Matthieu Gorisse-Mondoloni
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«The future of newspapers is terrible. The future for journalism is good. The future for journalists is mixed.» (Paul Steiger)Mes liens
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Yunnan Export: je tease, tu teases, nous teasons…
10/06/2011
A une semaine de la sortie de Yunnan Export – La stratégie du pion, un teaser d’une minute (ci-dessous) a été mis en ligne et en dévoile un peu plus sur ce webdocumentaire réalisé par les étudiants du Cuej. La vidéo a été vue plus de 300 fois en moins de 24h, ce qui est à la fois peu et beaucoup si on se rapporte à la jeunesse de ce projet.
Le synospis
La région du Yunnan borde trois frontières, celles de la Birmanie, du Laos et du Vietnam. La Chine a décidé de profiter de la position stratégique de cette province pour en faire le symbole de l’ouverture du pays sur l’Asie du sud-est d’abord, et sur le reste du monde ensuite. L’Empire du milieu place ses pions sur l’échiquier du monde et regarde, avec l’appétit d’un ogre, les différents marchés qui s’offrent à lui.
Découvrez cette histoire à travers celle de six « pions » joués par la Chine: le Mékong, la pièce de métal, la fleur du Yunnan, la pierre de jade, le chou et l’hévéa…
Yunnan Export sur les réseaux sociaux
Sur Facebook ou sur Twitter, Yunnan Export commence également à faire parler de lui, grâce surtout aux étudiants qui usent au mieux du côté viral des réseaux sociaux. Là-aussi, cela reste très modeste par rapport aux références du genre (une centaine de « likers » sur FB, une cinquantaine de followers sur Twitter à l’heure où sont écrites ces quelques lignes). Mais encore une fois, pour une première, c’est plutôt encourageant.
Du teasing au buzz?
Sur Internet, les débuts sont également timides, mais le petit monde du webdoc est désormais au courant de l’existence de Yunnan Export. L’excellent site Webdocu.fr a, par exemple, consacré deux très courts articles au webdocumentaire du Cuej.
Dans moins d’une semaine, le jeudi 16 juin, Yunnan Export sera mis en ligne. Ce sera la fin du teasing et, je l’espère, le début du buzz.
Le webdoc « Yunnan Export » en ligne le 16 juin
04/06/2011
[Edité le 8/06] Me voilà de retour de Chine après un mois passé là-bas avec l’école de journalisme de Strasbourg. Nous étions dans le sud-ouest du pays, plus précisément dans la région du Yunnan qui borde trois frontières: celles de la Birmanie, du Laos et du Vietnam. La Chine a décidé de profiter de la position stratégique de cette province pour en faire le symbole de l’ouverture du pays sur l’Asie du sud-est d’abord, et sur le reste du monde ensuite. L’Empire du milieu place ces pions sur l’échiquier monde et regarde, avec l’appétit d’un ogre, les différents marchés qui s’offrent à lui.
C’est le sujet du webdocumentaire réalisé par 17 étudiants du Cuej que nous avons eu la chance d’encadrer pendant ce mois de mai. Interactif, original, entièrement constitué de reportages réalisés dans le Yunnan par les étudiants, il sera mis en ligne le 16 juin, dans un premier temps sur le tout nouveau site du Cuej qui sera lancé le même jour, puis, j’espère, sur un grand site internet d’informations (plus de détails très bientôt). En attendant, voici quelques premières données techniques sur « Yunnan Export – la stratégie du pion ».
Fiche technique
- Un mois pour écrire, réaliser, produire et monter Yunnan Export. Le pari de départ était un peu fou: faire de A à Z un webdocumentaire de qualité en un mois seulement, période dite de « délocalisation » durant laquelle les étudiants du Cuej terminent leurs deux années de master. L’objectif pédagogique de cette délocalisation est de plonger les étudiants dans un pays dont ils ne connaissent rien et dont ils ne parlent pas la langue. Cette année en Chine, répartis en trois groupes (TV, Presse écrite, multimédia), une cinquantaine d’entre-eux a réalisé quatre magazines TV, un magazine imprimé (News d’Ill – Yunnan, l’élan de l’extrême-Chine) et un webdocumentaire (Yunnan Export – La stratégie du pion). Pour être tenu au courant de la publication de leur travail, suivez Yunnan2011 sur Twitter, ou « aimez » la page Facebook Yunnan 2011.
- Un travail de terrain. Tous les sujets ont été tournés sur place. Les contenus que vous trouverez dans Yunnan Export ont été entièrement réalisés par les étudiants du Cuej. Pour ce faire, ils ont été envoyés dans plusieurs endroits du Yunnan: Kunming, la capitale, mais également à Ruili (frontière birmane), Jinghong (frontière laotienne), Hekou (frontière vietnamienne) ou Tonghai, au sud de Kunming…
Afficher Yunnan 2011 sur une carte plus grande
- Entre interactivité et linéarité: l’un des objectifs de Yunnan Export était d’être linéaire ET interactif. Paradoxal n’est-ce pas? Et pourtant, chaque chapitre peut se regarder indépendamment d’un autre. De nombreux choix, liens, éclairages sont proposés à l’internaute durant le visionnage. Mais s’il le souhaite, ce dernier peut également avancer de façon quasi-linéaire en « suivant le guide ». Il découvrira alors, de façon quasi-automatique, l’ensemble du webdocumentaire.
- Yunnan Export est entièrement monté avec Klynt. C’est, à ma connaissance, le premier webdoc entièrement réalisé par une école de journalisme avec l’outil Klynt d’Honkytonk. Le logiciel, encore en beta, a été pris en main avec une facilité déconcertante par les étudiants. Après seulement quelques heures de formation, ils ont été capables de le maîtriser et d’y construire leurs arborescences de façon très intuitive. Les quelques bugs encore présents sont en passe d’être réglés avec les prochaines mises à jour. Il est d’ailleurs prévu que nous fassions remonter à Honkytonk les quelques imperfections repérées par les étudiants pour leur permettre d’améliorer encore leur logiciel.

Les 17 étudiants du groupe webdoc du Cuej découvrent Klynt à Kunming, Yunnan, au début du mois de mai 2011. (Photo Olivier Danrey)
- 17 étudiants ont réalisé ce webdocumentaire. Là aussi, il n’était pas évident d’imaginer un groupe aussi conséquent pour travailler à la réalisation d’un webdocumentaire. Mais au final, tout s’est mis en place de façon quasi naturelle. Plusieurs groupes ont été constitués sur le terrain. Pour la post-production, ce sont les étudiants qui ont monté eux-mêmes les différents éléments de leur chapitre. Une équipe de « monteurs Klynt » s’est également relayée au fur et à mesure, sous la houlette d’un étudiant référent qui est vite devenu notre « master Klynt », Marc Mechenoua.
- L’équipe au complet. 17 étudiants français: Fériel Alouti, Diane Aragou, Philipp Barth, Mathias Destal, Sarah Irion, Viken Kantarci, Basile Lemaire, Blandine Levite, Loig Loury, Marc Mechenoua, Romain Mielcarek, Pablo Mora Vargas, Fatima Rizki, Marion Ruaud, Laëtitia Simoes, Charlie Vandekerkhove, Lise Verbeke. Ils ont bénéficié de l’aide précieuse des étudiants chinois du département de journalisme et du département de français de l’Université du Yunnan, ainsi que de l’aide tout aussi précieuse de certains de leurs camarades des groupes Presse écrite et TV (Mathidle Debry, Hugo Domenach, Geoffrey Le Guilcher, Aurélie Macedo, Noémie Rousseau, Alison Tassin). Directrice de la publication: Nicole Gauthier. Encadrement technique: Jean-Christophe Galen. Encadrement multimédia: Olivier Danrey et moi-même.
Yunnan: un mois de photographies
04/06/2011

Trois filles et une corde à sauter. (Kunming/Mai 2011)
Pendant ce mois de mai passé en Chine, je n’ai évidemment pas rangé mon appareil photo dans un placard. Si je n’ai pas pu l’utiliser à souhait en raison de la somme de travail qui était la notre, il ne m’a pas quitté un instant, me permettant de figer certains instants, certains visages, certaines scènes de ce grand théâtre chinois du Yunnan (cliquez ici pour accéder à l’ensemble des galeries photos sur la Chine)…

Regards. (Jinghong/Mai 2011)
Au total, j’ai retenu une centaine de photos. Des portraits, des instants, des scènes de vies, des regards, pris à Jinghong, sur le Mékong, à Kunming et ailleurs…

Des passagers d'un bateau naviguant sur le Mékong. (Jinghong/ Mai 2011)

Sieste dans un parc de Kunming. (Kunming/Mai 2011)

Les jumelles de Jinghong. (Jinghong/Mai 2011)

Lost. (Jinghong/Mai 2011)

Sagesse chinoise dans la forêt tropicale. (Xishuangbanna/Mai 2011)

Sagesse chinoise dans la forêt tropicale. (Xishuangbanna/Mai 2011)
Sur cette sélection d’un centaine de photos, une vingtaine ont été prises lors de la visite d’une aciérie à Tonghai, à 2h30 de route au sud de Kunming. Instant privilégié, quand on sait à quel point les patrons chinois n’aiment pas que des yeux étrangers trainent dans les couloirs de leurs usines (pour s’en convaincre, je vous conseille la lecture du photoreportage de Justin Ji, « Les brigades du jean« , paru dans l’excellente revue 6 mois).
Quand on nous a proposé de visiter cette usine, nous avons donc évidemment accepté. Un grand merci à Mengshu d’avoir permis ce « reportage improvisé », dont vous pouvez retrouver toutes les photos en cliquant ici.

Un ouvrier chinois de l'aciérie de Tonghai. Toute la journée, il transporte de l'acier fondu destiné à couler des pièces de métal qui temineront pour certaines sur les autoroutes anglaises. (Tonghai/Mai 2011)

Un ouvrier de l'aciérie de Tonghai au travail dans la fonderie. (Tonghai/Mai 2011)
Le reste des photos que j’ai prises dans le Yunnan sont des photos « coulisses » de la délocalisation du Cuej. Beaucoup d’images des étudiants et des encadrants que je publierai, mais juste pour eux…
Coucou Kunming
16/05/2011
Compliqué de poster un papier depuis la Chine. WordPress est censuré, et le seul moyen de contourner le Great Firewall chinois demande quelques bidouilles et une connexion internet fiable. Bref, j’ai réussi et j’en profite pour partager avec vous un son de Kunming (pour les photos, il faudra encore attendre un peu), dans le Yunnan (sud-ouest de la Chine), où je passe tout le mois de mai avec l’école de journalisme de Strasbourg. Je vous donnerai bientôt plus de nouvelles sur notre travail ici. En attendant, wait and listen:
Berlin, Berlin, Wir Waren in Berlin
15/03/2011
Quoi mon titre? Qu’est-ce qu’il a mon titre? Trois jours à Berlin, enfin trois nuits… Et quelques photos (de jour) de la capitale allemande (ci-dessous). Berlin, Berlin, Wir Waren in Berlin… Déjà envie d’y retourner tiens.
Montréal – The end
01/03/2011

Dernière livraison de photos de Montréal, après, promis, je passe à autre chose. Enjoy… (Comme la dernière fois, l’ensemble des photos est visible en bas de page)
On commence avec un petit mélange de ces derniers jours: découverte de la très résidentielle Petite Italie et de son marché Jean-Talon, visite du quartier très français du Plateau ainsi que du parc Mont-Royal.




Et enfin, pour terminer, une petite série sur la Nuit Blanche de Montréal qui s’est déroulée samedi. Un événement important de la ville québécoise lors duquel des milliers de Montréalais bravent le froid et s’emparent de la ville toute la nuit durant.





Last days in Montréal
Montréal-La Nuit Blanche
Montréal – Days 2 & 3
25/02/2011

Je rattrape mon retard. Après la première (petite) livraison de photos, en voici une seconde un peu plus conséquente (les deux galeries sont visibles en bas de page).
On oublie le noir et blanc et on passe à un peu plus de couleurs avec le Day 2. D’abord avec une plongée dans le quartier des spectacles. Ambiance « arty », graff’ qui se répandent le long des murs, rues abîmées, salle de concerts comme l’improbable « Les Foufounes électriques »…


Petit détour par Chinatown et le Vieux-Montréal, puis retour au centre-ville avec ses buildings et son soleil déclinant.

Day 3: mélange n&b et couleurs. Découverte du quartier du « Mille Carré Doré », autrefois berceau de riches familles canadiennes anglophones. Les imposants bâtiments « so british » côtoient les plus « raisonnables » maisons de style victorien.


Passage par Westmount avant de rejoindre le quartier Latin et sa rue Saint-Denis.


Et pour terminer, un deuxième petit tour dans le Vieux-Montréal avec, cette fois, visite de sa basilique Notre-Dame-de-Montréal, avant de rejoindre le centre-ville pendant que la nuit tombe.

Quelques clichés de « mon » Montréal en attendant la suite…
Montréal – Day 2
Montréal – Day 3
Montréal – Day 1
23/02/2011

Journée commencée en noir et blanc, terminée en couleur. Sept photos parce que pas le temps d’en mettre davantage ce soir. La suite (peut être) bientôt.
EDIT 25/02/11: j’ai finalement ajouté deux photos n&b supplémentaires.
Déambulations photographiques: décembre
28/12/2010

Rien à dire sur l’absence de post dans cette partie blog depuis très très longtemps. Rien à dire sur l’état du blog. Rien à dire sur la photo en général. Rien à dire sur moi. Juste envie de partager le résultat d’un après-midi de déambulations photographiques à Strasbourg, en cette très froide et neigeuse fin de mois de décembre. Quinze photos, des redondances et de l’insatisfaction, as usual…
Les assassins de Gamma pleurent à son enterrement
17/08/2009
Il m’a fallu du temps pour écrire ce billet. Non pas que l’inspiration m’ai manqué, bien au contraire. Le sujet retenu –la mort annoncée de l’agence Gamma– m’a fait cogiter longuement. Mais je n’ai pas souhaité donner mon (modeste) point du vue sans prendre un peu de recul.
D’abord parce que des gens peut être plus concernés (les quelques photographes qui font encore partie de l’agence) et plus pointus sur le sujet (les fondateurs de l’agence) étaient mieux placés pour réagir. Ensuite, parce que je ne voulais pas réagir de façon trop épidermique et participer à l’hypocrisie ambiante. Hypocrisie hyper-présente dans les journaux qui dénonçaient tous « la mort du photojournalisme à la française », déploraient ce redressement judiciaire et s’inquiétaient de l’avenir du photojournalisme en particulier et du journalisme en général. Le tout en feignant de n’être strictement pour rien dans la mort de Gamma. Sans rire…
Pourtant, j’ai eu un exemple, dans le quotidien dans lequel je travaille, de la responsabilité des journaux dans le lent déclin d’une certaine forme de photojournalisme. J’en avais fait un tweet le jour même.
Pour ceux qui ne l’ont pas vu/lu, je vous résume la scène. Un journaliste explique, à raison, en conférence de rédaction vouloir écrire un papier sur la mort annoncée de Gamma. Approbation générale des personnes présentes, qui redoublent de compliments à l’égard de l’agence, fleuron du photojournalisme version french touch. Pourtant, une fois validée la décision d’écrire un article sur le sujet, s’est rapidement posée la question de l’illustration. « On peut leur prendre une photo gratuitement à Gamma pour notre papier? », s’est-on demandé sans rire… J’avais envie de leur répondre: « Ben oui, bien entendu, on ne va quand même pas les payer, c’est pas comme s’ils étaient sérieusement dans la mouise. Manquerait plus qu’on leur donne quelques euros. On n’est quand même pas solidaires à ce point ».
Là, on était au summum du foutage de tronche. Vaste blague qui m’a donné la désagréable sensation d’assister à l’enterrement de Gamma, et de voir tout autour de moi ses assassins en train de pleurer.
Quant à ceux dont les larmes étaient plus sincères, j’ai envie de les réconforter. Oui, Gamma va sans doute mourir. Oui, c’est un signe fort que quelque chose ne va pas dans notre profession. Cependant, c’est aussi l’occasion de « tuer le père » comme l’a très bien écrit (certes avec virulence, mais bien quand même) Juliette sur son blog. C’est l’occasion pour la « jeune génération », celle qui n’a pas forcément connu les grandes heures de Gamma mais qui a la même vision du métier, de créer quelque chose, de réinventer l’exercice du photojournalisme et d’explorer des nouvelles pistes.
Grâce à cette génération, bourrée de talent (j’y reviendrai dans un futur billet), je veux croire que le photoreportage n’est pas mort. Au contraire. L’ancien modèle est peut être simplement périmé. Et aujourd’hui, c’est à nous de lui trouver un remplaçant.
P.S. Pour ceux qui le souhaitent, une pétition est ouverte pour sauver Gamma. Il faut envoyer un mail à soutien.agence.gamma@gmail.com.


