Journalisme multimédia

Théophile Kouamouo

Théophile Kouamouo
  • 32 ans
  • Marié, 2 enfants
  • Permis de conduire

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Emploi et carrière Ouvert aux opportunités

Bienvenue sur mon CV

Journaliste de profession, piqué par le virus du web 2.0, je me vis comme un "évangéliste" des nouveaux usages d'Internet en Côte d'Ivoire.

Blog

Le blog de Théophile Kouamouo

Vous rêvez comme moi d'une Afrique digne, indépendante et imaginative ? Marchons d'un même pas.

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Côte d'Ivoire, au coeur de la filière riz

11/03/2010

Un riz au parfum de scandale, par Théophile Kouamouo, ici. Ibrahim Ezzedine, roi du négoce, ici.

 

Appel à la création d'un syndicat de producteurs de contenus en ligne en Côte d'Ivoire

11/03/2010
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Quitte à répéter sans grande originalité ce qui a déjà été dit des dizaines de fois sur le web, je tiens à dire haut et fort que le BarCamp Abidjan 2010 était d'une grande qualité. L'organisation était bonne (merci Frédéric Tapé !), et les orateurs étaient de qualité. Si nous sommes capables de capitaliser au mieux les rencontres et discussions qui ont été rendues possibles par cet événement, l'écosystème du web ivoirien en sera radicalement transformé.

Personnellement, je suis intervenu sur le thème "Equilibre plateformes/régies/producteurs de contenu dans l'écosystème du web en Côte d'Ivoire". Je suis parti de l'exemple de deux villages, un en Afrique et un autre ailleurs dans le monde.

Dans le village africain, il y a des producteurs de maïs qui travaillent dur et de manière artisanale sans aucun partenaire financier. Quand ils ont achevé leur récolte, ils vont au marché pour vendre leur production. Et patatras ! Des coupeurs de route les attaquent et les dépouillent. Leurs efforts auront été vains. Ils n'auront pas d'argent pour faire face aux besoins de leur famille, se disent-ils. Après avoir longtemps pleuré, ils se disent qu'ils vont mettre en place une milice pour protéger leurs convois à la prochaine récolte. Ce qu'ils font, au final. Ils arrivent au marché sains et saufs mais se rendent compte avec effaremment que ce sont les coupeurs de route qui administrent le marché. Comme lors de la récolte précédente, ces coupeurs de route les dépouillent. Ils se découragent, mettent un terme à leur activité et vont grossir la masse des chômeurs urbains.

Ils n'ont que leurs yeux pour pleurer quand ils regardent à la télévision, de leur bicoque dans un bidonville improbable, un documentaire sur un autre village, ailleurs, où les routes du commerce sont sécurisées, où les marchés sont régis par des lois respectées de tous, où les paysans vivent du fruit de leur travail, et où ils sont financés par des banques qui ont confiance dans la structuration de l'environnement de production.

Ce long conte, je l'ai "infligé" à ceux qui m'écoutaient pour décrire indirectement la situation du web en Côte d'Ivoire où vous avez des plateformes qui ne produisent aucun contenu, qui n'achètent pas de contenu, mais qui se contentent de les "piller" sur les sites des producteurs de contenu authentiques. Ou alors qui ont tellement pillé ces contenus qu'ils ont atteint un tel stade de position dominante que les producteurs de contenu acceptent des "accords inégaux" avec eux pour espérer un peu de visibilité en ligne. Ces plateformes qui n'enrichissent pas (ou très peu) la masse des contenus produits en Côte d'Ivoire peuvent également être des régies web en situation de quasi-monopole, qui s'octroient l'essentiel des budgets qu'elles gèrent...

Il faut sortir de cette impasse, et cesser de se plaindre. C'est pour cette raison que j'ai fait deux propositions à l'occasion du "BarCamp".

- La création d'un syndicat de producteurs de contenus en ligne en Côte d'Ivoire. Ce syndicat aurait pour objectif de protéger leurs productions (à travers une défense du copyright) et de les valoriser (à travers la création d'un portail de redirection, comme Wikio). Ce syndicat se battra également pour qu'une charte de la "netiquette" (éthique sur le net) soit adoptée pour sanctionner les "voleurs systématiques de contenus", notamment leur empêcher de lever de la pub sur le territoire ivoirien.

- La création d'une régie unique/place de marché publicitaire pour les producteurs de contenu en Côte d'Ivoire, qui améliorerait leur capacité de négociation au regard des centaines de milliers, voire des millions de pages vues qu'ils représenteraient.

Je pense que ce syndicat pourrait être abrité par la "faîtière" Akendewa, si son "board" est d'accord.

Si vous êtes producteur de contenu en ligne (info, divertissement, jeux, applications) et que vous approuvez l'idée de création d'un syndicat/groupement/association spécialisée, envoyez moi un mail à kouamouo@yahoo.com. Nous commencerons illico à bosser sur le projet.

Ce n'est qu'ensemble que nous pourrons valoriser les contenus en ligne dans l'écosystème du web.

Un blog chrétien que j'aime bien visiter

10/03/2010

Il s'appelle Nouvelle Alliance, et est une aide pour tous ceux qui ont besoin, entre deux clics, d'un intermède d'étude biblique ou de médiation. Cliquez ici.

Bienheureux Venance Konan, par Mamadou Koulibaly

09/03/2010

Elle est à vous cette chanson…
"N'en parlez jamais qu'à un sage Car la foule est bien prompte à l'outrage, Je vais honorer l'être vivant Qui veut mourir dans le feu ardent.
Dans la fraîcheur des belles nuits Où tu reçus et donnas la vie, Te saisit un étrange sentiment Quand l'Étoile luit au firmament.
Tu veux enfin te libérer De la noirceur de l'obscurité Et un désir t'entraîne alors Vers un hyménée beaucoup plus fort.
Ne ménageant ni peine ni temps, Fasciné, tu t'élances en volant, Et recherchant le feu du ciel, Papillon tu te brûles les ailes.
Et tant que tu ne comprendras rien Au sens des mots : "Meurs et Deviens" Tu seras un obscur passager Sur cette terre enténébrée."

Nostalgie Bienheureuse
Johann Wolfgang Von Goethe (1815)

 

 

 

M. Venance Konan, suite à l’interpellation que j’ai adressée à vos lecteurs, vous avez pris l’initiative de me répondre personnellement. Ma démarche initiale était d’offrir à vos lecteurs une meilleure objectivité et de pointer du doigt le gouffre de subjectivité dont vous faites preuve après vous être égaré sur les terrains mouvants et dangereux de l’ivoirité. Vous avez certes écrit votre repentir mais votre attitude acerbe et votre grande désinvolture semblent démontrer que vous n’avez pas su tirer les conséquences de vos égarements passés et que ce repentir se limite à quelques paroles alibis. J’ai d’ailleurs le sentiment que vous êtes toujours sur la voie de l’égarement car la critique populiste dépourvue de propositions est un exercice qui s’apparente peu au statut d’un intellectuel responsable. Vous aimez réveiller les haines et attiser les angoisses comme si pour vous, notre vie devait errer entre la peur et la douleur, la jungle et le zoo, la loi du plus fort et la loi du talion. Pour ma part, je crois fermement à l'état de droit, à la société ouverte et j'ai foi en l'homme.
Gare aux égarements populistes ! Le dictionnaire Wikipedia décrit ainsi le populisme : « met en accusation les élites ou des petits groupes d'intérêt particulier de la société. Parce qu'ils détiennent un pouvoir, le populisme leur attribue la responsabilité des maux de la société : ces groupes chercheraient la satisfaction de leurs intérêts propres et trahiraient les intérêts de la plus grande partie de la population. Les populistes proposent donc de retirer l'appareil d'État des mains de ces élites égoïstes, voire criminelles, pour le « mettre au service du peuple ». Afin de remédier à cette situation, le leader populiste propose des solutions qui appellent au bon sens populaire et à la simplicité, mais ignore complètement les réalités de la décision politique (notamment le fait qu'elles doivent être inscrites dans un agenda, qu'elles doivent tenir compte des avis parfois contradictoires de la société civile), comme la complexité des situations décrites. Ces solutions sont présentées comme applicables tout de suite et émanant d'une opinion publique présentée comme monolithique. Les populistes critiquent généralement les milieux d'argent ou une minorité quelconque (ethnique, politique, administrative, etc.), censés avoir accaparé le pouvoir ; ils leur opposent une majorité, qu'ils prétendent représenter. S'ils accèdent au pouvoir, il peut leur arriver de supprimer les formes traditionnelles de la démocratie, au profit d'institutions autoritaires, présentées comme servant plus authentiquement "le peuple". Des comportements populistes peuvent affecter toutes les activités de la société, cela amène des organismes, des institutions ou des associations à favoriser des positions réputées « populaires ». Elles peuvent montrer paradoxalement un certain mépris pour le peuple, le vulgus latin, pensé comme la populace, la foule, les masses, le troupeau. Ceci est particulièrement notable en publicité où « le peuple » est mis en scène, souvent sous la forme de personnages ignorants ou idiots. »
Les dégâts dont vous êtes comptable.
La méthode populiste fait ainsi appel au bon sens populaire et au simplisme, ignorant la complexité des situations décrites. Ainsi, pour exemple, vous soutenez que : L’eau et l’électricité sont coupées dans les zones rebelles, personne n’en parle. On a tué de pauvres marcheurs en mars 2004, personne n’en parle. On a bombardé Bouaké et tué des Blancs et des Noirs aussi, personne n’en parle. L’opposition au président Gbagbo est trop molle, faiblarde, nulle même. Les étrangers s’accaparent notre économie, cela ne nous dit rien, tout ce qui nous intéresse, c’est vouloir gérer l’Etat ; le reste nous importe peu. Mélange de genres, mélange d'époques, mélange « d’agresseurs », mélange d'émotions, mélanges de victimes. Tout est amalgame. Prémisses vraies mais conclusions stériles. Hypothèses confuses et déductions légères. Mais avez-vous idée des conséquences de vos thèses sur le tissu social et l'esprit de cohésion nationale ? Derrière votre apparente satire sociale, c'est-à-dire votre « représentation critique et comique de nos défauts, de nos vices, de nos mensonges, observés dans la réalité sur le plan moral, politique, social », vos analyses souffrent de nombreux biais que vous ne pouvez ignorer et qui, j'espère, n'échappent pas à vos lecteurs qui ont dû retenir l'avertissement de Paul Valery selon lequel : « Le mélange du vrai et du faux est plus faux que le faux ».
Hier, vos écrits ont animé des hantises et des haines, des peurs et des frayeurs qui ont contribué à donner des alibis à ceux qui ont pris les armes et organisé une rébellion contre l'Etat de Côte d'Ivoire. Les conséquences pour le pays demeurent et vous semblez aujourd'hui vous en laver les mains préférant rejeter les fautes sur d’autres. Comme c'est facile ! Les propagandistes du fascisme sont poursuivis aujourd'hui encore dans le monde. Ceux du génocide rwandais dit "des mille collines" aussi comme ceux de l'ex-Yougoslavie. On ne s'en sort pas par un soi disant repentir jeté à la face des lecteurs. Comme ça ! La méthode du pyromane pompier.
Ainsi, je suis étonné de votre propension à traiter avec légèreté vos égarements passés. D’un revers rapide vous écrivez votre repentir et vous vous précipitez dans la critique sarcastique, occultant totalement le fait que les souffrances d’aujourd’hui aient pu prendre racine dans un passé récent à travers l’idéologie restrictive que vous avez soutenue et promue. A quand l'ouverture des portes de votre prison de haine ?
Soulignons que la propagande autour de l’ivoirité était telle, au moment où le président Bédié partait du pouvoir, que le concept n'était plus perçu comme l'idéologie d'une partie du PDCI, votre parti, mais comme le projet de société du peuple de Côte d’Ivoire tout entier. De nombreux ivoiriens étaient devenus ivoiritaires et plusieurs refondateurs sont semble-il, devenus eux-aussi des gourous de l'ivoirité grâce à vous et à vos amis. Vous avez fait des émules qui continuent aujourd'hui de vous rendre hommage alors que vous prétendez avoir tourné casaque. Combien sont-ils aujourd'hui ceux qui au FPI, au RDR et ailleurs cherchent à vous égaler voire à vous surpasser ? Vous n’auriez donc aucune responsabilité dans le blocage actuel du pays dites-vous ? Un peu d’humilité eut été de rigueur si vous aviez une certaine honnêteté intellectuelle et une vision globale dans l’analyse.
Certes, vous reconnaissez avoir contribué au saccage du climat social, mais que faites-vous aujourd’hui pour réparer cela à part mettre les dégâts en pertes et profits collectifs ? Votre relativisme moral est inacceptable. Votre relativisme culturel est insupportable. Votre relativisme politique n'est pas défendable. Vous aimez vous présenter en fédérateur des déçus, certes fédérez-les, mais en tant qu’intellectuel, ouvrez-leur des horizons. Faites des propositions pertinentes pour fédérer non des déceptions mais des espoirs. Mais quelle est donc la place de l'écrivain et du journaliste à coté des actions et des réflexions "politiciennes" que vous menez ? Ne resterez-vous pas dans notre histoire l'apologiste de l'ivoirité ? Vous serez sans doute autre chose après vos différentes mutations, mais vous ne cesserez jamais d'être l'écrivain qui, dans sa génération, aura fourni le plus d'apologues incitant à la division des ivoiriens.
Lorsque vous vous interrogez sur les raisons qui me poussent à ne pas démissionner du FPI, ce parti qui, selon vos dires, serait responsable de tous les maux de notre société, je vous réponds qu’à l’inverse je n’ai jamais compris pourquoi vous tentez, avec tant d’énergie, de dissimuler votre engagement partisan au sein du PDCI bédiéiste. Pourquoi ce masque de chroniqueur pour défendre votre parti politique ? De quoi avez-vous donc peur alors que, grâce à vos écrits, tout semble désormais permis ? Pourquoi tenter de réécrire l'histoire alors que les témoins sont vivants ? Pourquoi rechercher, par de vaines accusations, des responsables sinon des coupables là où aucun révisionnisme n'est désormais possible ?
Merci de vous inquiéter pour moi, mais tout va bien.
En ce qui me concerne, je n’aime pas les attitudes masquées et préfère vivre ouvertement mon engagement, tout en restant objectif et en osant critiquer les dérives de mon propre groupe si nécessaire. L’engagement n’est pas forcément synonyme de comportement moutonnier que je ne confonds d'ailleurs pas avec la discipline du parti. C’est pour cela que je continue à réfléchir et à publier régulièrement des réflexions personnelles tout en militant au sein du FPI. Je me considérais comme un intellectuel avant d'entrer en
politique. Je crois encore que je le demeure. J'estime que lorsque l'intellect se met au service de la politique c'est pour élever le débat démocratique et contribuer à la sortie de la société magique, de l'obscurantisme. Pour moi la politique ne signifie ni terrorisme intellectuel ni barbarie de la pensée unique. Faire de la politique n'est pas une bataille pour des postes de gouvernement, c'est contribuer au bien-être de la population par un plaidoyer en faveur de la liberté de parole et de pensée. Ni anarchiste, ni mercenaire, mais responsable des idées produites et de leurs conséquences directes et perverses.
Ma conception de la politique et de l'action publique pour améliorer la condition humaine est qu’il faut être avec et parmi les hommes. Certes, je côtoie au sein de mon parti des hommes qui ont défendu et qui continuent, hélas, à défendre comme vous, les idées ivoiritaires. Sachant qu’ils m'écoutent encore, demeurer au sein du FPI est le meilleur moyen pour moi de partager ma foi en l'homme, mes croyances en la tolérance et la confiance en l'avenir, de prévenir les conflits et de tenter d’inscrire de toutes mes forces mes idées dans cette période tortueuse de notre histoire pour nous éviter, autant que faire se peut, le chaos, la peur et le désespoir que vous et vos amis ne cessez de distiller par jeu dans les esprits.
Démissionner et se tenir loin de la lutte sous prétexte que l’on n’est pas écouté et suivi par ses camarades du parti, au moment où ce qui se joue dépasse les partis et les destinées individuelles, est le propre de politiciens irresponsables. Je me suis battu pour les droits et les libertés individuelles avant d'être militant du FPI. Je suis refondateur. Mon combat pour la dignité des peuples et pour la fin du pacte colonial continue dans ce parti. Je poursuis ma croisade contre tout ce qui peut être un frein à la consolidation de la Nation, de la République et de la Démocratie que nous voulons construire. Je consacre toute mon énergie à la recherche des libertés à conquérir pour chaque africain. Responsable politique ou pas, c'est une conviction qu'aucune de mes ambitions ne peut atteindre ou annihiler. Et c'est ainsi que je donne un sens à ma vie. Telle est ma quête.
Pour la Côte d'Ivoire par contre ça ne s'arrange pas.
Lorsque je vous questionne au sujet de la Côte d'Ivoire ne me parlez pas de ma carrière politique car elle importe peu par rapport à ce qui se joue. Je ne suis pas entré en politique pour devenir quelqu'un. J'y suis parce que j'ai des convictions à faire partager. Les hommes et les femmes qui les acceptent, m'obligent. Ceux qui n’y adhèrent pas ne font que raffermir ma détermination.
Vous parlez également du bilan des refondateurs. Que sont les refondateurs à vos yeux M. Konan ? Si c’est le groupe actuellement au pouvoir, rappelons qu'il a été constitué consécutivement à l’accord de Marcoussis dont Bédié est signataire. Le pouvoir a alors été distribué, tel des parts de gâteau, aux différentes forces politiques, légalement constituées ou pas. Dans ce contexte, le programme de la refondation a fait place à la politique de la médiocrité et à la rebfondation qui ont entretenu des querelles meurtrières. Le but ultime étant de ne surtout pas faire de vague et de partager les postes à responsabilité au sein d'un Etat qui jour après jour, n'a cessé de devenir faible et exsangue.
Vos amis du PDCI sont également au pouvoir et partagent donc les responsabilités dans les échecs comme dans les réussites. Vos amis acceptent de mourir pour cet Etat qui ne tient plus tête et qui est incapable d'assurer ses responsabilités. Pourquoi, le docteur en droit que vous êtes ne sort pas des généralités pour parfaire son acte d'accusation ? Pourquoi ne faites-vous pas une évaluation des responsabilités de chaque signataire de Marcoussis, ministère par ministère avant de situer les culpabilités et de prononcer vos sentences ? Votre méthode réductrice est analytiquement pauvre. Vous vous contentez de lieux communs et de stéréotypes. Pour un écrivain-journaliste, nous ressasser les discussions de la vulgate populiste n'avance en rien le débat d'idées. Bien au contraire, ces attitudes nous font descendre dans les poubelles de la connaissance.
Au lieu de crier "les refondateurs sont nuls", "sacrés refondateurs" "pauvre Mamadou" ou encore "les Ivoiriens sont des moutons", vous pourriez exprimer clairement vos reproches à la refondation en tant que programme politique et vision du monde. Quels points contestez-vous et pourquoi ? Que proposez-vous ? Il est temps d’élever le débat. Pourquoi vous enfermez-vous dans la critique improductive ? Hier vous militiez pour que les étrangers soient jetés à la porte de la côte d'Ivoire. Hier vous proclamiez que Bédié et l'ivoirité étaient ce qu'il y avait de mieux pour la Côte d'ivoire. Hier vous défendiez l'idée que Gbagbo et Ado étaient les pires fléaux du pays. Aujourd'hui les amitiés de façade entre Ado et Bédié vous font dire que vous vous êtes trompés et que la seule calamité de la Côte d'Ivoire se nomme Gbagbo Laurent. Aujourd'hui vous dites ne plus en vouloir aux étrangers mais vous reprochez quand même aux ivoiriens leur apathie face au contrôle de leur économie laissée aux mains d'intrus venus de France, du Liban, de Chine, du Mali ou du Burkina et des autres pays voisins, dans le but de corrompre nos hommes, nos femmes, nos institutions et nos valeurs. N'est ce pas ce que l'on a appelé à une autre époque de notre histoire "le changement dans la continuité" ? Et vous nous le dites si bien : « Je sais camarade, qu’il n’est pas facile de reconnaître qu’on s’est trompé. Mais le reconnaître n’est pas se renier ». Chapeau mon bienheureux ! En vérité vous, vous n'avez pas changé c'est le vent qui vous pousse qui a changé de sens.
Les conditions initiales ne sont pas neutres.
Nous avons soif de découvrir les voies de progrès que vous proposez pour la Côte d’Ivoire. Si ces voies sont à la hauteur de la hargne de vos critiques, le débat s’annonce passionnant.
Ce que j'essayais d'expliquer à vos lecteurs était que, tous ensemble nous devons, maintenant, après ces deux décennies piteuses et ruineuses, comprendre qu'appliquer les mauvaises politiques aux mauvais moments est le meilleur moyen de produire la désolation et les horreurs. Gbagbo est le point d'achèvement d'une lignée partie de Houphouët à Bédié puis passée à Gueï. Il ne peut donc être comptable que de sa part, ni plus ni moins. Ses prédécesseurs aussi. N'oubliez pas que les conditions initiales jouent un rôle
1essentiel dans la trajectoire des nations. Alors mon bienheureux Venance, si nous arrêtions, dans notre façon de faire la politique, de haïr les joueurs pour concentrer notre énergie sur le jeu lui-même ?

Mamadou KOULIBALY,
3ème vice-président du FPI

La réponse de Venance Konan à Mamadou Koulibaly

04/03/2010

Sacrés Refondateurs !

Je crois que je finirai bien par aimer les Refondateurs. Des gens qui sont capables de soutenir une chose et son contraire en même temps, de critiquer une chose tout en la pratiquant, méritent parfois qu’on leur tire le chapeau. Ainsi, ils nous disent que notre bon chef nous a délivrés des griffes de la France, à qui le pouvoir précédent avait cédé toute notre économie. Et voici que ce grand libérateur n’a pas trouvé mieux que de céder tous les travaux qu’il réalise à des entreprises françaises. Le troisième pont, le quatrième, les palais, l’hôtel Ivoire, le terminal à conteneur, tout. C’est d’ailleurs pour s’être opposé aux conditions scandaleuses dans lesquelles ce terminal à conteneur a été cédé, que Patrick Achi est devenu persona non grata au gouvernement. Il en a été de même pour l’accord de Linas-Marcoussis. Mamadou Koulibaly, vice-président du FPI et président de notre Assemblée nationale n’a pas cessé, jusqu’à ce jour, de dénoncer cet accord, oubliant qu’il a été signé par le président de son parti, et que le chef de l’Etat avait solennellement demandé aux Ivoiriens de l’appliquer. Tiens, à propos de Mamadou Koulibaly. Il fait circuler en ce moment sur internet certains articles que j’avais écrits il y a une quinzaine d’années. Il me reproche d’avoir soutenu une idéologie qui a amené la guerre en Côte d’Ivoire, et de me renier aujourd’hui. Tout en le remerciant de contribuer à la diffusion de mes pensées, je trouve cependant dommage qu’il n’ait pas inclus dans ces textes deux de mes écrits que je trouve très intéressants. Le premier, intitulé « la passion et la raison » avait été publié dans Fraternité Matin du 12 août 2004 et se trouve à la page 219 de mon livre « Nègreries », qu’il cite abondamment. J’écrivais ceci dans ce texte : « Pendant des années, ceux qui soutenaient M. Bédié avaient tenté de démontrer que M. Ouattara n’était pas Ivoirien, mais Burkinabé. Nous étions de ceux-là. Les personnes lucides nous expliquaient que M. Bédié n’avait pas besoin de passer par cet artifice pour battre M. Ouattara, mais c’était parler à des murs. Nous étions emportés par notre passion. » Il y en a un autre que j’ai intitulé « adresse aux militants du FPI » que j’ai publié dans Le Nouveau Réveil du 1er octobre 2007, et que j’ai repris dans mon dernier livre, « Ngo n’di ou palabres », à la page 49. J’y écrivais ceci : « Je sais camarade, qu’il n’est pas facile de reconnaître qu’on s’est trompé. Mais le reconnaître n’est pas se renier. Moi-même, au temps où Bédié était au pouvoir, où je croyais qu’il était la seconde chance du pays, j’écrivais pire que pendre sur le RDR, son président, et tous ceux qui se réclamaient d’eux. Je me suis senti mieux le jour où j’ai reconnu que je me trompais et que je défendais une cause indéfendable qui conduisait mon pays dans le mur. » Mamadou Koulibaly dit que j’ai soutenu l’ivoirité, que j’ai traité M. Ouattara d’étranger ? Oui, je l’ai fait. Donc quoi ? Il n’y a pas très longtemps, Mamadou Koulibaly avait dit à un meeting à Koumassi : « A l’indépendance, Houphouët a identifié le problème. Il a proposé la double nationalité. Les députés d’ici ont refusé et Houphouët n’a rien dit. Il a laissé la situation comme cela. Ce problème nous a rattrapés aujourd’hui. Va-t-on laisser cette situation perdurer et la léguer à nos enfants ? Et dans dix ans, ils vont continuer les palabres. Est-ce que pour construire ce pays, il n’est pas bon qu’on s’asseye et qu’on dise que si Mamadou est à Béoumi, sa maison, sa femme et ses enfants sont à Béoumi, peut-être même qu’il a épousé une femme de là-bas, on ne peut pas le chasser, on ne peut pas le tuer, est-ce que ce n’est pas mieux qu’on dise que comme son nom est sur la liste et qu’il veut voter, il n’a qu’à prendre ? ... C’est important d’aller aux élections, mais la coexistence pacifique entre les populations est également importante. Dans ce débat, celui-là est ivoirien et l’autre ne l’est pas, on ne s’en sortira pas…Si j’ai un conseil à donner, c’est de vous demander d’amener nos hommes politiques à résoudre ce problème au mieux des intérêts du peuple de Côte d’Ivoire. Si on veut résoudre ce problème par des tactiques politiciennes, par des jeux d’intérêt, on risque de proposer des solutions qui ne seront pas des solutions optimales. Cela va résoudre des problèmes immédiats, tout de suite, mais à la longue, ça va nous conduire à la guerre. Comme on a choisi rapidement la solution en 2000, cela nous a envoyé la guerre. » Je l’avais félicité dans ces colonnes pour ces propos. Mais quel est le parti qui cherche, par des tactiques politiciennes, à exclure des milliers de personnes des listes électorales et de la nationalité ivoirienne ? C’est le parti dont Mamadou Koulibaly est le vice-président. Et, à votre avis, qui, d’entre les Kipré, Konan ou Koulibaly risque le plus de se voir contester la nationalité ivoirienne par le parti de Mamadou Koulibaly ? Alors, pourquoi continue-t-il de militer dans un parti qui l’exclut, lui ? Masochisme ? Manque de courage ? Schizophrénie ? Entre celui qui dit « j’ai pris une mauvaise voie, je rebrousse chemin », et celui qui dit « je sais que je suis sur une mauvaise voie, mais j’y reste », lequel est à blâmer ? « L’erreur est humaine, mais le propre de l’homme est de savoir la reconnaître. Et persévérer dans l’erreur est diabolique », dit-on. Koulibaly sait que son parti est en train de nous conduire vers la guerre. Et c’est celui qui dénonce ce parti qu’il blâme. Sacré Koulibaly ! Moi, j’ai tiré les leçons de l’histoire récente de mon pays. Celui qui ne tire pas de leçon de son histoire se condamne à la revivre. Et le FPI de Mamadou Koulibaly est en train de nous condamner à revivre la guerre.

Venance Konan email : venancekonan@yahoo.fr

La lettre de Mamadou Koulibaly aux lecteurs de Venance Konan ici.

La lettre de Mamadou Koulibaly aux lecteurs de Venance Konan

02/03/2010

Pour lire le texte, cliquez ici. Et revenez commenter "à la maison".

L'ivoirité, fantôme insaisissable

27/02/2010

Les derniers développements de la crise ivoirienne ont remis au goût du jour un mot : ivoirité. L'ivoirité serait de retour. Les ivoiritaires voudraient purger la liste électorale de tous les ressortissants du nord, et selon Philippe Hugon, grand universitaire français (sic !), ils auraient déjà réussi leur funeste tâche.

Mais au juste, qu'est-ce que l'ivoirité, et quelles sont ses manifestations pratiques ? Je ne suis pas naïf : je sais que depuis 1999 et l'expulsion emblématique des Burkinabè de Tabou (sous Henri Konan Bédié), des tensions récurrentes opposent, surtout en zone rurale, autochtones et étrangers, voire autochtones et Ivoiriens originaires d'autres régions... et que ces tensions sont souvent exacerbées par des "cadres" du coin, liés hier au PDCI, aujourd'hui au FPI, et qui ont souvent les moyens de créer des plantations industrielles là où des "espaces" se seraient créés. Est-ce cela l'ivoirité ? Peut-être. Mais dans les pays où le taux d'immigration est plus bas, ce même type de concurrence foncière oppose des compatriotes d'ethnies différentes, voire de la même ethnie. Ce phénomène global, au-delà des passions idéologiques et des instrumentalisations auxquelles il donne droit, est au fond très contemporain. Il est lié à la raréfaction des ressources et à la compétition qui demain, nous explique-t-on, entraîneront des guerres de la terre et de l'eau. Le fait que la Côte d'Ivoire soit entourée de pays sahéliens comme le Burkina Faso et le Niger, les pays les plus pauvres d'entre les pauvres (plus pour longtemps pour le Niger), dont les taux de natalité sont les plus élevés au monde, peut expliquer un certain nombre de batailles. Poser ainsi le problème est plus objectif que diaboliser une partie des acteurs et victimiser les autres, et appelle des solutions  - qui existent, j'en suis persuadé, et relèvent de l'aménagement du territoire - au lieu d'aggraver les problèmes en prenant partie.

Juste avant Linas-Marcoussis, de nombreux éditorialistes ont affirmé que la nationalité de nombreux Ivoiriens était niée, juste parce qu'ils étaient Nordistes. Les accords qui étaient censés régler tous les problèmes n'ont pas évoqué ce déni de nationalité. Comme c'est curieux. Qu'ont-ils dit ?

"La Table Ronde estime que la loi 61-415 du 14 décembre 1961 portant code de la nationalité ivoirienne modifiée par la loi 72-852 du 21 décembre 1972, fondée sur une complémentarité entre le droit du sang et le droit du sol, et qui comporte des dispositions ouvertes en matière de naturalisation par un acte des pouvoirs publics, constitue un texte libéral et bien rédigé.

 

La Table Ronde considère en revanche que l’application de la loi soulève de nombreuses difficultés, soit du fait de l’ignorance des populations, soit du fait de pratiques administratives et des forces de l’ordre et de sécurité contraires au droit et au respect des personnes.

(...)

 

En conséquence, le gouvernement de réconciliation nationale :

  • a. relancera immédiatement les procédures de naturalisation existantes en recourant à une meilleure information et le cas échéant à des projets de coopération mis en oeuvre avec le soutien des partenaires de développement internationaux ;
  • b. déposera, à titre exceptionnel, dans le délai de six mois un projet de loi de naturalisation visant à régler de façon simple et accessible des situations aujourd’hui bloquées et renvoyées au droit commun (notamment cas des anciens bénéficiaires des articles 17 à 23 de la loi 61-415 abrogés par la loi 72-852, et des personnes résidant en Côte d’Ivoire avant le 7 août 1960 et n’ayant pas exercé leur droit d’option dans les délais prescrits), et à compléter le texte existant par l’intégration à l’article 12 nouveau des hommes étrangers mariés à des Ivoiriennes."

Linas-Marcoussis n'évoque pas des Ivoiriens privés indûment de leur nationalité, mais des étrangers "longue durée" qu'il serait juste - et je le pense aussi - de naturaliser. Une loi spéciale de naturalisation destinée à ces derniers, obligeant l'Etat à répondre aux demandes trois mois après, a été votée par l'Assemblée nationale. Etrangement, très peu de personnes se sont saisies de cette loi. Les adversaires proclamés de l'ivoirité, locaux ou internationaux, n'ont rien fait pour qu'elle soit appliquée. Il n'y a pas eu de campagne d'explication à ce sujet, alors que l'Union européenne a dépensé des sommes importantes pour faire connaître et appliquer le code foncier rural, aussi évoqué à Linas-Marcoussis. Les millions d'étrangers longue durée ont disparu totalement des écrans radar. Inintéressants politiquement de toute façon, puisque la loi prévoyait qu'ils ne pourraient voter que cinq ans après leur naturalisation... donc après la fameuse présidentielle qui vient.

Très rapidement, la ligue officiellement hostile à l'ivoirité a évoqué un autre thème. Il y aurait trois millions d'Ivoiriens qui seraient privés de papiers d'identité parce qu'ils n'auraient pas été déclarés lors de leurs naissances. Il fallait urgemment leur en fournir, à travers des audiences foraines. Estimant ce chiffre énorme, le camp présidentiel s'est rebiffé, accusant le parti d'Alassane Ouattara de vouloir profiter de cette opération, alors menée par des responsables issus de l'opposition, sans aucune concertation, pour inscrire des étrangers originaires de la CEDEAO sur les listes électorales. Des sanglantes batailles de rue ont eu lieu. Les acteurs se sont assis à la table de négociations, et ont accouché d'un "mode opératoire consensuel", garantissant les droits des personnes sans papiers d'identité et maintenant des procédures de vérification. Au final, cette population de sans-papiers s'est élevée à 600 000 individus environ... cinq fois moins que ce que les "alassanistes" affirmaient. Beaucoup, dans le camp présidentiel, ne peuvent s'empêcher de penser que le "mode opératoire" a empêché de nombreuses fraudes.

La crise de la "double dissolution" relève du même paradigme que celle des "audiences foraines". Un camp craint que des étrangers soient inscrits sur les listes électorales, l'autre a peur que des Ivoiriens en soient exclus. Contrairement à la première expérience, un "mode opératoire consensuel" impliquant de nombreux acteurs a été déterminé. Malheureusement, le président de la Commission électorale indépendante (CEI) a violé ce mode opératoire en procédant à des croisements (ce qui n'était pas du ressort de son institution) et en procédant à des manipulations sur des ordinateurs dans les Commissions électorales locales. On pourrait comparer cette situation à celle d'un directeur général qui viole les procédures internes de l'entreprise qui l'emploie en engageant des actions alors que seuls les membres du Conseil d'administration ont le droit de les engager. D'où le conflit entre le camp de ceux qui estiment que ces manipulations de toute façon illégales relevaient de la fraude et ceux qui n'y voient qu'une maladresse instrumentalisée par le pouvoir. Malgré tout, à cette occasion encore, on parle d'ivoirité.

L'explication "ivoiritaire" de tous ces soubresauts finit par isoler la Côte d'Ivoire de tous les pays du même type. Pourtant, la technique de fraude qui consisterait à faire voter des étrangers est régulièrement dénoncée par de nombreuses oppositions africaines, au Togo, ce qui a entraîné des violences "xénophobes", au Sénégal, et au Gabon. Aujourd'hui, du strict point de vue électoral, Gbagbo est dans l'opposition, puisque la Commission électorale est dirigée par ses adversaires. Il a les mêmes craintes que ses "collègues" opposants. On ne peut pas arriver à une paix juste sans en tenir compte.

Mon propos ici n'est pas de nier les tentations de repli sur soi qui existent en Côte d'Ivoire. Mais il serait bon qu'on OBJECTIVE les problèmes. C'est ainsi qu'on commence à les résoudre. Refuser de prendre la peine de comprendre la subtilité des affrontements et se presser de juger, d'une manière qu'on estime vertueuse, renforce le sentiment de victimisation chez les uns, et le réflexe de "tribu assiégée" chez les autres.

Chaque fois qu'un Philippe Hugon débite des contre-vérités absolues pour nourrir la thèse de l'ivoirité, facteur explicatif total de la crise ivoirienne, les tensions s'exacerbent et la paix s'éloigne. L'enfer est pavé de bonnes intentions.

Youssouf Bakayoko, nouveau président de la CEI

26/02/2010
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Il a été élu à l'unanimité, ce qui prouve que la classe politique ivoirienne peut s'entendre, si chacun met son orgueil de côté et négocie. Plus d'infos ici.

Signé Pahé

25/02/2010
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Il est pas hilarant, talentueux ? Le blog de Pahé, le caricaturiste gabonais le plus inspiré du moment, ici.