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Godefroy Macaire Chabi

Journaliste

Godefroy Macaire Chabi
Ottawa-Gatineau Canada
Situation professionnelle
En poste
En simple veille
Présentation
Journaliste depuis 18 ans, j'ai surtout une expérience internationale en ayant collaboré à différents médias (BBC Français, Deutsche Welle Français, France Info, stagiaire à RFI, INA, Radio et télé Bénin, IRINEWS, Scidev.Net, Agence Science Presse etc.. ). Depuis 2011, je travaille à Radio-Canada après avoir collaboré comme chroniqueur à l'émission Tam-Tam Canada de Radio-Canada International entre 2010 et 2011. Cette large expérience a forgé ma pratique diversifiée du métier et mon regard assez nuancé et pluriel du travail journalistique tant sur le fond que sur la forme. J'ai un intérêt pour la science, la culture au sens patrimonial du terme, les enjeux de développement durable et les questions internationales.

Pays visités ou résidés: Afrique du Sud, Angleterre, Australie, Belgique, Burkina Faso, Canada, Danemark, Egypte, Ethiopie, France, Ghana, Hollande, Kenya, Libye, Malaisie, Nigeria, Qatar, Sénégal, Suède, Togo

DISTINCTIONS

  • Prix international radio AISI MEDIA AWARDS (meilleur reportage sur les technologies de l'information pour le développement- Kuala Lumpur en Malaisie, 2007)
  • Prix journalisme scientifique (Fondation du Qatar, Al Jazeera et Fédération mondiale des journalistes scientifiques, Doha 2008)
  • 2005 : Lauréat Prix AFAL « les 10 mots de la francophonie » Catégorie Journaliste dans le cadre de la journée internationale de la Francophonie
  • 2003 : Prix RFI Langue française dans le cadre de la Journée internationale de la Francophonie

VOYAGES PROFESSIONNELS

2011, Couverture Equinox Summit Energy 2030, Waterloo, Ontario, Canada

2011, Reportages au Bénin pour Dimanche magazine, première Chaîne de Radio-Canada

2009, Couverture du Sommet de Copenhague sur le changement climatique, COP 15

2009, Participation à la 6ème Conférence Mondiale des Journalistes scientifiques, Londres, Angleterre

2009, Couverture de la Conférence de CABI( Commonwealth Agriculture Bureau International) à Londres en Angleterre

2009, Participation à la Conférence du Forum africain des reporters d'investigation, FAIR, Johannesbourg, Afrique du Sud

2009, Participation et couverture du Sommet sur le partenariat avec l'Afrique sous l'égide de l'Allemagne à Abuja au Nigéria

2007 et 2009, Participation aux 12ème et 13ème édition du HIGHWAY AFRICA à Grahamstown (Afrique du Sud)

2003, 2007 et 2009, Couverture de trois éditions du Festival panafricain de cinéma de Ouagadougou, Burkina Faso

2008, Participation à la rencontre sur « Science journalists meets science in Qatar » à Doha

2008, Participation à l’Ecole d’Eté de l’Institut du Nouveau Monde avec le CIJEF (Conseil international des jeunes de la Francophonie) puis au Congrès Mondial des Jeunes à Québec (CANADA)

2007, Participation à Melbourne en Australie à la 5ème Conférence Mondiale des journalistes scientifiques

2007, Participation et couverture de la Conférence du Global knowledge Partnership, GKP à Kuala Lumpur en Malaisie

2007, Participation et couverture à Paris de la Conférence Francophone sur le Sida

2006, Participation à la 12ème Conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Nairobi au Kenya

2004, Conférencier à la 27éme Conférence annuelle de la Fédération Internationale des Archives de télévision, Paris, (à titre de communicateur)

2002, Couverture du dialogue sur les droits de propriété intellectuelle, le commerce et les ressources biologiques en Afrique Occidentale et Centrale à Dakar (Sénégal)
CV réalisé sur DoYouBuzz
SCIENCE ET CULTURE chabigodefroy.blogspot.com
Une surchauffe de neurones à l'origine du Parkinson
05 sept. 2015
Une équipe de chercheurs conduite par Louis-Éric Trudeau du Département de pharmacologie de l'Université de Montréal a publié les résultats d'une recherche dans la revue Current Biology qui démontre que la vitesse élevée de fonctionnement de certaines neurones joue un rôle dans les manifestations de la maladie de Parkinson. Les neurones en question sont indispensables dans le contrôle du mouvement du cerveau, fait remarquer l'étude. Selon l'auteur principal de la recherche Louis-Éric Trudeau, comme les neurones en question doivent produire suffisamment d'énergie pour fonctionner, cela entraîne leur épuisement et elles meurent de façon prématurée. La surchauffe des neurones elles-mêmes est provoquée par la présence de cellules ayant de nombreux embranchements. Les chercheurs constitués non seulement de l'équipe de l'Université de Montréal mais aussi des universités d'Ottawa et de Laval espèrent que la recherche pourrait ouvrir la voie à la mise au point de médicaments qui bloqueraient le dysfonctionnement quant à la production d'énergie par les neurones. (Source: Université de Montréal)
Le génome des ignames africaines comporte des séquences virales
18 déc. 2014
Des études réalisées par le Centre International en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD) et l'Institut National de Recherche Agronomique (INRA) avec d'autres partenaires comme le NRI et l'IITA viennent de démontrer que le génome des ignames africaines cultivées surtout en Afrique de l'Ouest comporte des séquences virales de badnavirus. Ces virus infectent les plantes tropicales et sont le vecteur de maladies graves. Des séquences virales avaient été découvertes chez le bananier.

La pomme de terre contre l'obésité
15 déc. 2014
Godefroy Macaire Chabi

Une étude réalisée par des chercheurs de l'Université McGill au Canada vient de démontrer qu'un extrait d'une substance contenue dans la pomme de terre et riche en polyphénols peut permettre de limiter l'obésité chez les personnes. Les chercheurs ont travaillé sur des souris qu'ils ont rendues obèses avant de leur administrer la substance en question. Ils ont constaté que les animaux ont perdu du poids. L'auteur principal de la recherche est le professeur Stan Kubow, de l'École de diététique et de nutrition humaine de l'Université McGill.

http://www.mcgill.ca/channels/fr/news/un-extrait-de-pomme-de-terre-pour-controler-l%E2%80%99obesite-240621
Ne pas cultiver l'indifférence face au patrimoine audiovisuel
28 oct. 2014
Aujourd'hui, 27 octobre, l'Unesco souligne la journée mondiale de la préservation et de la sauvegarde du patrimoine audiovisuel. Pour moi, cela revêt une importance capitale. Comme journaliste, les archives audiovisuelles représentent pour moi des matériaux de premier plan et dans mon cursus universitaire, il m'est arrivé de questionner l'intérêt que nous portons à ces documents qui s'évaporent dans plusieurs contextes dans l'indifférence totale. Le problème, la conscience de la fragilité de ce patrimoine est encore faible voire inexistante. Le contexte du tout numérique laisse aussi à penser qu'il n'y a pas danger. Or, au-delà du danger, il y a même péril en la demeure. Tenez plusieurs millions d'heures de radio, de télévision et de films risquent d'être compromises si la prise de conscience ne s'organise pas assez rapidement.  
La mémoire mondiale pourrait chauffer
06 mars 2014
Une étude publiée par Environmental Research Letters décrit un scénario inquiétant pour 136 sites du patrimoine mondial de l'UNESCO. En effet, ceux-ci sont menacés par la possibilité d'un réchauffement de la température de 3 degrés au cours des deux prochains millénaires. Ainsi plusieurs sites qui font surtout la fierté des conservateurs du patrimoine et des pays risquent d'en payer le coût.
On cite notamment la Statue de la Liberté à New York, le palais de Westminster et la Tour de Londres, le Mont Saint-Michel à Paris, le Vieux-Québec, le Vieux-Lunenberg en Nouvelle-Écosse et l'Anse-aux-Meadows au Canada.
Ce qui est mis en cause, c'est surtout la fonte des calottes glaciaires de l'Arctique et du Groenland. L'inondation des sites constitue les conséquences qui peuvent en résulter
En 2007, l'UNESCO avait déjà produit un rapport intitulé « Etudes de cas sur les changements climatiques et le patrimoine mondial » dans lequel il avait indiqué que 830 sites naturels et cutlurels inscrits sur la Liste du patrimoine mondial étaient menacés. Parmi ces sites se trouvent plusieurs cités dans l'étude de Environmental Research Letters.  

La vodka tue?
15 févr. 2014

Important de profiter de l'agenda olympique actuel à Sotchi pour dissuader les éventuels téméraires, alors que les résultats d'une recherche parue dans The Lancet nous apprennent que "près d’un homme russe sur quatre meurent avant l’âge de 55 ans, et la vodka serait en partie responsable". L'étude menée auprès de 151 000 personnes pendant dix ans précise "qu'un fumeur de 35 ans buvant plus de 1,5 litres de vodka par semaine a 35% de chance de mourir dans les vingt années qui suivent, alors que ceux buvant moins de 0,5 litres diminuent à 16% leur risque de décès". Jürgen Rehm de l’Université de Toronto cité par le Centre canadien Science et Média estime que la consommation massive de vodka en une soirée (“binge drinking”) explique aussi ce taux anormalement élevé de décès.

Je vous annonce mon retour
15 févr. 2014
Il y a longtemps que je vous ai lâchés. Mais cela n'a, à aucun moment, cessé de me préoccuper. Je me suis en permanence voulu de rompre le contact de façon aussi brutale avec vous, alors que vous êtes des centaines à m'écrire pour me faire part de votre intérêt par rapport à ce blogue. Pour moi, c'est devenu un devoir aujourd'hui de vous annoncer mon retour. Je l'avais déjà fait un an plus tôt, sans tenir parole. Mais cette fois-ci, la promesse sera tenue. Nous parlerons de science sous toutes ses coutures...vous verrez. Nous ne nous contenterons pas de vous faire promener dans les grands enjeux savants, mais nous essaierons de vous montrer que la Science est partout et en tout temps dans votre vécu. Des nouvelles technologies, à l'environnement en passant par votre cuisine, vos rapports sociaux, vos émotions, vos habitudes culturelles...il y a place entière à la culture. C'est ce que nous verrons ensemble.
Un lâcheur ne gagne pas et un gagneur ne lâche pas. Voilà pourquoi mon retour était nécessaire. À tout moment!  
Sommes-nous tous robotisés?
23 févr. 2013
Godefroy Macaire Chabi- Devrions nous définitivement vivre avec l'idée que les robots et nous sommes des composantes d'une même entité? S'il est clair que notre conscience d'humains nous distingue de la machine, l'emprise de cette dernière sur notre vécu se fait de plus en plus insistante au point d'inquiéter voire de prêter à des questionnements. La fascination du robot, les élèves commencent à la vivre par l'intégration d'ateliers en robotique dans les activités scolaires. Une bonne chose, pour donner le goût des sciences et de la technologie à l'âge où le voyage dans le monde des machines reste une préoccupation essentielle. Les élèves d'une école du Québec ont commencé l'expérience, et malgré les questionnements qui ressortent du rapport aux robots, on peut encore observer que c'est peut-être une voie qui est tracée dans la carrière de ces enfants.
L'avenir hivernal du Québec compromis par le changement climatique?
26 janv. 2013
par Godefroy Macaire Chabi (d'après une entrevue ASP) L'augmentation moyenne de la température annuelle pourrait dépasser 7 degrés au Québec pour la fin du siècle actuel par rapport au précédent, selon la spécialiste en simulations climatiques, Dominique Paquin. Cette augmentation est au-delà de la moyenne du globe que l'on situe entre 1.1 et 6.4 degrés. C'est en s'interrogeant dans une tribune à l'Agence Science Presse sur ce que réserve l'avenir pour les hivers québécois que la chercheure en arrive à des prédictions nuancées en termes de précipitations. Selon les régions et les saisons, fait-elle remarquer, il y aura une augmentation des précipitations ou pas de changement. "Il est difficile de donner l'heure juste", mentionne-t-elle. Une chose est sûre, elle préconise de commencer à oublier l'épisode des grands froids. Car "ils seront de plus en plus rares". En revanche, il est prévu que le Nord québécois connaisse des chutes de neige "fréquentes et abondantes". Le Sud québécois verra quant à lui des hivers plus courts, avec des épisodes de redoux, de pluie hivernale et de gel-dégel.
La plus forte éruption solaire depuis 2005 frappe la Terre
23 janv. 2012
Godefroy Macaire Chabi

Les scientifiques américains de l'Administration nationale des océans et de l'atmosphère en ont fait l'annonce. De nombreuses particules de protons sont projetées sur la surface de la Terre à une vitesse astronomique de 6,4 millions de kilomètres carrés. Il s'agit d'une éruption solaire. Les astrophysiciens avertissent surtout que ce phénomène pourrait perturber les communications par satellite et provoquer une gène dans la navigation aérienne, les plateformes pétrolières et les explorateurs, essentiellement au niveau des pôles.

Cette éruption solaire est la plus forte jamais enregistrée depuis 2005. Elle se classe en catégorie trois sur une échelle qui en compte cinq.
La science reprend sur ce blog
08 janv. 2012
Après plusieurs mois de congé de publication sur mon blog, je suis tout sourire de vous annoncer la bonne nouvelle d'une reprise prochaine. J'essaierai, malgré diverses occupations professionnelles de remplir le contrat qui me lie à mes lecteurs que vous constituez. Je porterai la science et la culture dans vos coeurs, dans vos yeux, dans vos esprits. Les prochaines parutions sont attendues pour très bientôt. Meilleurs voeux à tous mes lecteurs et visiteurs. Ue année remplie de belles perspectives scientifiques et d'informations suscitant espoirs. A très vite!!!
Des toxines pour protéger les aliments contre les insectes
12 sept. 2011
Godefroy Macaire Chabi

Des aliments résistent aux insectes grâce à des protéines de toxines qui s’y introduisent par génie génétique. Ces toxines vont détruire les insectes en perforant les membranes de leurs cellules. Un chercheur du Groupe d’études des protéines membranaires, GÉPROM de l’Université de Montréal a consacré ses études sur ce mécanisme moléculaire. Cette recherche a valu au professeur Rikard Blunk le prestigieux Prix Traditional Paul F. Cranefield de la Society of General Physiologists.

Les toxines du bacille de Thuringe, dénommées Cry1Aa et étudiées dans le cadre de cette recherche «détruisent les larves des insectes dans plusieurs cultures transgéniques, y compris celles destinées à la consommation humaine pour les rendre résistantes aux insectes prédateurs » note un communiqué de l’Université de Montréal.

Pour atteindre ces résultats, «les chercheurs ont élaboré une puce pour étudier les protéines introduites dans des parois cellulaires artificielles au moyen d’ondes fluorescentes », poursuit le texte.

L’étude a bénéficié d’une subvention du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, du Programme des chaires de recherche du Canada, de la Fondation canadienne pour l’innovation, du Fonds de la recherche en santé du Québec et du Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies.
Le nucléaire, l’énergie « des pauvres »
10 juin 2011
Godefroy Macaire Chabi

L’enjeu est de taille. L’appétit mondial pour l’électricité connaît un accroissement qui inquiète le monde scientifique. La tendance va malheureusement se poursuivre et une réflexion sérieuse doit être menée sur les options technologiques possibles pour produire, distribuer et stocker l‘ électricité. Autrement, les prochaines décennies donneront du fil à retordre à toute la planète.

Des chercheurs réunis au Perimeter Institute à Waterloo du 05 au 09 juin à l‘initiative du Waterloo Global Science Initiative, ont alors exploré les voies et moyens pour garantir l‘avenir énergétique du monde, à un échéancier aussi court que 2030. Cette fois-ci, le problème est analysé à partir d‘une perspective scientifique. Même si trois approches technologiques ont émergé, c‘est surtout l‘exploration du nucléaire qui représente la pierre de touche de la réflexion. Les deux autres voies possibles étant en définitive les sources géothermiques et les énergies renouvelables.

Agir vite, semble le mot d’ordre des chercheurs au regard du contexte et des défis subséquents. D’ici à 2050, la demande mondiale d’électricité va doubler de 16,5 térawatts à 30 térawatts. Objectif colossal. Derrière ce défi se cache bien d’autres dont le plus important reste la limitation de l’émission du carbone dans les formes d’énergie à privilégier.

L’autre enjeu est celui du coût relié à l’accès à l’énergie. Le chercheur algérien au Centre européen pour la recherche nucléaire, CERN basé à Genève en Suisse fait partie de ceux qui donnent l’alerte sur la question.
« Il est clair que nous paierons notre énergie beaucoup plus chère d’ici à 2030, en même temps que nous n’en aurons pas assez » a t-il prévenu.

Effectivement, la facture énergétique sera trop élevée pour le monde dans les prochaines années avec l’augmentation progressive du prix de certaines énergies fossiles, actuellement prisées et dommageable à l‘environnement. Un coût que les pays développés et quelques autres nations émergentes pourront facilement supporter, ce qui ne sera le cas des pays pauvres, précise Yacine Kadi

« On ne peut pas s’affranchir totalement du nucléaire », a ajouté un chercheur australien présent aux discussions.

Le nucléaire « propre», un succédané

S’il y a un exploit à mettre sur le compte du sommet scientifique à Waterloo, l’Equinox Summit Energy 2030, c’est d’avoir pu réellement assumer l’idée d’une énergie « verte et propre », même si ce n’est pas très nouveau. Le chercheur du CERN Yacine Kadi a surtout rappelé à ses pairs la nécessité d’explorer « une source dont la densité est élevée». « C’est une source primaire qui permet de produire de l’électricité d’une manière abondante », a notamment indiqué M. Kadi

Le document final de la réunion a surtout campé le ton sur les capacités de faible émission de carbone à large échelle du nucléaire.

Selon de nombreux chercheurs, c’est la seule voie pour fermer le cycle du combustible dangereux.
Reste à évaluer les contrecoups. Car les reproches faits à l’industrie sont toujours présents et concernent sa sécurité et les déchets radioactifs qu’elle génère.

« Le bémol, affirme M. Kadi, c’est que l’énergie nucléaire a des problèmes, on n’est pas à l’abri d’un accident catastrophique, et elle produit des déchets nucléaires et sa conception est basée sur l’uranium et le plutonium, mais nous avons les moyens, les technologies pour nous affranchir de ces fléaux et rendre le nucléaire plus propre, vert et démocratique, un nucléaire qu’on pourrait déployer partout dans le monde ».

La révolution s’appelle thorium

S’il est désigné par provocation comme « le nucléaire des pauvres », c’est surtout parce qu’on a voulu en rajouter à la nécessité de regarder dans cette direction si l’on tient à faire du nucléaire propre et sans danger. Notamment en raison de son seuil assez faible de risques, fait-on remarquer.

« Le combustible nucléaire beaucoup plus abondant et qui nous empêcherait de produire du plutonium, c‘est le thorium, a notamment expliqué M. Kadi avant de préciser « qu’en combinant cela avec un accélérateur de particules, il est possible de prévoir le fonctionnement des réacteurs en mode sous critique ce qui nous permettrait d’avoir des niveaux de sûreté et de s’affranchir de possibles accidents »

Il y a ici l’avantage en y optant de lever la confusion entre le nucléaire comme élément d’influence militaire et facteur de développement économique.

« Si on le démocratise et le dédiabolisons pour le rendre plus accessible il peut durer pendant des années et peut être une source sûre », a rassuré M. Kadi

« Je pense que si on regarde la manière dont le nucléaire s’est développé à travers le monde, c’est une industrie surveillée, institutionnalisée, qui ne nous met pas à l abri certes, mais c’est très régulé » a t-il poursuivi .

Le mix énergétique

Le problème de l’énergie est urgent et pour le régler il est impossible d’attendre.

L’horizon 2030 est trop éloigné, reconnaissent les chercheurs, mais c’est le compromis idéal entre l’urgence à trouver des sources énergétiques pour la consommation mondiale et les moyens à réunir pour y parvenir.

Pour les pays en développement, notamment ceux d’Afrique, « l’établissement du nucléaire ne se fera pas en se claquant le doigt, cela passera par la formation et une culture du nucléaire, il faut alors profiter de ce temps pour mettre en place cette culture et planifier », a fait remarquer Yacine Kadi.

Penser également à un mix énergétique qui intègre les énergies renouvelables en attendant de faire un choix du futur est le plaidoyer provisoire et réaliste, selon le Professeur Eric Prouzet de l’Institut de nanotechnologie de l’Université de Waterloo au Canada .

« Pour les pays en développement que pour ceux développés, rien n’est à négliger. Tout est à prendre en considération, car tout contribue pour l’heure à la solution », a fait remarquer M. Prouzet.
Afrique: plaidoyer pour une diplomatie scientifique
08 juin 2011
Godefroy Macaire CHABI

Il y a quelques mois, un chercheur africain présent au Canada soulignait avec force et conviction quelque chose qui ne va probablement signifier grand-chose à beaucoup de personnes. Ce chercheur à l’observation du gâchis que représentait à ses yeux la présence non capitalisée de scientifiques africains en Occident a évoqué la nécessité pour les pays africains de créer des postes d’ambassadeurs scientifiques dans les pays du Nord.
Voilà une banalité qui sonnera davantage molle dans la conscience d’une certaine opinion pour qui les chercheurs africains sont peu utiles pour le continent et qu‘on pourra s‘en passer sans que l‘ordre du monde ne souffre du moindre problème. Pertinent, lorsqu’effectivement l’on observe le peu d’impact de la recherche scientifique sur le développement et le progrès social en Afrique. Aux yeux de l’observateur moyen, pendant des décennies, la recherche s’est beaucoup enfoncée dans un enfermement pathologique qui n’a offert aucune perspective réelle pour les pays africains. A quoi servirait alors l’idée d’ambassadeurs scientifiques africains qui ne feraient que gonfler les postes budgétaires déjà mal-en-point des « pauvres »?

Mais il semble bien que pour ce chercheur et pour nombre de ses collègues partageant la même ligne de pensée, la réalité est drastiquement plus sérieuse. Partant de la personnalité du chercheur en question, il est juste d’accorder ne serait-ce qu’une once de pertinence à cette idée. En effet, il vient pour le compte du Québec de conclure, dans le cadre du laboratoire auquel il participe, un impressionnant travail sur les prédictions climatiques, applicable à l’échelle du Canada. Et lui de se demander : et mon pays? Et mon continent?

Surtout lorsqu’on sait que les contrecoups climatiques actuellement observés dans de nombreuses parties du continent ne sont que la partie visible de l’iceberg et généralement mineurs par rapport à ce qui pourrait arriver, si la passivité des politiques se poursuit. Surtout aussi si l’on s’aperçoit que la prise de conscience n’est pas encore totale.

Au-delà de la personne d’un chercheur isolé, il est important de voir derrière le plaidoyer, l’image de nombreux autres scientifiques qui se posent des questions similaires, en un mot la question de leur utilité pratique.
Yacine Kadi, chercheur algérien du Centre européen pour la recherche nucléaire n’a vraiment pas eu besoin de se concerter avec notre premier chercheur pour avancer qu’il s’agit d’un grand problème face auquel il y a lieu d‘afficher un réalisme.
Selon lui de nombreux chercheurs établis en Occident, de peur de perdre leur visibilité dans la recherche (en raison d’un manque d’infrastructure) pour n’avoir enfin qu’un sentiment de gâchis préfère ne pas bouger. Le but du jeu souligne t-il est de profiter de leur position et de leur réseau pour aider l’Afrique.

Le dialogue, comme propulseur

La clé, c’est déjà la prise de conscience par les États africains de l’enjeu. Cela passe par un dialogue fréquent et fructueux avec le monde des chercheurs africains éparpillés un peu partout dans le monde. C’est la première étape qui montrera l’envie des pays à profiter d’eux et surtout à travers eux, des conditions de recherche internationale.
Mais il y a, à la vérité, une espèce de coupure exécrable entre les États et leurs chercheurs « étrangers ». Sans ce préalable, il peut paraître encore illusoire de miser sur le réalisme d’un tel projet. Car jusque-là ce ne sont pas les énonciations qui manquent.

L’apport des scientifiques africains a été de toute époque évoqué. Et quand vient l’heure de passer à la vitesse supérieure, tout le monde a déjà oublié, les politiques en premier. Loin surtout l’idée de jeter la pierre à la structure politique chaque fois que quelque chose ne marche pas. Mais dans ce cas précis, osons dire vrai.

Redessiner la coopération
C’est la voie pour permettre aux pays africains d’intégrer leur diaspora scientifique dans le jeu. Même s’il est conféré à la diplomatie classique le droit de s’ouvrir à ce domaine de coopération, il arrive le moment de donner à la coopération scientifique un statut particulier dans les instruments de développement diplomatique entre le Nord et le Sud.

L’avantage c’est de sortir les questions du fouillis des nombreuses autres questions de coopération. Car l’enjeu de la science et des technologies pour les pays africains n’est pas à analyser sous le prisme d’une finalité de plaisir, mais de nécessité et d’instrument de vitalité et de développement social. Pour cela, l’idée de créer des postes d’ambassadeurs scientifiques d’une part dans les pays du Nord (afin de faciliter la délocalisation rapide de la technologie grâce à des aidants) d’autre part entre pays en développement (pour créer un système d’échanges internes) me semble justifiable et d’une vraie actualité.

Autant les chercheurs africains vont avoir la possibilité d’aider à combler légèrement le fossé en termes de recherche entre l’Afrique et le monde développé ou en émergence, autant ils s’offriront un mécanisme leur permettant de rapidement convertir leurs travaux en bienfaits dont tireront profit les populations sur le terrain. Combien ne sont-elles pas ces universités et les laboratoires en Afrique à vivre une torpeur inimaginable, par manque d’interface immédiate et prompte? Combien de centres de recherche typiquement africains ne sont-ils pas envahis par les herbes, au mieux des cas, s’ils ne sont pas transformés en épiceries, ne pouvant plus aller loin et préférant rompre les amarres?.

Probablement, pour sauver les meubles, il faut des ambassadeurs scientifiques.
Québec: un africain résoud une équation mathématique permettant de lever l'incertitude autour du climat
03 mai 2011
Quel climat fera t-il au cours des prochaines décennies? La réponse paraît bien difficile à donner au regard des incertitudes qui marquent actuellement le climat. Mais, grâce aux travaux d’un jeune chercheur africain, on est en mesure de cerner les facteurs responsables de cette incertitude. Une étape cruciale pour mieux prévoir le climat. Oumarou Nikiéma est originaire de Côte d’ivoire et vit au Canada depuis 4 ans. Il fait partie du Centre pour l’étude et la simulation du climat à l’échelle régionale de l’Université du Québec à Montréal. Il vient de développer une équation mathématique qui permet de mieux décrire la part de l’imprévisible dans le système climatique. Cette recherche figure parmi les 10 meilleurs au Québec en 2010.
J'ai rencontré Oumarou Nikiéma à Montréal. Il parle de ses travaux, des enjeux climatiques et de la recherche en Afrique.

Vous trouverez l'entrevue en suivant le lien:
http://www.ebeninois.com/Lever-l-incertitude-autour-du-climat-l-equation-d-Oumarou_a5004.html
Le sirop d'érable aurait des vertus contre le cancer et le diabète
04 avr. 2011
Réécriture, Godefroy Macaire Chabi

Le savez-vous ? Le sirop d’érable pourrait traiter des maladies comme le cancer et le diabète. C’est le résultat auquel sont parvenus des chercheurs de l'Université du Rhode Island aux Etats-Unis. Ils ont identifié dans le sirop d’érable des composés qui ont des propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires.

Les chercheurs font remarquer que la sève d’érable pourrait participer au maintien du taux de sucre dans le sang des diabétiques en inhibant les enzymes en cause.
Le chercheur qui a dirigé l’étude, le Professeur Navindra Seeram indique avoir déjà vu plusieurs éléments présents dans la sève agir contre le cancer, les diabètes et les maladies bactériologiques.
Parmi les 54 composés bénéfiques identifiés dans le sirop québécois, cinq sont encore inconnus. L'un d'entre eux a été baptisé « Quebecol » en lien avec la province du Québec.

Toutefois, l’étude note que la quantité des composés bienfaisants serait toutefois beaucoup trop minime pour que la consommation régulière de sirop d'érable puisse avoir de véritables effets positifs sur la santé.

Les résultats de cette ont été présentés cette semaine lors de la rencontre annuelle de l'American Chemical Society, en Californie, et seront publiés dans le prochain numéro du Journal of Functional Foods.

L'étude a été financée par la Fédération des producteurs acéricoles du Québec et par le ministère canadien de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire.
Tuberculose : un nouveau test accessible?
17 janv. 2011
Godefroy Macaire Chabi, le 14 janvier 2011, 10h39

http://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2011/01/14/tuberculose-nouveau-test-accessible

(Agence Science-Presse) Lorsque l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment annoncé un nouveau test de dépistage de la tuberculose, « rapide et novateur », c’est au Canada, curieusement, que la nouvelle a été le mieux accueillie. Un pays, pourtant, où la tuberculose n’est plus considérée comme un problème de santé publique.
Un test efficace?
Selon les experts de l’OMS, le test d’amplification de l’acide nucléique, appelé communément TAAN, est un test moléculaire qui permet de détecter et d’amplifier le matériel génétique de la bactérie tout en facilitant un diagnostic rapide.
Il détecte à la fois la tuberculose et sa forme multirésistante en moins de deux heures. « Ce qu’aucun autre test n’avait réussi à faire jusqu’ici. Habituellement, il faut compter trois mois. Ce test pourrait aussi être utile ici puisqu’il se fait en dehors des laboratoires conventionnels », précise Madhukar Pai, chercheur au département d’épidémiologie et de la biostatistique de l’Université McGill.
Le chercheur, qui a souvent dénoncé dans ses travaux le manque de rigueur méthodologique dans la mise en œuvre de nombreux tests de dépistage des maladies infectieuses, estime que la méthodologie de fabrication du TAAN est « bonne et valide ». Son collègue Divangahir, tout en reconnaissant le bien-fondé de ce nouveau test, observe tout de même quelque réserve quant à son utilisation. « Avant d’aller de l’avant avec un test comme celui-ci, il faut avoir une bonne compréhension de la maladie, ce qui n’est pas encore le cas. » Son
coût relativement onéreux pourrait aussi constituer un frein à son utilisation.
Au Canada, la tuberculose reste une maladie infectieuse importante avec 1548 nouveaux cas actifs en 2007 dont 8 % se sont avérés mortels. En 2009, l’OMS évalue le nombre de décès attribuable à la tuberculose à l’échelle mondiale à 1 700 000 cas.
Les désinfectants : quel avenir?
17 janv. 2011
Godefroy Macaire Chabi, le 24 novembre 2010, 12h15
http://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2010/11/24/desinfectants-avenir

Agence Science-Presse) À la veille du retour en force des rhumes d’hiver, devrait-on accorder la même attention que l’an dernier aux distributeurs de gels désinfectants dans les espaces publics? Au Québec, l’avis des scientifiques et des responsables de la santé publique est partagé.
Anne Marie Lowe, chercheuse à l’Unité de surveillance, prévention et contrôle des maladies infectieuses à l’Institut national de la santé publique du Québec « recommande de maintenir, dans la communauté, ces désinfectants, car leur utilisation diminue les infections rhinovirales et gastro-intestinales. »
Seulement, voilà : une étude américaine récente a démontré une surestimation de la vertu des désinfectants pour les mains à base d’alcool en terme de protection antivirale. « On prend cette étude au sérieux, mais on ne peut s’y fier, car d’autres études ont montré clairement l’efficacité de la solution hydroalcoolique », commente Mme Lowe. Dont cette étude réalisée en 2010 par des chercheurs de l’Université de Virginie aux États-Unis, qui avait indiqué que les solutions hydroalcooliques riches en éthanol étaient à 82 % plus efficaces que le lavage au savon.
Pourtant, en février 2010, l’Université McGill, « en l’absence d’une efficacité éprouvée de ces désinfectants » en avait ordonné la désinstallation, indique Wayne Wood, directeur associé à la santé et la sécurité environnementale. « Le temps de l’urgence de santé publique imposée par la grippe A H1N1 passé, rien ne justifie que ces équipements soient encore sur place, nous préférons nous rabattre sur le lavage à l’eau et au savon », explique-t-il.
Pourtant, Anne-Marie Lowe est d’avis contraire et pense que si le dosage en alcool de ces solutions est respecté, leur utilisation ne posera aucun problème sur le long terme. Le directeur national de la santé publique, rappelle-t-elle, recommande un dosage de 60 % pour les désinfectants des lieux publics et entre 60 à 80 % dans les milieux hospitaliers.
Et qu’en est-il du coût financier à maintenir en place ces équipements? Au Canada, la Société 3M spécialisée dans les solutions innovatrices a annoncé en avril 2010 une vente de plus 1,1 milliard de dollars sur ses produits de soins de santé au sein desquels les désinfectants occupent une place majeure.
Jouer pour de la recherche génétique
29 nov. 2010
Nom de code "Phylo"

Godefroy Macaire CHABI

Chaque fois que vous tapez http://phylo.cs.mcgill.ca, sachez que vous contribuez à une recherche importante. En effet, ce site vous permet de jouer grâce à une équipe de bioinformaticiens de l'Université McGill de Montréal.

Le jeu s'appelle phylo et selon ses concepteurs, il va contribuer de façon significative à la recherche génétique.

Les chercheurs partent de l'évidence selon eux que le cerveau humain peut effectuer certains calculs plus efficacement que n’importe quel ordinateur, comme le fait de reconnaître un visage, selon le chercheur principal, le professeur Jérôme Waldispuhl, de l’École d’informatique.

Par exemple, dans le code génétique humain, la capacité de reconnaître et de trier les formes fait partie de ces calculs facilement réalisables par le cerveau humain.

En réalité, pendant le jeu les joueurs peuvent même choisir quelle maladie génétique ils veulent aider à décoder.

Un grand nombre de maladies humaines sont causées par des défauts du code d’ADN.

Un chercheur en bioinformatique et génématicien à l’Université de Paris-Sud 11, le professeur Alain Denise, fait remarquer que la cause génétique précise de la plupart des maladies n’est pas connue, "mais, grâce aux adeptes de Phylo, la recherche pourrait progresser de façon significative".

Le jeu a été testé auprès de la communauté scientifique pour assurer sa précision et a été officiellement lancé aujourd’hui, à 11 heures.

Selon un communiqué de l'Université McGill, en plus d’offrir au grand public une occasion de participer à cette recherche, le jeu est aussi utile pour enseigner leur propre discipline à la prochaine génération de chercheurs généticiens.

Les chercheurs n'attendent pas garder leurs découvertes au frigidaire et ont déjà planifié l’avenir du jeu. Ils aimeraient l'intégrer directement sur Facebook, en tant qu’application.
Abdou Diouf reconduit à la tête de l’OIF
24 oct. 2010
La Francophonie lui ressemble

par Godefroy Macaire CHABI

Les Chefs d’Etats et de gouvernements de la Francophonie viennent de reconduire pour un nouveau mandat de 4 ans le sénégalais Abdou Diouf à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie,OIF.
Très sincèrement en apprenant cette nouvelle, je n’en fus guère surpris. Car le bruit courait depuis quelques semaines voire des mois que l’ancien Président sénégalais allait continuer l’œuvre entamée.
Tout ce que je ressentais pour l’homme se trouve en effet dans le travail qu’il a abattu ces huit (8) dernières années à la tête de l’OIF et que le Ministre français des affaires étrangères, Bernard Koutcher a su traduire il y a quelques jours à Montreux sur les ondes de Radio France Internationale en plein travaux ministériels de la Francophonie.
Globalement pour M. Kouchner, Abdou Diouf a réussi à donner à la Francophonie toute la bonhomie humaine qui le caractérise et a su intégrer la couleur africaine à la gestion de l’organisation.
En un mot, avec M. Diouf, l’organisation a beaucoup rayonné et évolué considérablement dans ses missions.

Les axes prioritaires de la Francophonie dont les plus importants sont la diversité culturelle, le développement durable, les droits de l’homme, la démocratie et la gouvernance ont reçu un énorme coup de fouet, au point où il n’est plus un secret pour personne que la Francophonie est devenue plus que par le passé un puissant outil de développement, pour ceux qui n’y voyaient jusque là qu’un simple instrument de défense de la langue française ou se posaient encore la question de son utilité face aux grands enjeux contemporains.

Moi, j’ai coutume de dire que Diouf ressemble à la Francophonie et la Francophonie lui ressemble.
Pour tout dire, c’est l’image qui me vient en tête à chaque fois qu’on évoque le nom « Diouf » ou le mot « Francophonie ».

Il a eu le trait de génie et d’illumination d’imprimer sa marque à l’Organisation et tous les Etats Francophones ou amis s’y sont retrouvés.

« La Francophonie est politique par nécessité et culturelle par essence ». Voilà une phrase que je tiens de Jean Louis Roy, cet ancien Secrétaire général de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie en couverture de son livre Quel avenir pour la langue française ?. Et avec Diouf, on est dans la stricte application de cette réalité de l’adaptabilité de la Francophonie.

Instrument communautaire s’organisant au départ autour d’une langue, la Francophonie vit maintenant plus que jamais avec son époque et y prend solidement pied. C’est cette actualisation grandissante qui fait son charme et la rend absolument utile pour l’ensemble de ses membres et le reste du monde.

A quoi servirait une Francophonie qui ne fait pas entendre sa voix ou qui ne propose pas sa solution ? L’état d’âme linguistique ne doit pas disparaître, mais elle doit s’arrimer à toute logique d’activisme autour des grands débats de notre siècle.

C’est à mon sens ce que Abdou Diouf a compris. Peut être qu’on trouverait normal qu’il continuât une fois encore l’héritage de Senghor, mais reconnaissons qu’il a l’intelligence et le trait de génie de s’affirmer à sa manière. Voilà pourquoi la Francophonie lui ressemble.
Sauvetage de 33 mineurs au Chili
14 oct. 2010
La symbolique médiatique de la libération

Godefroy Macaire CHABI

Le monde entier a assisté ces dernières heures en direct à l’opération de sauvetage des 33 mineurs chiliens engoncés pendant 68 jours au fond d’une mine de San José. Pour une énième fois, les caméras des télévisions du monde ont jeté leur dévolu sur cet épisode contribuant à tourner ce qui relève d’un scénario de cinéma. Les médias ont démontré ainsi leur appétit incompressible pour ce qui va au delà de l’information et se rapporte à l’humain et à sa condition.

Finalement l’intérêt que le monde entier a porté à cet évènement traduit en psychologie de la communication l’envie de démontrer toute une sensibilité au drame humain. Le pari a été largement gagné.

Mais les médias classiques que sont la télévision, la radio et la presse écrite ne nous ont-ils pas eux autres habitué au fait que l’information qui impacte le grand nombre était leur tasse de thé ? Là encore, nous devrions y être, à en juger par la cohérence presque agressive de leur démarche : 33 mineurs abandonnés aux roches à plus d’un demi kilomètre de profondeur, non seulement ça suscite le pathos de l’ensemble de la planète, mais cela implique des centaines de milliers de personnes dans un contexte sud américain où quoique en phase de modernisation avancée, la notion de solidarité, de famille et de groupes sociaux reste marquée.

Pour ceux qui y ont vu de l’exagération ou du harcèlement médiatique, il y a probablement moyen de les ramener à la raison et d’opposer l’argument basique qui fondent la vision des médias, ainsi décrit ci-dessus.

Il y a peut être lieu aussi de s’interroger sur la limite morale à ne pas franchir par le système médiatique ou tout simplement « l’effet médiatique » dans ce genre de drame. Au Chili, ça s’est fort heureusement bien terminé et l’indifférence voire l’insouciance médiatique face au déchirement intérieur des familles des mineurs semble probablement anecdotique par rapport à ce qu’elle avait été quelques mois plus tôt lors du tremblement de terre dans ce même pays.

La concurrence médiatique enlève malheureusement à l’effet médiatique toute rationalité le contraignant à développer un semblant de compassion qui sape la profondeur du drame. Tout cela parce que les médias sont embarqués dans le processus de leur propre propagande (T. Adorno) en s’appuyant de plus en plus sur les ingrédients que leur offre malheureusement la nature.

S’ils ont donné à voir, à entendre et à lire à temps réel et au plus près de l’évolution du sauvetage chilien, ce n’est pas forcément parce qu’il est dans leur intérêt que l’opération connaisse un tel dénouement. Une chose qu’on ne dira jamais, c’est que la fonction médiatique est aussi celle du chaos, du désespoir et de l’échec. Le probable insuccès de l’opération aura provoqué une autre frénésie, nourri d’autres excitations et entretenu une fièvre mondiale dont l’effet dépasserait la récolte du succès. Le pouvoir Pinera et ceux qui l’ont précédé se verrait ainsi brocarder sur leur incapacité à mettre de la discipline dans une filière. Et dans un effet d’emboîtement, d’autres critiques apparaîtront sur bien des aspects. Il semblerait bien que le déploiement de la machine ne serait pas insensible à cette éventualité.

Alors, les premiers qui raconteront ce « chaos éventuel » seraient frappés d’un maximum de crédibilité aux yeux de leur public, contribuant ainsi à « l’effet Mainstream » (Frédéric Martel) recherché continuellement par l’industrie médiatique.
C’est aussi comme cela que se développe la mentalité médiatique dans un dualisme compassion-cynisme dont elle n’a pu se sortir jusqu’ici.
Festival international du Film Black de Montréal (22 septembre au 03 octobre 2010)
29 sept. 2010
A l’unisson

Godefroy Macaire CHABI

Jusque là dédié au cinéma caribéen, le Festival international du film haïtien qui devrait être à sa 6ème édition en 2010 s’est mué depuis le 22 septembre dernier en Festival international du Film Black de Montréal.

Les raisons sont assez simples et frappées d’un minimum de logique et de clarté. Pour les organisateurs en effet, le sentier était étroit car la version initiale du festival ne déroulait le tapis qu’aux films d’Haïti, les autres films malgré l’envie des réalisateurs de les y voir ne respectaient pas les critères géographiques imposés par le règlement. Que ne furent pas alors les frustrations de Fabienne Colas, Présidente du Festival face à ce qui s’assimile à du gâchis doublé d’injustice.

La 6ème édition vient alors corriger le tir.


Place au cinéma noir américain


Le cru semble tout de même intéressant : 128 films venus de 25 pays avec une brochette impressionnante de production noire américaine. Pas moins d’une soixantaine. Exemple-clé : sur 25 longs métrages de fiction, 11 proviennent des USA. Dans les autres catégories, il est facile de dénombrer une bonne cinquantaine de productions et coproductions noires américaines.

Ce phénomène, après toute analyse, semble normal et devra se confirmer pendant quelques années encore au regard de la récence et de la fraîcheur de l’ouverture de ce festival à l’ensemble des films black de la planète. Les choses mettront du temps à se mettre en place à ce niveau. La proximité géoculturelle de l’Amérique noire avec les Caraïbes semble se matérialiser dans cette course des premiers pour saisir l’opportunité de l’ouverture du festival.

Pour les réalisateurs africains, il y a encore de nombreuses places à gagner. Quelques films sud africains à l’image de Skin d’Anthony Fabian qui passe en tomber de rideau, Adera de Nega Tariku, des documentaires sur la lutte anti apartheid en Afrique du Sud, sur le génocide au Rwanda (par exemple « Mon voisin, mon tueur » de Anne Aghion), sur la culture Akan de Côte d’ivoire avec Jordi Esteva qui signe « Retour au pays des âmes » et plusieurs courts métrages venus d’Ouganda, Cameroun, Sénégal, Ghana, Mozambique.

En gala d’ouverture, un film tourné en Afrique par le néerlandais Jean Van de Velde, l’Armée silencieuse a suscité l’émoi en présence du réalisateur qui filme la réalité des enfants soldats.

Le festival des «Premières »

Dans le catalogue, pas moins d’une vingtaine de première internationale, canadienne et québécoise dont Disrupt de Jack Luracelli, Breaking up is hard to do de Tabari Sturdivant, Coming correct de Joseph Stovals, Aide-toi, le Ciel t’aidera de Francois Dupeyron pour nous en tenir là.

Cela offre du coup une occasion unique pour le public de les découvrir, car les chances réelles pour que ces films reviennent en salles sont extrêmement minces. Emile Castonguay, le responsable de la programmation en fait d’ailleurs pour cela l’édition la plus impressionnante et la plus époustouflante de l’histoire du festival.

Malgré une saison estivale riche en événements cinématographiques au Québec, une grande partie des films présentés n’ont pu y trouver une carrière. Cela souligne en même temps de plusieurs traits l’importance et la responsabilité que prend le Festival international du Film Black de Montréal d’être le porte flambeau et le porte étendard de l’ensemble de la filmographie black, là où elle dispose de très peu de places.

Politically incorrect

C’est comme cela que l’ont voulu les organisateurs de ce festival. Et ils voudraient qu’il en soit ainsi, « un reflet d’un cinéma qui ne cesse de bouger, un cinéma au pas avec les réalités actuelles d’un monde qui évolue si vite ». Fabienne Colas, la Présidente ne s’en est pas contentée. Elle pense que c’est l’occasion d’aborder des sujets et présenter des œuvres qui interpellent, qui provoquent, qui font sourire, qui laissent perplexe, qui font réfléchir et qui choquent ».

Et cela semble quand même bien parti vu le caractère polysémique et parfois fâcheux des problématiques abordées. Une liberté de ton qui n’aurait pas trouvé d’adeptes dans certains milieux encore fermés au débat sur le racisme, l’homosexualité, l’amour contre nature, la quête de l’acceptation, la liberté……
L’armée silencieuse, film de Jean Van de Velde (Hollande)
29 sept. 2010
« Appelez- moi Daddy » dans la violence

Godefroy Macaire CHABI

A vrai dire, en tant que critique du cinéma africain, j’ai toujours eu envie par moments de voir un autre cinéma à l’écran. Avec Jean Van de Velde, je peux dire que c’est fait. Pour tous ceux des cinéphiles qui n’ont aucun état d’âme face à l’horreur, il faudra y songer. Probablement, les réalités décrites n’ont pu donner un autre choix au réalisateur que celui de la violence.

Le contexte est quand même à préciser : l’Ouganda est en proie à la rébellion, et pour combattre les troupes régulières, les rebelles ont trouvé l’idée de puiser leurs combattants parmi les enfants captifs. Ceux-ci ont déjà tué leurs pères, ont vu leurs familles décimés par les attaques rebelles. Ils ont coupé des têtes et des bras sous la contrainte de l’assaillant. Retranchés dans la jungle sous le régime de terreur de Michel Obéké, ancien Ministre de la défense devenu patron de l’Armée sainte de libération nationale, ils sont de véritables machines à tuer. Sachant monter les kalachnikovs les yeux fermés, tirer des grenades sans pitié, ils sont le symbole d’une enfance poussée à la perdition hâtive. Leurs regards innocents sont aussi le témoin silencieux de la honteuse transaction entre le diamant et les armes au milieu de la jungle viabilisée.

Jean Van de Velde fait il autre chose que Jean Stéphane Sauvaire dans Johny Mad Dog et Newton Aduaka dans Ezra? Sur le fond, c’est très facile de répondre par la négative, même si d’un point de vue formel il peut être évident que dans l’armée silencieuse, les choses, ne serait-ce que sur le plan artistique et scénique, me semblent plus graves que dans les deux précédents films qui empruntent le même couloir.

Ce film semble tout simplement habité par l’envie de recréer une réalité à laquelle malheureusement l’humanité est habituée depuis plusieurs décennies déjà, rien qu’en regardant en direction de la Sierra Leone, du Liberia et tutti quanti. Mais le réalisateur pense, peut être, attirer plus l’attention vers son cinéma en se faisant grave, en forçant le trait et en élargissant l’horizon sur un secret de polichinelle. Avouons qu’il n’en avait pas besoin.

Le visage assombri par la peur, le désarroi et l’embarras des adolescents qui retrouvent malgré eux un nouveau papa, alors qu’ils ont déjà perdu les leurs suffisait. « Appelez-moi Daddy », martelait avec cynisme, le Chef rebelle, Obéké.
L’effet psychologique exercé sur sa « troupe » par ce dernier suffisait à lui seul pour rendre compte de l’univers mélodramatique de ces enfants et de l’injustice à laquelle ils étaient soumis.

Ce qui gêne dans ce cinéma, c’est l’impression que le téléspectateur a de confondre le vrai héros du film. Si l’obsession du réalisateur a été effectivement de s’apitoyer sur le sort des enfants, dont le petit Abu n’est que le prototype, il élargit trop l’entonnoir sur des personnages dont on ne peut dire s’ils sont des personnages centraux ou des personnages secondaires. Très peu de personnes ont fait de la figuration dans ce film, hormis le passage très éclair de l’épouse de Edouard, le restaurateur blanc, lui-même logé au centre du scénario pour finir par servir de fil rouge.

Peut être le réalisateur a-t-il éprouvé de la difficulté à se détacher de lui-même, de sa propre personnalité et a essayé assez subtilement de nous ramener vers l’étiquette du blanc, sauveur du noir.

Edouard n’a-t-il pas réussi là ou même le pouvoir africain a échoué en sauvant in extremis Abu qui avait plus sa place au milieu des siens que dans la jungle ou son seul langage était celui des armes?

Le film par moments questionne, responsabilise, montre la nécessité de l’action versus le silence coupable qui caractérise les acteurs locaux. Edouard est le viatique qui incarne ce besoin de lutte et de renaissance.

Pour violent qu’il puisse paraître, on n’a pas à trop s’en plaindre, l’Armée silencieuse, comme film semble quand même promis à un bel avenir. Il n’est pas exclut qu’il soit nominé aux Oscars 2010.
Après l'énergie, l'eau
21 sept. 2010
Par Godefroy Macaire CHABI

C'est une logique de la vie me diriez-vous...Mais d'aucuns pourraient aussi affirmer qu'il s'agit d'un hasard de calendrier. Mais la réalité, c'est qu'après le Congrès mondial de l'énergie qui s'est déroulé à Montréal la semaine écoulée, une autre rencontre d'envergure s'est ouverte depuis le 19 septembre 2010 au même endroit à savoir le Congrès mondial de l'eau. Organisé par l'Association internationale de l'eau, ce Congrès r,unit pas moins de 4000 spécialistes du secteur de l'eau venus de 130 pays.

Essentiellement des responsables chargés de la gestion du secteur de l'eau, des acteurs de la recherche en matière d'eau et d'assainissement, ils poursuivent la réflexion sur les chantiers initiés depuis plusieurs décennies autour des questions-clés que sont: la gestion de l'eau, la sécurisation des ressources, les écosystèmes, le traitement des eaux usées.

Le défis sont énormes notamment dans les pays en développement. Et il n'est pas exclut que les solutions scientifiques et technologiques proposées à Montréal puissent intégrer le statut de ces pays.

Le Congrès de Montréal est d'ailleurs à cette fin celui du développement et de la mise en commun des technologies inventées un peu partout afin de susciter un intérêt accru pour la question de l'eau.

Des acteurs africains coordonnées par l'Association africaine de l'eau présents à ce Congrès entendent faire de ce rendez-vous un pas supplémentaire dans la recherche de solutions innovantes pour accompagner le secteur de l'eau en Afrique.
Economie, environnement et énergie: la trilogie du moment
14 sept. 2010
Montréal, Godefroy Macaire CHABI

Le 21ème sommet mondial de l'énergie s'est ouvert dimanche à Montréal avec un aréopage majestueux de leaders de l'industrie énergétique venus des quatre coins de la planète. Près de 6000 selon les statistiques de l'organisation.
L'enjeux de cette rencontre, c'est moins le nombre de délégués que les points au coeur du débat.

Quatre préoccupations majeures sont soulignées pour servir de cadrage aux discussions: accessibilité, disponibilité, acceptabilité, responsabilité.

En clair, les acteurs énergétiques mondiaux doivent inventer la solution et régler le puzzle posé par le Premier ministre du Québec, Jean Charest dès l'ouverture du Congrès à savoir: faire face à la demande énergétique mondiale avec des solutions bonnes pour l'économie, respectueuses de l'environnement et en accord avec la cohésion sociale.

C'est un grand défi, surtout lorsqu'on sait que dans certaines parties du monde, les besoins énergétiques vont s'accroître dans les prochaines années.
Pour l'Afrique, on situe par exemple cela autour de 40% dans les 20 prochaines années. Un casse-tête, alors que les sources alternatives ne sont pas encore suffisament promues faute de moyens.

L'Etat canadien qui se pose en chef de file en matière d'énergie propre entend quand même soutenir les efforts et les volontés. Belle ambition claiement affichée, sauf que les observateurs attendent de le juger à l'acte.

Malheureusement, ce qu'on a appelé "énergies propres" semblent avoir aujourd'hui plus d'adeptes que dans la réalité des choses. A la vérité, les lignes de blocage restent marquées par les limites économiques pour les uns et les impératifs du même genre pour les autres.

Ce qui fait dire à un délégue que c'est l'économie qui nous dira si l'énergie sera propre ou non.