P. Muller et B. Jobert) qui a fortement marqué au niveau national et international la recherche en ce domaine. Au sein de PACTE, G. Saez, M. Pongy, A. Faure, J.-P. Bozonnet et Ph. Teillet, notamment, ont développé des travaux de recherches portant sur les politiques publiques de la culture. En 1989 a été créé l’Observatoire des Politiques Culturelles (OPC) de Grenoble principalement pour accompagner la décentralisation et la déconcentration des politiques culturelles. Parrainé par le ministère de la Culture, l’Université Pierre Mendès France, l’IEP de Grenoble et le CERAT, l’OPC est une structure de recherche et de formation sur les politiques culturelles. Il a assuré depuis 1991 la mise en oeuvre d’une des premières formations de 3è cycle en ce domaine (DESS) créée en 1984 en formation continue (option « Cadres Culturels Territoriaux »). C’est en 1991 qu’une formation initiale a été crée au sein de l’IEP de Grenoble (option « Métiers de la Culture »). La spécialité «Direction de Projets Culturels » assure aujourd’hui l’organisation et la mise en oeuvre de ces deux formations dans le cadre d’un Diplôme National de Master. Ces dernières décennies, la démocratisation culturelle a eu le quasi monopole de la légitimation des interventions publiques en ce domaine, mais elle n’en constitue plus désormais l’unique référentiel. La préservation de la diversité culturelle, l’attractivité et le dynamisme des territoires, le soutien aux industries culturelles ou la cohésion sociale en sont aujourd’hui d’autres finalités légitimes. Parallèlement la mondialisation croissante des échanges de biens, de services et d’informations (culturels notamment), la construction d’une nouvelle entité régionale, l’Union Européenne, la décentralisation et la territorialisation des politiques publiques, la recomposition des territoires (intercommunalités), la déstabilisation des limites entre interventions publique et privée, placent l’enjeu culturel dans un contexte qui interroge les frontières ainsi que les distinctions établies par les gouvernements et leurs administrations. La montée en puissance des enjeux culturels (diversité culturelle, multiculturalisme, dialogue interculturel) aux côtés des questions artistiques plus traditionnelles (formation, création, diffusion), celle d’enjeux transversaux (culture et éducation, culture et développement durable, culture et régénération urbaine, culture et lien social, culture et emploi, etc.) au-delà d’approches plus sectorielles, invitent aussi à de nouveaux débats sur les orientations de l’action publique culturelle. Dans un contexte économique de plus en plus tendu, les périmètres d’action des pouvoirs publics sont conduits à évoluer et les acteurs culturels fortement invités à poser les bases de nouveaux modèles économiques pour leurs activités (du mécénat à l’économie sociale et solidaire). Enfin, le recours dominant à des fonds publics exige une grande rigueur dans leur gestion, tout en étant capable d’articuler le volontarisme politique avec des dynamiques culturelles et artistiques émanant des populations. C’est pourquoi, l’objectif global de la spécialité « Direction de Projets Culturels » du Master « Politiques Publiques et Changement Social » est de former des responsables capables de concevoir et de mettre en oeuvre des projets permettant aux collectivités publiques de répondre de façon pertinente à ces nouveaux enjeux. Organisation pédagogique La Spécialité « Direction de Projets Culturels » est une formation pluridisciplinaire (science politique, histoire, sociologie, économie, gestion, communication) orientée vers les domaines culturels. Elle est structurée en modules théoriques et pratiques, se déroulant à l’IEP ou sur sites. Chaque année de la formation (année 1 et année 2) compte environ vingt-cinq d’étudiants issus de filières diverses et originaires de la France entière et de l’étranger. Les deux années de la Spécialité comprennent environ 600 heures d’enseignements présentiels, hors stages et séjours académiques à l’étranger. Une vingtaine d’enseignants de l’Institut d’Etudes Politiques, de l’Université Pierre Mendès-France, ainsi que d’autres universités assurent les cours. Près de 50 professionnels interviennent ponctuellementdans la formation. Plus de 65 % du volume des enseignements sont assuréspar des professionnels. Le suivi des quatre semestres de la Spécialité exige un temps plein. La formation dure de la mi-septembre à la fin juin de l’année suivante. La résidence dans l’agglomération grenobloise est nécessaire. Il est impossible d’occuper un emploi pendant la durée de la formation, ou de mener des études parallèles. La formation a lieu à l’IEP. Cependant un nombre important d’enseignements assurés par des professionnels se déroulent au sein des équipements et lieux culturels de l’agglomération grenobloise et en Rhône-Alpes. La pédagogie interactive s’appuie ponctuellement sur l’étude de cas concrets. Ceux-ci font l’objet de travaux collectifs ou individuels d’étudiants au cours de la formation.