Théophile Kouamouo
Blog
Le blog de Théophile Kouamouo
Vous rêvez comme moi d'une Afrique digne, indépendante et imaginative ? Marchons d'un même pas.
Côte d'Ivoire Economie, le nouveau-né de la presse ivoirienne
16/03/2010
Après des mois de grossesse, le bébé est désormais là, tout doux, tout beau. Le premier numéro de Côte d'Ivoire Economie, le périodique des décideurs, est téléchargeable en ligne et sera disponible en format papier sans doute en début de semaine dans les kiosques de Côte d'Ivoire au prix de 1000 FCFA.
Le fondateur de Côte d'Ivoire Economie (et directeur de la rédaction) est le serial entrepreneur français Jean-Pierre Pont, créateur, entre autres titres, de "Vivre à l'étranger", désormais propriété du groupe Studyrama.
La directrice de publication est Marion Ezzedine.
Quant à moi, je suis rédacteur en chef.
Pour télécharger le premier numéro, cliquez ici. J'attends vos remarques.
Presse et internet en Afrique : l'intuition d'Hervé Bourges
15/03/2010
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt une chronique d'Hervé Bourges, ex-patron du CSA français et vieux routier de l'enseignement du journalisme à la fois en Afrique (Yaoundé) qu'en France (Lille). Paru dans Jeune Afrique (édition du 14 au 20 mars 2010), son papier évoque des évolutions du métier que nous, fous du web, pressentons, mais que l'establishment de la presse en Côte d'Ivoire continue d'ignorer... alors que le grand chambardement est pour très bientôt. Hervé Bourges écrit :
"Les toutes prochaines années vont permettre à la presse internet de se développer considérablement sur le continent africain grâce à l'arrivée d'une nouvelle génération de terminaux - les téléphones portables connectés - qui dispenseront leurs propriétaires d'utiliser un ordinateur pour accéder à l'information sur internet. Les spécialistes du développement des réseaux estiment que les futurs internautes se connecteront à la Toile non pas par des ordinateurs, mais via des téléphones portables de troisième génération. Ces téléphones seront de plus en plus disponibles en Afrique à des prix abordables : il ne fait aucun doute que leur usage va révolutionner l'accès à l'information, mais aussi à l'expression, en commençant par les jeunes générations. Dès lors, l'Afrique fera un pas de géant et gommmera ce qui subsiste de la fracture numérique."
Hervé Bourges ajoute :
"Il faut faire confiance aux journalistes pour tirer le meilleur parti de ces évolutions rapides."
Je lis cette dernière phrase comme un défi, non seulement aux journalistes, mais à tous les producteurs de contenus et d'applications spécifiques en Afrique. Le moment vient, nous devons être prêts. Et c'est dans l'union que les plus belles choses se feront.
C'est cet état d'esprit qui a déjà poussé certains d'entre nous, en Côte d'Ivoire, à s'impliquer dans la création d'une organisation regroupant les producteurs de contenus Internet, qui agira pour l'éclosion d'un écosystème rendant possible l'émergence de contenus professionnels (donc monétisés) et de qualité.
Pour en savoir plus, il suffit de me joindre par mail : kouamouo [at] yahoo.com. Au nom du collectif en cours de création, je vous répondrai.
Le député ivoirien William Attéby : "Venance Konan est un imposteur"
13/03/2010
Depuis un certain temps, les lecteurs de la presse ivoirienne, mieux, de certains titres de la presse ivoirienne ainsi que des lecteurs d’ici et d’ailleurs ayant accès à internet, ont l’immense privilège de lire des réflexions, des analyses de Monsieur Venance Konan.
Monsieur Venance Konan est juriste de formation. Il est aussi écrivain et journaliste.
Dans ses écrits, il semble parfois procéder à une satire de la société ivoirienne en dehors de tous sentiments partisans. Il apparaît ainsi comme faisant partie de ces intellectuels dont on est en droit de s’attendre à une critique objective, rigoureuse et sans complaisance de notre société ;
à une attitude transcendant nos différences surtout partisanes pour enrichir notre patrimoine commun.
C’est ce que semblait inspirer jusqu’à un passé récent, Monsieur Venance Konan, l’un des 1er Ebony ivoirien.
Alors, c’est certainement dans cette logique et dans cette logique seulement, que Monsieur Venance Konan a décidé de faire partager ses analyses et réflexions par le biais d’internet aux ivoiriens d’ici et d’ailleurs et même à tous ceux qui dans le monde grâce à internet peuvent avoir accès à ses écrits.
Beaucoup de lecteurs ayant eu accès à ses écrits par internet y ont trouvé certainement des réflexions, des analyses qu’ils ont trouvées fort intéressantes.
Une amie, une compatriote préparant une thèse dans une université a eu la gentillesse de me faire parvenir des écrits de Monsieur Venance Konan. En toute bonne foi, elle découvrait en lui une espèce d’objecteur de conscience au sein de la société.
Mais fort curieusement, pour avoir fait parvenir à d’autres personnes ayant eu le même réflexe, d’autres écrits du même Venance Konan, le Professeur Mamadou Koulibaly, Président de l’Assemblée nationale, 3e vice-président du Fpi est devenu la cible d’un déluge d’injures de toutes sortes de la part de notre objecteur de conscience, qui par ailleurs, à été chef du service communication de l’Assemblée nationale.
L’homme se dévoile ainsi, et sa véritable personnalité qu’il tente de masquer apparait au grand jour.
Monsieur Venance Konan militant du Pdci-Rda est d’abord un envieux. Il était profondément malheureux du succès du Front populaire ivoirien et de Laurent Gbagbo aux élections de 2000.
Monsieur Venance Konan ne dit pas qu’il était l’un des idéologues du régime du Président Henri Konan Bédié. Le discours qu’il tenait à une cette époque n’avait d’autres buts que de justifier la politique conduite par Henri Konan Bédié. Il est nostalgique de cette époque. Il brule d’envie de voir de nouveau Henri Konan Bédié au pouvoir afin qu’il puisse comme par le passé mettre ses écrits au service de son régime. L’envie qui le tenaille se traduit par les phases qu’explique si bien Sébastien Lapaque dans l’envie. L’envie qui fait partie des sept péchés capitaux comporte trois phases. Lapaque explique que dans la progression de l’envie, il y a comme un début, un milieu et un terme. Au début, on s’efforce d’amoindrir la gloire de celui qu’on envie, soit qu’on le fasse secrètement, et c’est le chuchotement malveillant ; soit qu’on le fasse ouvertement, et c’est la diffamation. Au milieu de ce processus, on ne chuchote plus, on cherche par tous les moyens à diminuer le succès de celui qu’on envie : ou bien on y réussit, et c’est alors la jubilation de voir ses difficultés, ou bien on échoue, et c’est alors la déception de voir sa réussite. Cette déception conduit au terme de ce processus et à ce stade-là, on manifeste une haine viscérale pour celui qu’on envie.
Monsieur Venance Konan, ancien responsable du service communication de l’Assemblée nationale est passé par ce début, à traverser le milieu et se trouve aujourd’hui, au terme de ce processus ; le stade de la haine, la haine gratuite qui conduit à la guerre.
Au début de l’expérience du Front populaire ivoirien au pouvoir, Monsieur Venance Konan s’efforçait d’amoindrir, de réduire le succès du Fpi. Il a commencé par le faire secrètement à l’Assemblée nationale où il travaillait; c’était la période du chuchotement malveillant. C’est pour cela qu’en tant que responsable du service communication de l’Assemblée nationale, il n’a rien pu accomplir dans le cadre de ce service depuis l’arrivée du Fpi au pouvoir et l’élection du Professeur Mamadou Koulibaly comme Président de l’Assemblée nationale. Quand il a quitté l’Assemblée nationale, il est passé à la phase transitoire et ce fut l’époque de la diffamation systématique du Front populaire ivoirien et de ses dirigeants.
Aujourd’hui, ainsi qu’on peut le constater, il est au stade de la haine qui peut conduire à la guerre.
Ce qu’on croit lire de moralement acceptable dans ses écrits, n’est qu’une vaine imposture. Il n’a pas changé. Il suffit pour s’en convaincre, de se poser la question de savoir quel est le fondement moral de ces attaques contre le Fpi, contre la refondation, et contre le Président Mamadou Koulibaly.
Comment si ce n’est par haine gratuite, Monsieur Venance Konan peut-il à ce point en vouloir au Fpi, à la refondation, au Président Mamadou Koulibaly et déborder de sympathie pour Guillaume Soro, Alassane Ouattara et les bandes armées qui ont attaqué la Côte d’Ivoire depuis septembre 2002 et qui continuent d’occuper le pays.
Où Monsieur Venance Konan place- t-il l’axe moral de ses choix. En réalité, pourquoi Monsieur Venance Konan n’explique pas aux lecteurs d’ici et d’ailleurs le travail qu’il était censé faire à l’Assemblée nationale et pourquoi et surtout comment il est parti de cette institution ?
Monsieur Venance Konan dit qu’il s’est trompé.
Devant cette confession touchante, on reste sur sa faim d’autant plus que le sieur Venance Konan ne nous dit pas sur quoi il s’était trompé ; au moment où il se trompait, qu’elle vérité prenait-il pour un mensonge et maintenant qu’il ne se trompe plus, quelle est cette vérité qui constitue une certitude absolue pour lui, aujourd’hui.
Les Ivoiriens sont fatigués de ces intellectuels, de ces hommes politiques qui disent une chose et son contraire, se renient sans cesse au point de donner d’eux une image de feuilles dans le vent ; or être dans le vent, c’est avoir un destin de feuilles mortes.
La question Alassane Dramane Ouattara est très simple. Elle prend désormais place dans notre histoire. La vérité sur cette question doit être dite maintenant et enseignée aux générations futures.
Monsieur Alassane Dramane Ouattara était inéligible au poste de Président de la République de la Côte d’Ivoire bien qu’il fut Premier ministre de notre pays dans les conditions que l’on sait.
Son inéligibilité et l’emprisonnement de responsables de son parti ont servi de prétexte à un coup d’Etat contre le régime du Président Bédié, le régime de Monsieur Venance Konan. Dès la chute du régime du Président Bédié ; concepteur de l’ivoirité, bête noire de Monsieur Alassane Dramane Ouattara et ses partisans, Monsieur Alassane Ouattara qui était pratiquement en exil en France est rentré triomphalement accueilli par les nouvelles autorités du pays. Ses partisans emprisonnés ont été libérés dans la même foulée.
Monsieur Venance Konan était dans quel camp sous la transition militaire. Est-ce, en ce moment, qu’il s’est rendu compte qu’il se trompait, ou c’est lorsque Ouattara et sa rébellion ont occupé le pays après avoir lamentablement échoué dans leur coup d’Etat. L’inéligibilité de Monsieur Alassane Ouattara sera formellement consacrée par la nouvelle Constitution adoptée par referendum à plus de 86% des électeurs.
Monsieur Venance Konan qui est juriste, sait qu’un arrêt de la cour suprême, décision revêtue de l’autorité de la chose jugée a jugé que Monsieur Alassane Ouattara était inéligible. C’est parce que Monsieur Alassane Ouattara sait qu’il ne peut être candidat, sous l’empire du droit positif ivoirien, qu’il a eu recours à la rébellion, à la guerre, aux massacres à grande échelle.
Aujourd’hui, Monsieur Alassane Dramane Ouattara est candidat parce le droit a été mis de côté et par le jeu des accords, des compromis et compromissions qui ont eu cours pendant cette crise, une décision politique du Président Laurent Gbagbo a permis à Monsieur Alassane Dramane Ouattara de pouvoir faire acte de candidature.
Ce n’est donc par hasard que Monsieur Alassane Dramane Ouattara déclarait aux rebelles lors d’une visite à Bouaké : <>. Si c’est vraiment à propos de ce Ouattara que Monsieur Venance Konan s’est trompé, il urge qu’il nous dise en quoi s’est-il trompé.
Il n’est pas sain de travestir l’histoire de son propre pays sur l’autel de quelques alliances politiques que tout le monde sait très circonstancielles et très éphémères. En versant sa lie sur le Président Mamadou Koulibaly, le sieur Venance Konan malgré ses études de droit montre combien de fois dans le fond, il est creux, ses réflexions insipides, ses écrits ridicules. Le Président Mamadou Koulibaly est le 3e vice-président du Fpi après le Professeur Sangaré Aboudramane le premier, et le Docteur Simone Ehivet Gbagbo, la deuxième. Comme les deux premiers, il a été nommé à ce poste par Monsieur Pascal Affi N’Guessan président du Fpi. Il est sollicité tous les jours aussi bien par les militants du Fpi que par d’autres ivoiriens qui souhaitent échanger avec lui sur des sujets importants pour notre avenir commun. Ils sont nombreux et Monsieur Venance Konan le sait, les ivoiriens d’ici et d’ailleurs et même des hommes et des femmes d’autres contrées qui témoignent leur amitié et même leur admiration au Président Mamadou Koulibaly.
Alors quand le sieur Venance Konan dit qu’au Fpi, on n’aime pas le Président Mamadou Koulibaly, de qui est-ce qu’il parle ? Comme de nombreux imposteurs qui nous ont donné de faux complexes, Monsieur Venance Konan veut lui aussi nous en donner d’autres sur la liste électorale.
Monsieur Venance Konan est vraiment dangereux.
A vous tous, lecteurs de Monsieur Venance Konan ou non, ivoirien ou non, est-il normal, oui ou non de vérifier la liste électorale ; pour en extraire tous ceux qui n’ont pas le droit d’y être et y inscrire tous ceux qui ont le droit d’y être et pour diverses raisons n’y sont pas encore. En quoi le dire, est -il xénophobe ?
D’ailleurs, la liste électorale actuelle s’appelle la liste électorale provisoire parce que justement elle doit être modifiée et elle le sera. Le retrait des personnes indûment inscrites sur cette liste électorale et l’inscription de toutes les personnes qui ont le droit d’y être est une exigence, est un souci qui doit être celui de tous les ivoiriens au-delà de toutes nos différences, surtout de nos différences partisanes.
Monsieur Venance Konan, quand votre ancien et nouvel ami Monsieur Alassane Ouattara dit aux rebelles que la guerre que ceux-ci font à la Côte d’Ivoire est indispensable, il dit par la même occasion que les assassinats du ministre Emile Boga Doudou, de Marcellin Yacé, de Robert Guéhi, des danseuses d’Adjanou de Sakassou étaient plus que nécessaires. De telles affirmations de la part d’un acteur politique de premier plan ne vous choquent pas, vous l’intellectuel, vous le redresseur de torts. Pour que Monsieur Alassane Dramane Ouattara soit candidat, ces crimes étaient plus que nécessaires ; ils étaient indispensables.
Les intellectuels de ce pays ont l’obligation morale et la responsabilité historique de se tenir à l’écart des compromissions politiciennes pour critiquer avec la rigueur qu’il faut les tares de la société. Tout en étant un acteur politique, le Président Mamadou Koulibaly s’efforce à cet exercice.
Pour vous en convaincre, je vous invite à lire ou relire le Blues de la république, article qu’il a écrit il y a peu.
J’invite tous les intellectuels ivoiriens, à ce débat pour le salut de notre société ; la société ivoirienne qui se meure.
Pour l’heure, je serai très heureux de me retrouver sur un plateau de télévision avec Monsieur Venance Konan pour débattre des sujets importants concernant notre pays et qui sont abordés dans ce propos.
Edmond William Atteby
Député à l’Assemblée nationale
Secrétaire national chargé de la justice des réformes institutionnelles, et des droits de l’homme au Front populaire ivoirien
Appel à la création d'un syndicat de producteurs de contenus en ligne en Côte d'Ivoire
11/03/2010

Personnellement, je suis intervenu sur le thème "Equilibre plateformes/régies/producteurs de contenu dans l'écosystème du web en Côte d'Ivoire". Je suis parti de l'exemple de deux villages, un en Afrique et un autre ailleurs dans le monde.
Dans le village africain, il y a des producteurs de maïs qui travaillent dur et de manière artisanale sans aucun partenaire financier. Quand ils ont achevé leur récolte, ils vont au marché pour vendre leur production. Et patatras ! Des coupeurs de route les attaquent et les dépouillent. Leurs efforts auront été vains. Ils n'auront pas d'argent pour faire face aux besoins de leur famille, se disent-ils. Après avoir longtemps pleuré, ils se disent qu'ils vont mettre en place une milice pour protéger leurs convois à la prochaine récolte. Ce qu'ils font, au final. Ils arrivent au marché sains et saufs mais se rendent compte avec effaremment que ce sont les coupeurs de route qui administrent le marché. Comme lors de la récolte précédente, ces coupeurs de route les dépouillent. Ils se découragent, mettent un terme à leur activité et vont grossir la masse des chômeurs urbains.
Ils n'ont que leurs yeux pour pleurer quand ils regardent à la télévision, de leur bicoque dans un bidonville improbable, un documentaire sur un autre village, ailleurs, où les routes du commerce sont sécurisées, où les marchés sont régis par des lois respectées de tous, où les paysans vivent du fruit de leur travail, et où ils sont financés par des banques qui ont confiance dans la structuration de l'environnement de production.
Ce long conte, je l'ai "infligé" à ceux qui m'écoutaient pour décrire indirectement la situation du web en Côte d'Ivoire où vous avez des plateformes qui ne produisent aucun contenu, qui n'achètent pas de contenu, mais qui se contentent de les "piller" sur les sites des producteurs de contenu authentiques. Ou alors qui ont tellement pillé ces contenus qu'ils ont atteint un tel stade de position dominante que les producteurs de contenu acceptent des "accords inégaux" avec eux pour espérer un peu de visibilité en ligne. Ces plateformes qui n'enrichissent pas (ou très peu) la masse des contenus produits en Côte d'Ivoire peuvent également être des régies web en situation de quasi-monopole, qui s'octroient l'essentiel des budgets qu'elles gèrent...
Il faut sortir de cette impasse, et cesser de se plaindre. C'est pour cette raison que j'ai fait deux propositions à l'occasion du "BarCamp".
- La création d'un syndicat de producteurs de contenus en ligne en Côte d'Ivoire. Ce syndicat aurait pour objectif de protéger leurs productions (à travers une défense du copyright) et de les valoriser (à travers la création d'un portail de redirection, comme Wikio). Ce syndicat se battra également pour qu'une charte de la "netiquette" (éthique sur le net) soit adoptée pour sanctionner les "voleurs systématiques de contenus", notamment leur empêcher de lever de la pub sur le territoire ivoirien.
- La création d'une régie unique/place de marché publicitaire pour les producteurs de contenu en Côte d'Ivoire, qui améliorerait leur capacité de négociation au regard des centaines de milliers, voire des millions de pages vues qu'ils représenteraient.
Je pense que ce syndicat pourrait être abrité par la "faîtière" Akendewa, si son "board" est d'accord.
Si vous êtes producteur de contenu en ligne (info, divertissement, jeux, applications) et que vous approuvez l'idée de création d'un syndicat/groupement/association spécialisée, envoyez moi un mail à kouamouo@yahoo.com. Nous commencerons illico à bosser sur le projet.
Ce n'est qu'ensemble que nous pourrons valoriser les contenus en ligne dans l'écosystème du web.
Un blog chrétien que j'aime bien visiter
10/03/2010
Il s'appelle Nouvelle Alliance, et est une aide pour tous ceux qui ont besoin, entre deux clics, d'un intermède d'étude biblique ou de médiation. Cliquez ici.
Bienheureux Venance Konan, par Mamadou Koulibaly
09/03/2010
Elle est à vous cette chanson…
"N'en parlez jamais qu'à un sage Car la foule est bien prompte à l'outrage, Je vais honorer l'être vivant Qui veut mourir dans le feu ardent.
Dans la fraîcheur des belles nuits Où tu reçus et donnas la vie, Te saisit un étrange sentiment Quand l'Étoile luit au firmament.
Tu veux enfin te libérer De la noirceur de l'obscurité Et un désir t'entraîne alors Vers un hyménée beaucoup plus fort.
Ne ménageant ni peine ni temps, Fasciné, tu t'élances en volant, Et recherchant le feu du ciel, Papillon tu te brûles les ailes.
Et tant que tu ne comprendras rien Au sens des mots : "Meurs et Deviens" Tu seras un obscur passager Sur cette terre enténébrée."
Nostalgie Bienheureuse
Johann Wolfgang Von Goethe (1815)
M. Venance Konan, suite à l’interpellation que j’ai adressée à vos lecteurs, vous avez pris l’initiative de me répondre personnellement. Ma démarche initiale était d’offrir à vos lecteurs une meilleure objectivité et de pointer du doigt le gouffre de subjectivité dont vous faites preuve après vous être égaré sur les terrains mouvants et dangereux de l’ivoirité. Vous avez certes écrit votre repentir mais votre attitude acerbe et votre grande désinvolture semblent démontrer que vous n’avez pas su tirer les conséquences de vos égarements passés et que ce repentir se limite à quelques paroles alibis. J’ai d’ailleurs le sentiment que vous êtes toujours sur la voie de l’égarement car la critique populiste dépourvue de propositions est un exercice qui s’apparente peu au statut d’un intellectuel responsable. Vous aimez réveiller les haines et attiser les angoisses comme si pour vous, notre vie devait errer entre la peur et la douleur, la jungle et le zoo, la loi du plus fort et la loi du talion. Pour ma part, je crois fermement à l'état de droit, à la société ouverte et j'ai foi en l'homme.
Gare aux égarements populistes ! Le dictionnaire Wikipedia décrit ainsi le populisme : « met en accusation les élites ou des petits groupes d'intérêt particulier de la société. Parce qu'ils détiennent un pouvoir, le populisme leur attribue la responsabilité des maux de la société : ces groupes chercheraient la satisfaction de leurs intérêts propres et trahiraient les intérêts de la plus grande partie de la population. Les populistes proposent donc de retirer l'appareil d'État des mains de ces élites égoïstes, voire criminelles, pour le « mettre au service du peuple ». Afin de remédier à cette situation, le leader populiste propose des solutions qui appellent au bon sens populaire et à la simplicité, mais ignore complètement les réalités de la décision politique (notamment le fait qu'elles doivent être inscrites dans un agenda, qu'elles doivent tenir compte des avis parfois contradictoires de la société civile), comme la complexité des situations décrites. Ces solutions sont présentées comme applicables tout de suite et émanant d'une opinion publique présentée comme monolithique. Les populistes critiquent généralement les milieux d'argent ou une minorité quelconque (ethnique, politique, administrative, etc.), censés avoir accaparé le pouvoir ; ils leur opposent une majorité, qu'ils prétendent représenter. S'ils accèdent au pouvoir, il peut leur arriver de supprimer les formes traditionnelles de la démocratie, au profit d'institutions autoritaires, présentées comme servant plus authentiquement "le peuple". Des comportements populistes peuvent affecter toutes les activités de la société, cela amène des organismes, des institutions ou des associations à favoriser des positions réputées « populaires ». Elles peuvent montrer paradoxalement un certain mépris pour le peuple, le vulgus latin, pensé comme la populace, la foule, les masses, le troupeau. Ceci est particulièrement notable en publicité où « le peuple » est mis en scène, souvent sous la forme de personnages ignorants ou idiots. »
Les dégâts dont vous êtes comptable.
La méthode populiste fait ainsi appel au bon sens populaire et au simplisme, ignorant la complexité des situations décrites. Ainsi, pour exemple, vous soutenez que : L’eau et l’électricité sont coupées dans les zones rebelles, personne n’en parle. On a tué de pauvres marcheurs en mars 2004, personne n’en parle. On a bombardé Bouaké et tué des Blancs et des Noirs aussi, personne n’en parle. L’opposition au président Gbagbo est trop molle, faiblarde, nulle même. Les étrangers s’accaparent notre économie, cela ne nous dit rien, tout ce qui nous intéresse, c’est vouloir gérer l’Etat ; le reste nous importe peu. Mélange de genres, mélange d'époques, mélange « d’agresseurs », mélange d'émotions, mélanges de victimes. Tout est amalgame. Prémisses vraies mais conclusions stériles. Hypothèses confuses et déductions légères. Mais avez-vous idée des conséquences de vos thèses sur le tissu social et l'esprit de cohésion nationale ? Derrière votre apparente satire sociale, c'est-à-dire votre « représentation critique et comique de nos défauts, de nos vices, de nos mensonges, observés dans la réalité sur le plan moral, politique, social », vos analyses souffrent de nombreux biais que vous ne pouvez ignorer et qui, j'espère, n'échappent pas à vos lecteurs qui ont dû retenir l'avertissement de Paul Valery selon lequel : « Le mélange du vrai et du faux est plus faux que le faux ».
Hier, vos écrits ont animé des hantises et des haines, des peurs et des frayeurs qui ont contribué à donner des alibis à ceux qui ont pris les armes et organisé une rébellion contre l'Etat de Côte d'Ivoire. Les conséquences pour le pays demeurent et vous semblez aujourd'hui vous en laver les mains préférant rejeter les fautes sur d’autres. Comme c'est facile ! Les propagandistes du fascisme sont poursuivis aujourd'hui encore dans le monde. Ceux du génocide rwandais dit "des mille collines" aussi comme ceux de l'ex-Yougoslavie. On ne s'en sort pas par un soi disant repentir jeté à la face des lecteurs. Comme ça ! La méthode du pyromane pompier.
Ainsi, je suis étonné de votre propension à traiter avec légèreté vos égarements passés. D’un revers rapide vous écrivez votre repentir et vous vous précipitez dans la critique sarcastique, occultant totalement le fait que les souffrances d’aujourd’hui aient pu prendre racine dans un passé récent à travers l’idéologie restrictive que vous avez soutenue et promue. A quand l'ouverture des portes de votre prison de haine ?
Soulignons que la propagande autour de l’ivoirité était telle, au moment où le président Bédié partait du pouvoir, que le concept n'était plus perçu comme l'idéologie d'une partie du PDCI, votre parti, mais comme le projet de société du peuple de Côte d’Ivoire tout entier. De nombreux ivoiriens étaient devenus ivoiritaires et plusieurs refondateurs sont semble-il, devenus eux-aussi des gourous de l'ivoirité grâce à vous et à vos amis. Vous avez fait des émules qui continuent aujourd'hui de vous rendre hommage alors que vous prétendez avoir tourné casaque. Combien sont-ils aujourd'hui ceux qui au FPI, au RDR et ailleurs cherchent à vous égaler voire à vous surpasser ? Vous n’auriez donc aucune responsabilité dans le blocage actuel du pays dites-vous ? Un peu d’humilité eut été de rigueur si vous aviez une certaine honnêteté intellectuelle et une vision globale dans l’analyse.
Certes, vous reconnaissez avoir contribué au saccage du climat social, mais que faites-vous aujourd’hui pour réparer cela à part mettre les dégâts en pertes et profits collectifs ? Votre relativisme moral est inacceptable. Votre relativisme culturel est insupportable. Votre relativisme politique n'est pas défendable. Vous aimez vous présenter en fédérateur des déçus, certes fédérez-les, mais en tant qu’intellectuel, ouvrez-leur des horizons. Faites des propositions pertinentes pour fédérer non des déceptions mais des espoirs. Mais quelle est donc la place de l'écrivain et du journaliste à coté des actions et des réflexions "politiciennes" que vous menez ? Ne resterez-vous pas dans notre histoire l'apologiste de l'ivoirité ? Vous serez sans doute autre chose après vos différentes mutations, mais vous ne cesserez jamais d'être l'écrivain qui, dans sa génération, aura fourni le plus d'apologues incitant à la division des ivoiriens.
Lorsque vous vous interrogez sur les raisons qui me poussent à ne pas démissionner du FPI, ce parti qui, selon vos dires, serait responsable de tous les maux de notre société, je vous réponds qu’à l’inverse je n’ai jamais compris pourquoi vous tentez, avec tant d’énergie, de dissimuler votre engagement partisan au sein du PDCI bédiéiste. Pourquoi ce masque de chroniqueur pour défendre votre parti politique ? De quoi avez-vous donc peur alors que, grâce à vos écrits, tout semble désormais permis ? Pourquoi tenter de réécrire l'histoire alors que les témoins sont vivants ? Pourquoi rechercher, par de vaines accusations, des responsables sinon des coupables là où aucun révisionnisme n'est désormais possible ?
Merci de vous inquiéter pour moi, mais tout va bien.
En ce qui me concerne, je n’aime pas les attitudes masquées et préfère vivre ouvertement mon engagement, tout en restant objectif et en osant critiquer les dérives de mon propre groupe si nécessaire. L’engagement n’est pas forcément synonyme de comportement moutonnier que je ne confonds d'ailleurs pas avec la discipline du parti. C’est pour cela que je continue à réfléchir et à publier régulièrement des réflexions personnelles tout en militant au sein du FPI. Je me considérais comme un intellectuel avant d'entrer en
politique. Je crois encore que je le demeure. J'estime que lorsque l'intellect se met au service de la politique c'est pour élever le débat démocratique et contribuer à la sortie de la société magique, de l'obscurantisme. Pour moi la politique ne signifie ni terrorisme intellectuel ni barbarie de la pensée unique. Faire de la politique n'est pas une bataille pour des postes de gouvernement, c'est contribuer au bien-être de la population par un plaidoyer en faveur de la liberté de parole et de pensée. Ni anarchiste, ni mercenaire, mais responsable des idées produites et de leurs conséquences directes et perverses.
Ma conception de la politique et de l'action publique pour améliorer la condition humaine est qu’il faut être avec et parmi les hommes. Certes, je côtoie au sein de mon parti des hommes qui ont défendu et qui continuent, hélas, à défendre comme vous, les idées ivoiritaires. Sachant qu’ils m'écoutent encore, demeurer au sein du FPI est le meilleur moyen pour moi de partager ma foi en l'homme, mes croyances en la tolérance et la confiance en l'avenir, de prévenir les conflits et de tenter d’inscrire de toutes mes forces mes idées dans cette période tortueuse de notre histoire pour nous éviter, autant que faire se peut, le chaos, la peur et le désespoir que vous et vos amis ne cessez de distiller par jeu dans les esprits.
Démissionner et se tenir loin de la lutte sous prétexte que l’on n’est pas écouté et suivi par ses camarades du parti, au moment où ce qui se joue dépasse les partis et les destinées individuelles, est le propre de politiciens irresponsables. Je me suis battu pour les droits et les libertés individuelles avant d'être militant du FPI. Je suis refondateur. Mon combat pour la dignité des peuples et pour la fin du pacte colonial continue dans ce parti. Je poursuis ma croisade contre tout ce qui peut être un frein à la consolidation de la Nation, de la République et de la Démocratie que nous voulons construire. Je consacre toute mon énergie à la recherche des libertés à conquérir pour chaque africain. Responsable politique ou pas, c'est une conviction qu'aucune de mes ambitions ne peut atteindre ou annihiler. Et c'est ainsi que je donne un sens à ma vie. Telle est ma quête.
Pour la Côte d'Ivoire par contre ça ne s'arrange pas.
Lorsque je vous questionne au sujet de la Côte d'Ivoire ne me parlez pas de ma carrière politique car elle importe peu par rapport à ce qui se joue. Je ne suis pas entré en politique pour devenir quelqu'un. J'y suis parce que j'ai des convictions à faire partager. Les hommes et les femmes qui les acceptent, m'obligent. Ceux qui n’y adhèrent pas ne font que raffermir ma détermination.
Vous parlez également du bilan des refondateurs. Que sont les refondateurs à vos yeux M. Konan ? Si c’est le groupe actuellement au pouvoir, rappelons qu'il a été constitué consécutivement à l’accord de Marcoussis dont Bédié est signataire. Le pouvoir a alors été distribué, tel des parts de gâteau, aux différentes forces politiques, légalement constituées ou pas. Dans ce contexte, le programme de la refondation a fait place à la politique de la médiocrité et à la rebfondation qui ont entretenu des querelles meurtrières. Le but ultime étant de ne surtout pas faire de vague et de partager les postes à responsabilité au sein d'un Etat qui jour après jour, n'a cessé de devenir faible et exsangue.
Vos amis du PDCI sont également au pouvoir et partagent donc les responsabilités dans les échecs comme dans les réussites. Vos amis acceptent de mourir pour cet Etat qui ne tient plus tête et qui est incapable d'assurer ses responsabilités. Pourquoi, le docteur en droit que vous êtes ne sort pas des généralités pour parfaire son acte d'accusation ? Pourquoi ne faites-vous pas une évaluation des responsabilités de chaque signataire de Marcoussis, ministère par ministère avant de situer les culpabilités et de prononcer vos sentences ? Votre méthode réductrice est analytiquement pauvre. Vous vous contentez de lieux communs et de stéréotypes. Pour un écrivain-journaliste, nous ressasser les discussions de la vulgate populiste n'avance en rien le débat d'idées. Bien au contraire, ces attitudes nous font descendre dans les poubelles de la connaissance.
Au lieu de crier "les refondateurs sont nuls", "sacrés refondateurs" "pauvre Mamadou" ou encore "les Ivoiriens sont des moutons", vous pourriez exprimer clairement vos reproches à la refondation en tant que programme politique et vision du monde. Quels points contestez-vous et pourquoi ? Que proposez-vous ? Il est temps d’élever le débat. Pourquoi vous enfermez-vous dans la critique improductive ? Hier vous militiez pour que les étrangers soient jetés à la porte de la côte d'Ivoire. Hier vous proclamiez que Bédié et l'ivoirité étaient ce qu'il y avait de mieux pour la Côte d'ivoire. Hier vous défendiez l'idée que Gbagbo et Ado étaient les pires fléaux du pays. Aujourd'hui les amitiés de façade entre Ado et Bédié vous font dire que vous vous êtes trompés et que la seule calamité de la Côte d'Ivoire se nomme Gbagbo Laurent. Aujourd'hui vous dites ne plus en vouloir aux étrangers mais vous reprochez quand même aux ivoiriens leur apathie face au contrôle de leur économie laissée aux mains d'intrus venus de France, du Liban, de Chine, du Mali ou du Burkina et des autres pays voisins, dans le but de corrompre nos hommes, nos femmes, nos institutions et nos valeurs. N'est ce pas ce que l'on a appelé à une autre époque de notre histoire "le changement dans la continuité" ? Et vous nous le dites si bien : « Je sais camarade, qu’il n’est pas facile de reconnaître qu’on s’est trompé. Mais le reconnaître n’est pas se renier ». Chapeau mon bienheureux ! En vérité vous, vous n'avez pas changé c'est le vent qui vous pousse qui a changé de sens.
Les conditions initiales ne sont pas neutres.
Nous avons soif de découvrir les voies de progrès que vous proposez pour la Côte d’Ivoire. Si ces voies sont à la hauteur de la hargne de vos critiques, le débat s’annonce passionnant.
Ce que j'essayais d'expliquer à vos lecteurs était que, tous ensemble nous devons, maintenant, après ces deux décennies piteuses et ruineuses, comprendre qu'appliquer les mauvaises politiques aux mauvais moments est le meilleur moyen de produire la désolation et les horreurs. Gbagbo est le point d'achèvement d'une lignée partie de Houphouët à Bédié puis passée à Gueï. Il ne peut donc être comptable que de sa part, ni plus ni moins. Ses prédécesseurs aussi. N'oubliez pas que les conditions initiales jouent un rôle
1essentiel dans la trajectoire des nations. Alors mon bienheureux Venance, si nous arrêtions, dans notre façon de faire la politique, de haïr les joueurs pour concentrer notre énergie sur le jeu lui-même ?
Mamadou KOULIBALY,
3ème vice-président du FPI
La réponse de Venance Konan à Mamadou Koulibaly
04/03/2010
Sacrés Refondateurs !
Je crois que je finirai bien par aimer les Refondateurs. Des gens qui sont capables de soutenir une chose et son contraire en même temps, de critiquer une chose tout en la pratiquant, méritent parfois qu’on leur tire le chapeau. Ainsi, ils nous disent que notre bon chef nous a délivrés des griffes de la France, à qui le pouvoir précédent avait cédé toute notre économie. Et voici que ce grand libérateur n’a pas trouvé mieux que de céder tous les travaux qu’il réalise à des entreprises françaises. Le troisième pont, le quatrième, les palais, l’hôtel Ivoire, le terminal à conteneur, tout. C’est d’ailleurs pour s’être opposé aux conditions scandaleuses dans lesquelles ce terminal à conteneur a été cédé, que Patrick Achi est devenu persona non grata au gouvernement. Il en a été de même pour l’accord de Linas-Marcoussis. Mamadou Koulibaly, vice-président du FPI et président de notre Assemblée nationale n’a pas cessé, jusqu’à ce jour, de dénoncer cet accord, oubliant qu’il a été signé par le président de son parti, et que le chef de l’Etat avait solennellement demandé aux Ivoiriens de l’appliquer. Tiens, à propos de Mamadou Koulibaly. Il fait circuler en ce moment sur internet certains articles que j’avais écrits il y a une quinzaine d’années. Il me reproche d’avoir soutenu une idéologie qui a amené la guerre en Côte d’Ivoire, et de me renier aujourd’hui. Tout en le remerciant de contribuer à la diffusion de mes pensées, je trouve cependant dommage qu’il n’ait pas inclus dans ces textes deux de mes écrits que je trouve très intéressants. Le premier, intitulé « la passion et la raison » avait été publié dans Fraternité Matin du 12 août 2004 et se trouve à la page 219 de mon livre « Nègreries », qu’il cite abondamment. J’écrivais ceci dans ce texte : « Pendant des années, ceux qui soutenaient M. Bédié avaient tenté de démontrer que M. Ouattara n’était pas Ivoirien, mais Burkinabé. Nous étions de ceux-là. Les personnes lucides nous expliquaient que M. Bédié n’avait pas besoin de passer par cet artifice pour battre M. Ouattara, mais c’était parler à des murs. Nous étions emportés par notre passion. » Il y en a un autre que j’ai intitulé « adresse aux militants du FPI » que j’ai publié dans Le Nouveau Réveil du 1er octobre 2007, et que j’ai repris dans mon dernier livre, « Ngo n’di ou palabres », à la page 49. J’y écrivais ceci : « Je sais camarade, qu’il n’est pas facile de reconnaître qu’on s’est trompé. Mais le reconnaître n’est pas se renier. Moi-même, au temps où Bédié était au pouvoir, où je croyais qu’il était la seconde chance du pays, j’écrivais pire que pendre sur le RDR, son président, et tous ceux qui se réclamaient d’eux. Je me suis senti mieux le jour où j’ai reconnu que je me trompais et que je défendais une cause indéfendable qui conduisait mon pays dans le mur. » Mamadou Koulibaly dit que j’ai soutenu l’ivoirité, que j’ai traité M. Ouattara d’étranger ? Oui, je l’ai fait. Donc quoi ? Il n’y a pas très longtemps, Mamadou Koulibaly avait dit à un meeting à Koumassi : « A l’indépendance, Houphouët a identifié le problème. Il a proposé la double nationalité. Les députés d’ici ont refusé et Houphouët n’a rien dit. Il a laissé la situation comme cela. Ce problème nous a rattrapés aujourd’hui. Va-t-on laisser cette situation perdurer et la léguer à nos enfants ? Et dans dix ans, ils vont continuer les palabres. Est-ce que pour construire ce pays, il n’est pas bon qu’on s’asseye et qu’on dise que si Mamadou est à Béoumi, sa maison, sa femme et ses enfants sont à Béoumi, peut-être même qu’il a épousé une femme de là-bas, on ne peut pas le chasser, on ne peut pas le tuer, est-ce que ce n’est pas mieux qu’on dise que comme son nom est sur la liste et qu’il veut voter, il n’a qu’à prendre ? ... C’est important d’aller aux élections, mais la coexistence pacifique entre les populations est également importante. Dans ce débat, celui-là est ivoirien et l’autre ne l’est pas, on ne s’en sortira pas…Si j’ai un conseil à donner, c’est de vous demander d’amener nos hommes politiques à résoudre ce problème au mieux des intérêts du peuple de Côte d’Ivoire. Si on veut résoudre ce problème par des tactiques politiciennes, par des jeux d’intérêt, on risque de proposer des solutions qui ne seront pas des solutions optimales. Cela va résoudre des problèmes immédiats, tout de suite, mais à la longue, ça va nous conduire à la guerre. Comme on a choisi rapidement la solution en 2000, cela nous a envoyé la guerre. » Je l’avais félicité dans ces colonnes pour ces propos. Mais quel est le parti qui cherche, par des tactiques politiciennes, à exclure des milliers de personnes des listes électorales et de la nationalité ivoirienne ? C’est le parti dont Mamadou Koulibaly est le vice-président. Et, à votre avis, qui, d’entre les Kipré, Konan ou Koulibaly risque le plus de se voir contester la nationalité ivoirienne par le parti de Mamadou Koulibaly ? Alors, pourquoi continue-t-il de militer dans un parti qui l’exclut, lui ? Masochisme ? Manque de courage ? Schizophrénie ? Entre celui qui dit « j’ai pris une mauvaise voie, je rebrousse chemin », et celui qui dit « je sais que je suis sur une mauvaise voie, mais j’y reste », lequel est à blâmer ? « L’erreur est humaine, mais le propre de l’homme est de savoir la reconnaître. Et persévérer dans l’erreur est diabolique », dit-on. Koulibaly sait que son parti est en train de nous conduire vers la guerre. Et c’est celui qui dénonce ce parti qu’il blâme. Sacré Koulibaly ! Moi, j’ai tiré les leçons de l’histoire récente de mon pays. Celui qui ne tire pas de leçon de son histoire se condamne à la revivre. Et le FPI de Mamadou Koulibaly est en train de nous condamner à revivre la guerre.
Venance Konan email : venancekonan@yahoo.fr
La lettre de Mamadou Koulibaly aux lecteurs de Venance Konan ici.
La lettre de Mamadou Koulibaly aux lecteurs de Venance Konan
02/03/2010
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