Je suis depuis longtemps passionné par le "monde de la chlorophylle", c'est d'ailleurs ce qui m'a rapidement amené à en faire mon métier. Au fil des années et des rencontres, j'ai acquis de solides connaissances dans le domaine. Parcourir les pépinières, les fêtes des plantes, les revues spécialisées, assister aux conférences, … est encore aujourd'hui ce qui me permet d’apprendre, de rencontrer et de tisser des liens avec des personnes qui travaillent dans et autour du domaine végétal. Etre jardinier n'est pas pour moi un simple travail, c'est appartenir à une famille.
Un désir d'apprendre et de transmettre :
Plus qu’un métier, vulgariser le savoir, les connaissances et apprendre continuellement (particulièrement au contact des autres) est une passion. Mon parcours scolaire m’a laissé l’opportunité, tout en apprenant de solides bases sur le paysagisme, le vivant, la botanique,… de mener des projets constructifs mettant souvent en avant des qualités d’animations culturelles, évènementielles, que mon année en licence médiation scientifique et éducation à l’environnement a confirmées.
Je me suis intéressé, dans ce mémoire, aux modes et tendances, des années 1960 à nos jours, et me suis demandé quel était le rôle des médias dans la transmission des savoirs jardiniers ? On retrouve donc dans ce mémoire, l’histoire d’un rapport au monde, d’un rapport à soi. Le jardin est un miroir de soi et de la société, en perpétuelle évolution, qui se traduit par une mise en scène végétale. Souvent empreint de modèles comme ils l’ont été dans les années 1970 avec le modèle Anglais. De nombreux jardiniers sont devenus a cette époque, des amateurs spécialistes. La fin du siècle a été, elle, marquée par un retour au naturel. La crise financière et l’engouement pour l’écologie face aux aléas du climat en ce début de 21ième siècle, vont propulser cette tendance sur le devant de la scène. Les liens sociaux se renforcent au jardin, en partie suite aux aléas économiques mondiaux, les jardins ouvriers et les jardins partagés se multiplient. Les savoirs s’échangent et se transmettent de diverses manières suivant les générations et les décennies. Plutôt transmis de manière informelle à ses débuts, ils se formalisent petit à petit pour devenir source de théories et de concepts qui font les riches heures des paysagistes. Ils se vident progressivement de leurs sens, de leurs caractères concrets. L’urbanisation toujours plus forte efface petit à petit ces savoirs qui n’ont plus leur utilité dans une ville minéralisée. Seul les médias conservent ce patrimoine de savoirs mais les travestissent parfois commercialement. Devenu « à la mode », ce savoir ordinaire : jardiner, est de plus en plus légitimé et c’est l’apprentissage plutôt informel, en grande partie par les multiples médias, qui est désormais privilégié.